Politique en Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo, Kandia Camara, Belmonde Dogbo, ces femmes victimes de violences en ligne

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politique-en-cote-d-ivoire-simone-gbagbo-kandia-camara-belmonde-dogbo-ces-femmes-victimes-de-violences-en-ligne Pour atténuer les impacts des violences en ligne contre les femmes engagées en politique, l'Oidh fait plusieurs recommandations.
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En Côte d’Ivoire de nombreuses femmes politiques sont victimes de violences en ligne. C’est du moins ce qu’a révélé un rapport de l’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme (Oidh), ce mardi 25 janvier 2022.

Yannick Anaky, membre de l’Oidh et Coordinateur du projet, a dévoilé un rapport sur les violences faites aux femmes politiques ivoiriennes sur les réseaux sociaux.

Désinformation en ligne et actualité sociopolitique

Yannick Anaky a rendu public au cours d’une conférence de presse, les résultats d'observations comptant pour la période du 1er décembre 2021 au 15 janvier 2022. Cette observation est relative à la désinformation en ligne liée à l'actualité sociopolitique et aux cas de violences visant les femmes engagées en politique en Côte d’Ivoire.

Selon Yannick Anaky, cette initiative de l’Oidh, s'inscrit dans le cadre de l'exécution de la seconde phase du projet de monitoring de la désinformation en ligne en Côte d'Ivoire. Une étape débutée depuis juin 2020. Cela, grâce à l'appui financier du National Endowment for Democracy (Ned) et le soutien technique du National democratic institute (Ndi).

Au nombre des femmes politiques ivoiriennes les plus touchées par les violences en ligne, Yannick Anaky a cité Simone Gbagbo, Kandia Camara, et Myss Belmonde Dogbo. « Sur les femmes victimes de violences en ligne, cette période d'observation a été caractérisée par l'entrée en lice de trois nouvelles femmes au nombre des victimes de violences en ligne à savoir mesdames Mariatou Koné, Jarvis Zamblé et Bro Grébé portant ainsi le nombre total de victimes à dix-sept (17) », a-t-il annoncé.

 

Yannick Anaky a expliqué que ces dernières sont attaquées soit pour leurs situations matrimoniales, leurs compétences intellectuelles, leurs positions affichées sur certains sujets sensibles, leur physique ou à cause de leur appartenance politique.

Atténuer l'impact des fausses informations

Cette initiative de l’Oidh a pour objectif d’atténuer l'impact des fausses informations sur les processus politiques en Côte d’Ivoire. Il est également question d’attirer l'attention de l'opinion publique nationale et internationale sur la désinformation sur les violences en ligne visant les femmes engagées en politique.

Yannick Anaky a donné quelques détails. « Sur la base d'un échantillon de 148 groupes (publics ou privés), pages et profils Facebook, l'Oidh n'a identifié aucun cas de désinformation lié au processus politique, en raison probablement de l'actualité sociopolitique relativement calme durant la période d'observation susmentionnée », a-t-il déclaré.

« 85 cas de violences en ligne visant des femmes engagées en politique ont été répertoriés »

Yannick Anaky a surtout ajouté : « En revanche, 85 cas de violences en ligne visant des femmes engagées en politique ont été répertoriés. Ces violences issues de 21 plates-formes Facebook (5 profils, 2 groupes, et 14 pages) ont particulièrement visé 10 femmes ».

Le coordinateur du projet pour l’Oidh a fait savoir que deux principales typologies se dégagent de ces violences à savoir les violences psychologiques (qui représentent 96,50 %) et les violences sexuelles (qui représentent quant à elles 3,50 % des observations).

 

A ce sujet, il a fait une précision. « Au cours de cette période d'observation, l'Oidh a aussi identifié des nouveaux mots-clés employés en vue de porter atteinte à l'honorabilité de ces femmes. Ces nouveaux mots sont issus de la langue française, de l'argot ivoirien ainsi que de certaines langues locales », a souligné Yannick Anaky.

Typologies de violences en ligne

Sur les typologies de violences en ligne, l’Oidh a indiqué que « les données recueillies au cours de cette période d'observation ont été caractérisées par une profusion de violences en ligne desquelles se dégagent 15 typologies.

Yannick Anaky a évoqué les typologies récurrentes. « Les plus récurrentes ont été les attaques visant les facultés intellectuelles (qui représentent 21%), le physique (qui représentent 18%), la situation matrimoniale (qui représentent 10 %) ainsi que les animalisations (qui représentent 11%) », a-t-il révélé.

Pour atténuer les impacts des violences en ligne contre les femmes engagées en politique, l'Oidh fait plusieurs recommandations.

Nous y reviendrons.

Eddy BIBI

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