Un an après...

De nouvelles révélations sur la crise ivoirienne


12/05/2012
La presse de ce week end...
Bienvenue à votre rubrique. La presse ivoirienne finit cette semaine comme elle a débuté, avec les mêmes sujets : la sécurité, la françafrique, les révélations sur la crise ivoirienne. Seulement pour ce samedi 12 mai 2012, il y a un élément nouveau : la non déclaration des biens du président Alasane Ouattara. Et on commencera par là…

Alassane Ouattara n’a pas déclaré ses biens

« Patrimoine du Président. Un an après son investiture : les biens de Ouattara pas encore déclarés : ce qui coince » est le titre à la Une de L’Intelligent d’Abidjan. Dans l’article (p.6), Touré Abdoulaye révèle que selon Koné Bruno, porte-parole du gouvernement, ce retard n’est ni une négligence ni un oubli encore moins un reniement d’une promesse. « Beaucoup de promesses ont été faites avant l’élection présidentielle ; mais si la situation était normale, naturellement, elles auraient été tenues », a expliqué ce dernier. Citant toujours le porte-parole sur ce sujet, Bamba Idrissa de Soir Info écrit que le Président Ouattara n’a pas pris le pouvoir dans des conditions normales, il fallait changer de priorités. Cette sortie du ministre Koné Bruno a été faite, a-t-il expliqué, à cause du fait que des Ivoiriens affirment que Ouattara n’a pas tenu sa promesse, comparativement aux présidents sénégalais et français. À contrario, Le Nouveau Courrier montre que le couple présidentiel ivoirien est cité dans « une affaire de biens mal acquis ». Il rend les propos tenus par Patrice Finel, responsable politique du Front de la Gauche, de Jean Luc Mélenchon, dans une interview qu’il a accordée au site internet afrik.com. « On peut s’étonner qu’il n’y a pas les trois noms que vous citez qui soient concernés (Ali Bongo, Sassou N’Guesso, Teodoro Obiang Nguema), qu’en est-il de monsieur Biya du Cameroun ou de la fortune de monsieur Ouattara gérée par sa femme ». Pour l’auteur de cet écrit, maintenant que Sarkozy est tombé, les journalistes d’investigations françaises et ONG seront courageux pour dénoncer le couple Ouattara.

Révélations sur la crise post-électorale

Un an après, la crise ivoirienne continue de livrer ses secrets. C’est ce que nous font savoir L’inter et L’Expression. Dans le premier cité, Hervé Kpodion rapporte les dires de plusieurs personnes impliquées dans la résolution de cette crise. Il met l’accent sur le représentant du facilitateur Blaise Compaoré, Bouréima Badini. Voici ce qui y est écrit à la page 3 : « Nous on voulait que l’indentification finisse, soit parfaite et que les ex-rebelles se replient dans leurs villes (…). Mais pour Choï, il fallait qu’on aille vite ». Le second journal a plutôt misé sur Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI). En grande Une, il charge : « Youssouf Bakayoko révèle : « Gbagbo voulait me tuer ». Dans le papier, celui-ci donnait les raisons de sa déclaration au Golf Hôtel et l’auteur écrit que le président de la CEI a expliqué qu’ils risquaient, lui et ses hommes, d’être abattus par la soldatesque de Laurent Gbagbo.

France-Afrique

Les journaux proches de l’opposition persistent et signent : France-Afrique, plus rien ne sera comme avant avec François Hollande. A la Une de Le Quotidien d’Abidjan, il est mentionné : « À trois jours de son investiture, François Hollande annonce les couleurs : Les relations vont être rénovées en profondeur. Nous allons sortir du paternalisme d’antan. Il faut répudier les miasmes de la Françafrique ». La Une s’achève avec : Ouattara a chaud. D’après ce journal, c’est sur le site Les Afriques que le nouveau président français a fait ces déclarations. Aujourd’hui renchérit avec : « Après l’élection de François Hollande, la grande peur des orphelins de Sarkozy ». Les photos des présidents Ouattara, Compaoré et Goodluck, au dessus d’eux, celle de Sarkozy illustrent ce titre à la Une.

Sécurité en Côte d’Ivoire

L’opération de rafle n’est pas bien vue par les Ivoiriens à en croire L’Intelligent d’Abidjan qui à travers un panel a fait parler ceux-ci. Selon les interviewés, les rafles doivent se faire dans les règles de l’art. Les FRCI ne doivent pas aller perquisitionner et arrêter des personnes sans mandats. Elles redoutent aussi que des malfrats profitent pour commettre des vols. Le Nouveau Courrier prétend que « les rafles, les enlèvements et exactions répétées des FRCI mettent « la Garde Républicaine en colère ». Par la plume de Guehi Brence, des soldats se plaignent de ce qu’on les a vidés de leur ancien corps et affectés au nord où ils subissent toutes sortes d’humiliations. Et quand ils viennent à Abidjan, on dit qu’ils sont venus faire un coup d’Etat et on les arrête. Par ailleurs Fabrice Tété écrit que les rafles sont un faux prétexte pour le gouvernement qui explique vouloir reprendre les évadés puisque sur les antennes de la télévision nationale, le Ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a dit que « à l’heure où je vous parle tout est rentré dans l’ordre. Ceux qui ont réussi à sortir de leur cellule ont été rattrapés ». Ledit ministre a effectué une visite dans les commissariats et brigades d’Abobo pour toucher du doigt les réalités des hommes en armes, informe la presse. Nord Sud Quotidien dit que les policiers et gendarmes connaissent « la Galère ». Ils dorment au dehors, a-t-il relevé. Mais Le Patriote affirme que le ministre Bakayoko a promis de leur donner les moyens pour bien travailler dès la semaine prochaine.

Bon week-end

César DJEDJE MEL

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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