Côte d'Ivoire

CPI-Crise de 2002-2011 :  L'OIDH plaide pour l'accélération des enquêtes dans le camp Ouattara  

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cpi-crise-de-2002-2011-l-oidh-plaide-pour-l-acceleration-des-enquetes-dans-le-camp-ouattara L' OIDH maintien la pression sur la CPI en vue de l'ouverture de la deuxième partie du procès de la crise de 2010-2011
Politique

À quand l’ouverture à la Cour pénale internationale de la procédure judiciaire à l’encontre du camp Ouattara suite aux massacres perpétrées durant la crise militaro-politique de 2002-2011 ?

La réponse à cette question est un sujet qui préoccupe vivement l’organisation ivoirienne des droits de l’homme (OIDH). Dans une lettre adressée au procureur de la CPI, Karim Khan, Eric-Aimé Sémien, président de l’organisation de défense des droits de l’homme plaide pour la célérité dans la deuxième séquence d’ enquêtes ouvertes sur la crise militaro-politique ivoirienne de 2002 à 2011.  

L'OIDH plaide en vue d'une accélération de la procédure d'enquête


“Le temps qui s’écoule nous éloigne de plus en plus des événements de 2002, réduisant ainsi les chances d’enquêtes fiables et celle de trouver des victimes en grand nombre.  Cette lenteur dans l’ouverture de la procédure ne profite ni aux victimes ni à leurs ayant droit”, interpelle le président de l’ OIDH.

 “Les populations ivoiriennes et plus particulièrement les victimes des différentes crises  sont en droit de se demander ce qu’il en est des poursuites annoncées dans le cadre de la procédure Côte d’Ivoire II supposée remonter jusqu’aux événements de 2002”, a-t-il fait savoir.  M. Eric-Aimé Sémien rappelle au procureur Karim Khan que c’est à grand renforts de publicité que le bureau de la CPI  a annoncé l’ouverture de la deuxième séquence d’enquête sur la Côte d’Ivoire intitulée Côte d’Ivoire II.

A ce jour, aucun rapport de ces enquêtes, aucune fumée blanche permettant d’ espérer un jour réparation pour les victimes et vérités sur tous les crimes commis

“A ce jour, aucun rapport de ces enquêtes, aucune fumée blanche permettant d’ espérer un jour réparation pour les victimes et vérités sur tous les crimes commis”, fait-il remarquer.     Le 3 octobre 2011, la Cour pénale internationale a ouvert une enquête en Côte d’Ivoire. Cependant, bien que le Procureur ait demandé l’autorisation d’enquêter sur les crimes commis par les deux parties, l’enquête n’a d’abord porté que sur les crimes commis par une seule partie, celle qui soutenait Laurent Gbagbo, qui avait perdu les élections.

Trois mandats d’arrêt de la CPI ont été émis à l’encontre des seuls partisans de Gbagbo.  L'ex-président ivoirien  et son codétenu Charles Blé Goudé ont été remis à la CPI et jugés pour quatre chefs d’accusation présumés de crimes contre l’humanité commis pendant les violences post-électorales.  Le 15 janvier 2019, les deux hommes ont été acquittés par la CPI – une décision qui a été confirmée par la Chambre d’appel de la CPI le 31 mars 2021 suite à un appel du Procureur. 

Dans le cadre de cette deuxième série d’enquête qui serait le camp de l’actuel chef de l’ État ivoirien, l’ OIDH indique qu’ il n’est pas souhaitable que se reproduise le scénario du procès conjoint de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et de son ancien codétenu Charles Blé Goudé, “c’est à dire un acquittement imputable au Bureau du procureur, et partant, l’absence de réparation pour les victimes”.   La crise post-électorale de 2010-2011 a fait au moins 3000 morts selon un bilan officiel des Nations-unies.