Politique en Côte d’Ivoire

‘’3e mandat’’ de Ouattara: Des leaders politiques grognent toujours

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3e-mandat-de-ouattara-des-leaders-politiques-grognent-toujours Le dernier mandat du Président Alassane Ouattara fait encore grincer des dents.
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«Alassane Ouattara exerce un troisième mandat, en toute illégalité et illégitimité», s’est déchaîné un cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), issu de la diaspora lors d’une conversation téléphonique, avec Linfodrome.ci, ce mardi 18 janvier 2022. 

Les vieux démons de la division et de la belligérance

Selon notre interlocuteur, alors que les Ivoiriens et la classe politique, par amour pour la Côte d’Ivoire, au nom de la paix et la réconciliation essaient de s’en accommoder voilà que le Chef de l’État réveille les vieux démons de la division et de la belligérance.

«En actionnant, notamment, le Procureur Adou Richard aux fins d’engager des poursuites judiciaires contre des principaux responsables de l’opposition. Une autre méprise d’Alassane  Ouattara qui, paradoxalement, appelle au dialogue politique. Une véritable farce», a-t-il dénoncé. 

gouvernement 20 ans

Il a fait observer que depuis 2011 qu’il est au pouvoir, la contradiction insupporte le Chef de l’État. «Et tous ceux qui osent lui tenir tête, ont droit à un séjour garanti dans une cellule très étroite d’un des goulags de la Côte d’Ivoire. C'est d’ailleurs, à juste titre, que l’artiste Tiken Jah, réputé pourtant proche du régime, n’a pu se taire face à ces dérives et excès. Au point de baptiser son dernier single "gouvernement 20 ans", tellement la sentence adorée du régime ADO à l’encontre de ses opposants est la peine de prison à 20 ans», a-t-il souligné.

Notre source a expliqué que, sur le plan du principe, la Côte d’Ivoire, dès 2000, en passant à la deuxième République a fait d’importants bonds au niveau des réformes démocratiques. L’une des réformes majeures, admise comme principe acquis est la limitation de mandat à deux (2). Toute autre disposition contrariant celle-ci n’est que recul de la démocratie.

Retour aux temps des lampes tempêtes

«C'est comme passer de l’ère des ampoules à  un retour aux temps des lampes tempêtes», a-t-il imagé. Pour lui, en décidant de briguer un troisième mandat «envers et contre tous», Alassane Ouattara créait un grave précédent.

Et, l’opposition, «sous la conduite éclairée du Président Aimé Henri Konan Bédié» ne pouvait que se dresser, légalement, contre cette forfaiture, cette grave entorse à la démocratie.

«L’appel à la désobéissance civile du Président Bédié, au nom de toute l’opposition était circonscrite dans un cadre purement légal. Aucun incident malheureux n’aurait dû être enregistré. Hélas, résultats des courses : 85 morts au moins.  

Plusieurs leaders de l’opposition y compris le président Bédié, ont été traqués dans leurs derniers retranchements et certains jetés en prison.

C'est bel et bien lui le fautif. Il a commis la faute à la fois principielle et principale

Sans se baser sur le Droit,  Alassane Ouattara a réussi son coup d’État constitutionnel et électoral pour se maintenir, en toute illégitimité à la tête de la Côte d’Ivoire. C'est bel et bien lui le fautif. Il a commis la faute à la fois principielle et principale», a-t-il martelé. Selon lui, la justice devrait à en tenir compte.

Quand l’opposition ivoirienne, pour sa part, ne ménagera aucun effort pour préserver la Côte d’Ivoire d’autres convulsions. «C'est pourquoi après avoir pris part aux élections législatives, dans un élan républicain, elle fonde beaucoup d’espoirs dans le dialogue politique qui redémarre. "Le dialogue est l’arme des forts", aimait à dire Félix Houphouët-Boigny. Méditons y tous», a-t-il conclu.