Côte d’Ivoire

Violences en ligne contre les femmes politiques : L'Oidh émet des recommandations pour freiner le phénomène

Publié le Modifié le
violences-en-ligne-contre-les-femmes-politiques-l-oidh-emet-des-recommandations-pour-freiner-le-phenomene L'Oidh s'est engagé à publier des infographies visant à vulgariser les résultats de ses rapports de monitoring des réseaux sociaux.
Politique

L'Observatoire ivoirien des droits de l'Homme (Oidh) a fait plusieurs recommandations pour freiner le phénomène des violences en ligne contre des femmes politiques ivoiriennes. C'était ce mercredi 25 janvier 2022 au cours d'une conférence de presse à son siège d'Abidjan-Cocody.

L'Oidh a un nouveau cheval de bataille, celui des violences faites aux femmes politiques ivoiriennes en ligne, notamment sur les réseaux sociaux.

Au secours, femmes politiques menacées

Selon Yannick Anaky, coordinateur du projet, l'Oidh est résolument déterminé pour atténuer les impacts des violences en ligne contre les femmes engagées en politique. Cette organisation de la société civile (Osc) ivoirienne a proposé des pistes de solutions au gouvernement ivoirien.

Pour l'Oidh, il faut "sensibiliser sur la violence à l'égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l'homme et l'égalité des sexes". L'Osc recommande également de "former les acteurs étatiques et le grand public aux problèmes des violences contre les femmes en politique".

Mise en place des mécanismes pour recueillir des témoignages

Le coordonnateur du projet pour l'Oidh a souhaité la mise en place des mécanismes pour recueillir des témoignages sur les violences faites à l'égard des femmes, en vue de libéraliser la parole. Il a par ailleurs interpellé l'ensemble des acteurs politiques.

Yannick Anaky a demandé aux leaders politiques de "sensibiliser et former leurs militants et abonnés (followers) sur les bonnes pratiques démocratiques". Il leur a conseillé d'éduquer leurs partisans sur "la violence à l'égard des femmes en politique en tant que problème pour la démocratie, les droits de l'homme et l'égalité des sexes".

Le coordonnateur du projet pour l'Oidh a expliqué qu'il est important d'offrir une formation aux militants sur la sensibilité au genre et le harcèlement sexuel en ligne.

"Il faut élaborer une charte commune incluant des sanctions contre les membres des fora Facebook"

L'Oidh a envoyé un message aux administrateurs des plateformes ou fora de discussion à caractère politique et des pages de proximité, sur Facebook en particulier. Il les invite à "élaborer une charte commune incluant des sanctions contre les membres de leur fora qui publient des discours haineux, xénophobes, sexistes ou les fausses informations de nature à troubler l'ordre public".


Yannick Anaky a préconisé de "veiller scrupuleusement à une modération rigoureuse des contenus publiés sur les fora de discussion à l'effet d'identifier et de censurer les publications incitant à la violence, à la haine, à la xénophobie ou de nature à troubler l'ordre public".

Publier pour informer

En ce qui concerne les médias publics et les sites d'information en ligne, l'Oidh a plaidé pour la production des articles sur les questions des violences contre les femmes engagées en politique.

Le but est d'informer et sensibiliser les populations, ainsi que de soutenir les initiatives de lutte contre les violences faites aux femmes en politique pour une meilleure visibilité et promotion.

Les acteurs de la société civile, quant à eux, ont été appelés à promouvoir l'éducation aux médias, sensibiliser et former les populations sur les violences en ligne contre les femmes engagées en politique. "A cet effet, l'Oidh s'engage à publier des infographies visant à vulgariser les résultats de ses rapports de monitoring des réseaux sociaux relatifs aux attaques visant les femmes engagées en politique, afin d'informer et attirer l'attention des internautes sur ce phénomène", a annoncé Yannick Anaky.

Eddy BIBI

Vidéo