Protestations électorales et sociales

Les partis s'accusent, les ex-combattants menacent


25/04/2013
Comme sujets, ce jeudi 25 avril 2013, nous aurons encore la polémique autour des élections et la menace des ex-combattants de Bouaké. Bonne lecture de la revue de presse sur linfodrome.com.

Des voix s’élèvent contre les protestations

Les mouvements de violence pour protester contre les résultats des élections locales ne sont pas appréciés par la classe politique. Fraternité Matin informe que le gouvernement a condamné ces violences lors du Conseil des ministres d’hier mercredi. De façon précise, le porte-parole du gouvernement, Bamba Affoussiata, a dit : « Nous condamnons tous les actes de violences de quelque bord ce soit ». Du côté du parlement, on a aussi dénoncé ces violences. En effet, hier, à l’ouverture de la première session ordinaire du parlement ivoirien, à en croire Nord-Sud Quotidien, son président Soro Guillaume a solennellement appelé les candidats et surtout les députés qui ont perdu les élections à accepter le verdict des urnes. Il a dit ne pas être insensible au saut d’humeur des candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenus. Le ministre de l’Intérieur aussi se prononcera relativement à la question sécuritaire lors des violences post-électorales, nous apprend L’Intelligent d’Abidjan. Quant à la Commission Électorale Indépendante (CEI), elle a menacé de poursuites tous les fauteurs de troubles. « Nous pensons que ce n’est pas bien indiqué de se faire justice. D’abord au niveau des partisans qui commettent ces actes. S’ils sont formellement identifiés, ils seront traduits devant les tribunaux compétents. Les candidats eux-mêmes, si leurs partisans sont reconnus comme étant les leurs, ils pourront être poursuivis de façon collatérale », a averti le porte-parole de l’Institution.

Y a problème !

Au delà de toutes les condamnations, « il y a un malaise », a avoué un ministre de Ouattara à L’inter, peut-on lire à la Une du journal. En effet, le ministre d’État Dosso Moussa a déclaré : « il faut avoir le courage de le dire, de ne pas se voiler la face, plus rien ne va au sein de nos grands partis », parlant de la victoire des indépendants face aux candidats investis. « Il y a des leçons à tirer. Les différents staffs doivent faire des diagnostics, car personne ne peut nier aujourd’hui qu’il y a un malaise au sein des partis… », a-t-il expliqué. Dans Soir Info, on lit que pour le Front Populaire Ivoirien (FPI), cette violence post-électorale montre que « la Côte d’Ivoire sous Ouattara est en danger ». C’est ce qu’a affirmé son secrétaire général, Dr Kodjo Richard. Qui s’est réjoui que les Ivoiriens aient adhéré au mot d’ordre du boycott des élections lancé par son parti. Lequel, selon lui a sanctionné les élections par un taux de participation entre 13% et 15% alors que la CEI parle 50% à 60%. Pour sauver la Côte d’Ivoire « du régime liberticide de Ouattara », le secrétaire général a appelé les démocrates et les forces du progrès à une union dans une plateforme. Il a annoncé des manifestations légales contre le pouvoir Ouattara parce que « le RDR naît dans la violence, croît dans la violence et je pense qu’il va mourir dans la violence », a rapporté Notre voie.

Accusation mutuelle

Les alliés au pouvoir, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Rassemblement des Républicains (RDR) continuent de s’accuser mutuellement de vols et de fraudes. Leurs relais font l’écho de ce palabre. Selon Le Patriote, les plaintes du PDCI « sont des pleurs d’un éternel perdant », car depuis 2001, le vieux parti n’a jamais gagné d’élections en Côte d’Ivoire. Il accuse le parti de mauvaise foi, quand il reconnaît et savoure d’un côté ses victoires et que de l’autre, il proteste contre ses défaites. D’ailleurs à Yopougon, Koné Kafana (RDR), dont le PDCI conteste la victoire, a demandé à ce dernier « d’arrêter sa comédie pour être responsable. (…) Ce que je peux dire, c’est qu’il y a une volonté manifeste de calomnier qui est en cours depuis l’annonce des résultats ». Le Nouveau Réveil réagit et titre à la Une : « Bien que déclaré perdant dans les urnes, le RDR veut arracher Treichville au PDCI, après Yopougon ». Il publie le témoignage d’un responsable de la CEI qui a révélé que, le mardi, « au moment où l’on proclamait les résultats et que le dossier de Treichville devrait être traité, c’est un commissaire RDR qui faisait semblant de sortir et qui se cache derrière une porte pour passer un coup de fil au candidat RDR, Cissé Ibrahim Aladji, qui a été battu à Treichville ». A en croire cet agent, les minutes qui ont suivi, Cissé Aladji est venu à la CEI avec des P.V déchirés, et après un entretien avec le président Youssouf Bakayoko, le dossier a été mis de côté. Mais le FPI dit qu’il « ne reconnaît pas les résultats de la parodie électorale », fait savoir Le Temps.

Manifestations des ex-combattants à Bouaké

Les ex-combattants de Bouaké ont encore manifesté, hier, informe Le Nouveau Courrier. Ils ont pris d’assaut la préfecture pour protester contre l’enlèvement de leur héraut, Koné Youssouf. « Nous bloquerons tous les corridors dans les heures qui suivent, si nous n’obtenons pas gain de cause », a menacé un démobilisé. Les manifestants ont accusé le commandant Chérif Ousmane d’être à l’instigateur de cet enlèvement, selon le préfet de Brobo, relate L’Intelligent d’Abidjan. Mais joint par téléphone par l’administrateur, le mis en cause a décliné toute responsabilité dans cette affaire, qu’il a déplorée. Cependant, il s’est dit prêt à apporter son concours pour retrouver, a ajouté le préfet. Ces ex-combattants réclament leur insertion dans le tissu dans l'administration ou leur prime de guerre de 40 millions chacun, comme on leur avait promise.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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