Côte d'Ivoire

«L’inclusion des rapatriés ivoiriens dans les projets de développement est en cours» (L. Nkurunziza, Repr Adj HCR)

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l-inclusion-des-rapatries-ivoiriens-dans-les-projets-de-developpement-est-en-cours-l-nkurunziza-repr-adj-hcr Léonidas Nkurunziza, Représentant Adjoint au Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) en Côte d’Ivoire
Politique

Léonidas Nkurunziza, Représentant Adjoint au Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) en Côte d’Ivoire, dévoile les actions de réinsertion socio-professionnelle pour les ex-refugiés ivoiriens rentrés au pays.

Avant de commencer, pouvez-vous rappeler les différentes missions du HCR ?

On a beaucoup de missions dans le monde. La première mission du HCR c’est la protection des réfugiés. La deuxième mission, nous appuyons les déplacés internes et enfin, nous avons une mission qui consiste à éradiquer l’apatridie dans le monde. Il est important de signaler qu’en plus de la protection des refugies, nous cherchons les solutions durables pour eux, entre autres, le rapatriement.

Depuis le 30 juin 2022, le statut de réfugiés des Ivoiriens a pris fin et on a assisté au rapatriement volontaire. Un bilan de cette opération ?

Le bilan est bon. D’abord, je dois vous informer qu’au cours l’année dernière (2021 ndlr), on a rapatrié plus de vingt-deux mille (22 000) réfugiés qui sont déjà bien installés dans leurs zones d’origine. Cette année 2022, nous avons rapatrié plus de seize mille (16 000). Et comme vous me posez la question, le 30 juin, il y a effectivement eu la cessation du statut de réfugiés ivoiriens, mais avant cette date, il y avait encore beaucoup de réfugiés qui avait décidé de s’inscrire afin qu’ils puissent être considérés dans le plan de rapatriement.

On ne peut donc pas les laisser et on a décidé en collaboration avec les pays d’asile et les gouvernements impliqués de continuer le rapatriement jusqu’au 15 août 2022. Cette opération concerne tous les réfugiés qui vivent dans les camps et en dehors des camps dans les pays d’asile et qui avaient décidé de s’inscrire au rapatriement avant le 30 juin.

Pour ceux qui décident de rentrer au pays lors de vos différentes opérations de rapatriements, qu’est-ce que le HCR leur apporte comme soutien ?

Les anciens, disons, ceux qui avaient qui ont quitté le pays vers 2010 à cause de la guerre, on les appelle communément "les anciens Refugiés". Lorsqu’ils rentrent, ils reçoivent autour de 650 dollars américains. C’est l’équivalant de trois cent cinq (305 000) francs CFA. Les "nouveaux" ceux qui sont partis lors des élections présidentielles de 2020 et dont la majorité était partie au Libéria, ils reçoivent l’équivalant de 150 dollars américains, c’est-à-dire autour de soixante-quinze mille (75 000) Francs CFA.

Cette somme leur est octroyée pour payer les frais des pièces administratives notamment les extraits actes de naissance pour certains, subvenir aux besoins primaires dans un premier temps, avant qu’ils ne soient réellement réintégrés dans la vie normale comme d’autres citoyens. Notons en passant que chacun gère de sa manière et que la majorité arrive à s’en sortir.

Il y a certes eu l’engouement pour le retour volontaire mais force est de constater qu’il y a certains réfugiés qui ne veulent pas rentrer au pays. Quel sera leur sort ?

Pour rester dans un pays hôte, il faut avoir des documents et surtout des pièces d’identité puisque la majorité de ces réfugiés étaient partis sans pièces d’identité. Il y a beaucoup aussi qui sont partis avec des cartes d’identité, des passeports et qui aujourd’hui sont expirés. Nous, HCR, on les aide à avoir une nouvelle carte d’identité, un nouveau passeport après une longue et minutieuse vérification par les instances gouvernementales habilitées de la Cote d’Ivoire.

Comment cela se fait-il ? Est-ce que ces réfugiés vont-ils revenir dans leur pays pour se faire établir ces documents d’identité et retourner dans leur pays hôte ?

Non, l’autorité gouvernementale de la Côte d’Ivoire doit se déplacer. D’ailleurs, il y a déjà eu trois (3) missions qui sont allées au Togo pour identifier ces personnes, les appuyer. Et pour votre information, il y a plus de cent quatre-vingts (180) passeports qui ont été distribués, il y a un mois, au Togo avant la date de la cessation de leur Statut de refugie. Ces missions vont continuer dans les pays comme le Liberia et le Ghana afin d’éviter qu’ils se retrouvent dans ces pays illégalement sans pièces d’identité.

Pour ceux qui sont rentrés au pays, en dehors de l’aide au rapatriement dont les montants s’élèvent à 305 000 pour les uns et 75 000 pour d’autres, est-ce que le HCR peut les aider à avoir un emploi ?

L’Etat de la Cote d’Ivoire, que je remercie en passant a déjà mis en place des structures de réintégration comme l’emploi pour les jeunes et facilite déjà la réintégration professionnelle pour ceux qui avaient déjà un emploi avant de quitter le pays. Il  existe des projets de développement qui sont en cours et notre rôle premier dans ce cadre est de nous rassurer que ces personnes qui sont rentrés dans leur pays, ne restent pas en arrière, qu’ils soient intégrés dans les programmes de développement qui existent déjà.

Il n’y a pas un plan à part pour les rapatriés. Non ! C’est l’inclusion, nous voulons que tous les rapatriés puissent bénéficier des projets de développement qui sont mis en place par le gouvernement avec d’autres projets annexes qui ont un impact rapide.

Certains réfugiés avançaient des raisons sécuritaires pour ne pas rentrer au pays. Avez-vous déjà entendu qu’un réfugié a été mis aux arrêts après son retour ?

D’abord, le rapatriement est volontaire. Je peux vous informer que les réfugiés, eux-mêmes, avant leur retour au pays, sont plus informés que quiconque. Ils sont restés en contact avec leurs familles. Ils ont des amis qui leur donnent des informations sécuritaires, sans oublier la vie politique du pays. Nous n’avons pas encore enregistré un incident sécuritaire jusqu’aujourd’hui, tous les réfugiés qui sont rentrés sont bien accueillis par les autorités locales, par les chefs de village et surtout par leurs voisins de longue date. Pour conclure, il n’y a pas un problème de sécurité aujourd’hui en Côte d’Ivoire qui empêcherait ses citoyens de rentrer dans leur pays natal.

Merci beaucoup M. le Représentant Adjoint

C’est moi qui vous remercie !