Vague d'arrestations

Le FPI accablé, Ouattara pour la réconciliation


27/08/2012
Heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine d’informations. Sachez qu’en Côte d’Ivoire, les arrestations continuent, de même que les attaques. C’est dans ce climat que le chef de l’Etat est rentré hier de voyage. Comme vous le voyez, nous traiterons de ces trois sujets. Bonne lecture à tous !

Le SG du FPI sur la liste des personnes arrêtées

La liste des responsables du Front Populaire Ivoirien (FPI) arrêtés s’allonge. Laurent Akoun, S.G par intérim de ce parti a été interpellé hier dimanche 26 août 2012 sur l’axe Akoupé par le commandant de brigade de gendarmerie de la zone qui aurait reçu les instructions de ses supérieurs hiérarchiques d’Abidjan, rapporte Le Temps pour qui cette arrestation rentre dans le cadre de la persécution du pouvoir Ouattara contre l’opposition. Aujourd’hui dit qu’après son interpellation, le S.G a été conduit au camp de gendarmerie d’Agban à Abidjan. Cette arrestation, selon lui, répond à la volonté du pouvoir de décapiter la direction du FPI de qui il est exacerbé par son refus de venir à la table de négociation. Il affirme que le journal proche du pouvoir Le Patriote l’avait déjà révélé en écrivant : « les cadres cités par ceux qu’ils ont embarqués dans leur aventure de déstabilisation des institutions de la République seront interpellés pour être entendus ». Tous les journaux proches du FPI se font l’écho de cette arrestation. Quant à Le Nouveau réveil, il affirme que c’est pour incitation à la violence et activités subversives qu’Akoun a été pris, après plusieurs tentatives manquées puisqu’une des sources de ceux qui l’ont arrêté a indiqué « qu’il a toujours réussi à nous échapper ». Il relève aussi que d’autres cadres du parti sont dans le viseur des enquêteurs.

Du côté du Ghana, Koné Katinan est aussi entre les mains de la police. Arrêté depuis le vendredi soir, ses proches ont affirmé qu’il était « en lieu sûr ». Mais Soir Info précise que le porte-parole du président Laurent Gbagbo est en garde-à-vue, attendant d’être extradé. Une extradition qui serait difficile, avance t-il, parce que conformément à sa Constitution, le Ghana ne permettra pas pareille chose si les faits reprochés à Katinan ne sont pas prouvés. Surtout que le mis en cause bénéficie d’un statut de réfugié politique. En dehors du cadre juridique, l’affaire aurait pris une allure diplomatique. Les présidents Rawlings, M’beki et Zuma sont en tractation pour éviter l’extradition. Pour emmener Koné Katinan à Abidjan, le pouvoir a dépêché un avion spécial qui malheureusement est revenu bredouille. Aujourd’hui raconte « le film d’un enlèvement manqué de Katinan ». Il indique que ce sont les responsables d’Interpol Ghana, « complices » du régime ivoirien qui ont voulu faire extrader Katinan en violation des textes de la CEDEAO et du Ghana. Ces derniers ont même été limogés, note-il. Le quotidien a confirmé les actions des présidents sud-africains pour sa relaxe. Le Temps écrit pour sa part que l’Etat ivoirien a voulu kidnapper l’ex-ministre de Laurent Gbagbo par le biais d’Interpol Ghana qui devait immédiatement l’extrader sur Abidjan. Mais la police ghanéenne, alertée, a fait échouer cette opération. C’est pourquoi, Le Quotidien d’Abidjan écrit que « le Ghana humilie Ouattara » en lui donnant une leçon de démocratie.

Encore des attaques, des tirs et des tueries

A Sikensi, des tirs nourris ont été entendus hier, annonce L’Inter. Selon des populations, ils seraient l’œuvre des FRCI qui cherchaient à récupérer des armes qu’auraient donné un cadre du FPI aux miliciens lors de la crise post-électorale. Cette initiative a dégénéré en un affrontement qui aurait fait six morts dont cinq autochtones et un étranger non identifié. Mais selon ces sources, la recherche n’aurait rien donné. Notre Voie ajoute que les FRCI ont violenté les villageois, tous âges confondus et tué trois autochtones. Les plus alertes ont fui dans la brousse. La veille samedi, un poste des FRCI à Irobo a été attaqué. Attaque qui a fait six morts dont un militaire, deux assaillants et trois civils. Dans Le Mandat, le Lt Camara Moutali, commandant des FRCI de la ville a indiqué que ce sont les miliciens qui ont attaqué Dabou qui sont à l’origine de cette action. Ils ont pris sur eux des armes et des munitions. Ces chiffres sont en contradiction avec ceux qu’a donné le ministre délégué auprès de la Défense, souligne Notre Voie. En effet le ministre avait déclaré sur les antennes de la télévision nationale quatre morts.

Ouattara de retour à Abidjan

Absent du pays depuis plus d’une semaine, le président Alassane Ouattara est rentré hier avec « une mine grave », soutient L’Expression, au regard de la situation sécuritaire. Depuis l’aéroport international d’Abidjan, il s’est prononcé sur la situation du pays et a déclaré que si pour le président Houphouët « la violence est l’arme des faibles », pour lui, « elle est celle des désespérés mais que la haine et la violence ne résoudront rien », nous raconte Le Patriote. Avec ce retour, Le Nouveau Réveil affirme que le chef de l’Etat prend les choses en main car il a annoncé une réunion décisive le 28 août prochain pour faire le point de la situation sécuritaire tout en rassurant que « nous mettrons tout en œuvre pour améliorer les conditions de vie des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire ». Par ailleurs, il a affirmé que la justice fera son travail dans le respect des principes d’un Etat de droit. Et ce pour le bonheur des populations. Car, selon Fraternité Matin, le président Ouattara a avoué que les Ivoiriens aspirent à la paix. Dans son analyse du discours du chef de l’Etat qu’il a trouvé réconciliateur, L’Intelligent d’Abidjan note que celui-ci s’est démarqué de ses proches qui identifient le FPI à un groupe terroriste et appellent à son éradication. Cependant, au vu des arrestations des cadres du FPI en Côte d’Ivoire et au Ghana, le journal se demande si cette éradication n’a pas déjà commencé...

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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