Vie chère : « La fermeture des frontières accentue la pression sur le consommateur » (Jacob M. Coulibaly, Pdt PIA)

Publié le
vie-chere-la-fermeture-des-frontieres-accentue-la-pression-sur-le-consommateur-jacob-m-coulibaly-pdt-pia Jacob Mamadou Coulibaly, président du Parti pour l'Intégration Africaine (PIA)
Politique

Jacob Mamadou Coulibaly, président du Parti pour l’Intégration Africaine (PIA) plaide pour la réouverture des frontières terrestres ivoiriennes. Interview...

Deux mois après la signature du rapport final du dialogue politique, pouvez-vous revenir sur les objectifs de ces pourparlers ?

Nous voulons dans un premier temps saluer l’ouverture du dialogue politique car il montre la vivacité de la démocratie en Côte d’Ivoire. Il est par ailleurs un facteur d’évaluation de la démocratie dans un pays au-delà des institutions, au-delà du parlement, au-delà du Senat. En somme, le dialogue politique est un cadre formel pour échanger sur les préoccupations des populations avec les partis politiques et la société civile. Nous avons salué cette initiative du gouvernement.

Comment s’est passé le dialogue politique ?

Le dialogue politique s’est déroulé dans un cadre fraternel, de bonne ambiance, dans la courtoisie. C’est d’ailleurs grâce à cette courtoisie que tous les sujets ont été abordés et le gouvernement a apporté des réponses favorables à certaines inquiétudes.

Donc, il n’y a rien à déplorer au cours de ce dialogue politique ?

Tout n’a pas été parfait. A la fin du dialogue, nous avons fait des recommandations qui abordent plusieurs points en rapport à la vie politique, à la vie sociale et même de l’avenir de la Côte d’Ivoire. Parmi ces recommandations, il y a un point important que nous voulons évoquer ce jour, c’est la mise en place du cadre permanent de suivi de ce dialogue politique.

Voici la première recommandation a mettre en place après le dialogue politique

Ce cadre va permettre d’évaluer les points qui seront déjà exécutés parmi les points des recommandations. Ce cadre est donc la première recommandation à mettre en place pour que les partis politiques puissent suivre les recommandations de cette cinquième phase du dialogue politique.

Deux mois après, le cadre de suivi permanent du dialogue politique n’a pas encore été mis en place. Selon vous, quelle en est la cause ?

Je pense que le gouvernement est en train de s’organiser pour mettre en place des  structures qui comprendraient des organisations ou même des partis politiques dont le rôle serait de réfléchir sur le mode d’organisation et de fonctionnement de ce cadre de suivi de ce dialogue politique.

Aujourd’hui, presque tous les partis politiques appellent au retour de Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. Vous, en tant que leader de la plateforme ADP, quelle est votre position ?

Nous sommes encore étonnés que le président Blé Goudé soit encore à l’extérieur puisqu’il a été acquitté par la Cour Pénale Internationale (CPI). Au cours du dialogue politique, nous avons abordé la question relative au retour de M. Charles Blé Goudé et le gouvernement, à travers le ministre de l’Intérieur, a reconnu que ses dossiers sont en cours de traitement et que les jours à venir, il pourrait entrer en possession de son passeport et rentrer dans son pays.

Contrairement au ministre de l’Intérieur, le ministre de la Justice a indiqué que M. Charles Blé Goudé est certes acquitté par la Cour Pénale Internationale mais ici en Côte d’Ivoire, il est condamné à vingt (20) ans de prison et on ne remet pas un passeport à une personne qui est condamné. On doit donc trouver des solutions à ces facteurs pour le retour du président Charles Blé Goudé. La seule personne qui peut annuler cette condamnation, c’est le président de la République, soit, à travers une grâce, soit à travers une loi d’amnistie.

Seul le président Ouattara a le dernier mot quant au retour de Blé Goudé en Côte d'Ivoire

Je pense que le gouvernement doit œuvrer de sorte à ne pas mettre à mal les décisions de la justice ivoirienne. Si un Etat fonctionne noblement, il doit respecter les institutions notamment la Justice. Donc si le gouvernement veut faire les choses de la bonne manière, il doit d’abord lever la condamnation en amnistiant par exemple M. Charles Blé Goudé pour qu’il puisse entrer en possession de son passeport et revenir en Côte d’Ivoire et vaquer librement à ses occupations et participer à la vie politique nationale.

Certains pays comme le Ghana ont procédé à la réouverture des frontières terrestres mais la Côte d’Ivoire ne l’a pas encore fait...

Il y a près de trois (3) à quatre (4) mois que nous avons évoqué la question de la réouverture des frontières quand nous sommes revenus du Sénégal où nous avons participé à un colloque sur le panafricanisme. Nous sommes toujours désagréablement surpris que les frontières soient encore fermées surtout dans la sous-région ouest-africaine. Aujourd’hui, vu la cherté de la vie et les flambées des prix, la fermeture des frontières accentue la pression sur le consommateur.

Pourquoi soutenez-vous cette thèse ?

On le dit parce qu’il y a des échanges commerciaux qui se font entre les pays de la sous-région. Maintenir les frontières fermées, c’est s’opposer à l’approvisionnement de nos pays en denrées alimentaires qui viennent de nos pays voisins. Cette fermeture des frontières va à l’encontre même des textes de la CEDEAO qui prône la libre circulation des biens et des personnes. Face à cette pandémie de Covid-19, les pays de la CEDEAO ont pris des décisions solitaires.

Je pense qu’il est temps d’ouvrir les frontières. Le Ghana qui est un pays voisin l’a fait. Pourquoi pas nous ? Même le président de la République, lors de son adresse à Yamoussoukro a reconnu que la pandémie était maitrisée en Côte d’Ivoire. Le 19 avril dernier, il n’y avait qu’un (1) seul cas en Côte d’Ivoire. Je ne sais donc pas ce qui nous empêche d’ouvrir les frontières et faciliter la vie aux populations vivant dans les zones frontières qui vivent essentiellement des échanges commerciaux des pays voisins. Il faut penser à ces populations-là et sans délai, ouvrir les frontières.