Côte d'Ivoire

Babily Dembélé dénonce les sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali

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babily-dembele-denonce-les-sanctions-prises-par-la-cedeao-contre-le-mali Babily Dembélé, président de l'Alliance pour la République
Politique

Le Président de l'Alliance pour la République, Babily Dembélé, dénonce les sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali, allant de la fermeture des frontières au gel des avoirs du pays.

« C'est une honte pour la CEDEAO de prendre des sanctions contre un peuple qui souffre déjà. C'est inhumain de prendre ces sanctions contre le peuple malien confronté aux djihadistes. Depuis les indépendances, il y a des coups d'Etat en Afrique, et il y a eu des sanctions. Mais ces sanctions n'ont jamais mis fin aux coups d'Etat », a réagi Babily Dembélé, après les sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali.

« La sous-région est confrontée à des groupes terroristes »

Il estime que c'est plutôt des sanctions contre le peuple malien. Il fait remarquer que le vrai problème des Maliens et de toute l'Afrique de l’Ouest, c'est la sécurité. La sous-région est confrontée à des groupes terroristes. Et ce que les peuples sont en droit d'attendre est la formation d'une armée sous-régionale pour combattre les terroristes et non des sanctions et une force pour attaquer les autorités de la transition du Mali.

Des réformes politiques pour mettre fin aux coups d’Etat

« On assiste à des centaines de morts au Mali et au Burkina Faso et aucun Chef d'Etat ouest-africain ne fait la moindre déclaration. Et tous s'autorisent des sanctions qui mettent à mal l'intégration des peuples », regrette Babily.

Il appelle à l'union politique, à des réformes institutionnelles fortes pour faire face au terrorisme et mettre fin aux coups d'Etat. « Sans union politique forte et des réformes fortes, tous les pays africains sont en sursis de coups d'Etat. Il faut une rupture des anciennes mentalités que je considère trop dictatoriales pour adopter de nouvelles mentalités et de nouveaux comportements, sinon, il est inutile d'espérer le développement », dit-il.

Mettre fin à cette nouvelle forme d’esclavage

Tout en mettant les dirigeants Africains en garde contre le réveil brutal des peuples, il les invite à mettre fin à cette nouvelle forme d'esclavage qui consiste à jouer le jeu de la France dans la plupart des grandes situations auxquelles fait face l'Afrique. Il croit savoir pourquoi la CEDEAO et toutes les institutions africaines ont des attitudes qui vont contre les intérêts des peuples. « Le grand philosophe français Albert Camus disait que ‘’mal nommer les choses, c'est augmenter les malheurs du monde’’; et moi j'ajoute que mal élire nos dirigeants politiques augmente la souffrance de nos populations ».

Pour lui, « si depuis les indépendances, nous avions une véritable intégration africaine elle allait déboucher à une union politique forte qui allait à la mise en place d'institutions fortes grâce à des élections démocratiques. Cela allait nous éviter des coups d'Etat. Tous les pays africains sont en sursis de coups d'Etat dans cette situation délétère d'insécurité et de dirigeants mal élus », fait remarquer Babily Dembélé qui a mis fin à sa collaboration avec les ex-combattants, après sa sortie de la Maca.

 Il estime qu’ « Il faut éviter le réveil brutal des peuples parce que, à un moment venu, les peuples ne pourront plus se contenir. Donc nous interpellons la communauté internationale à encourager les élections démocratiques et non soutenir des personnes qui n´ont pas la légitimité et la qualité de diriger nos pays. Que les puissances occidentales laissent les Africains élire librement leurs dirigeants", a conclu le président de l'Alliance pour la République.

Adolphe Angoua

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