Situation socio-politique en Côte d'Ivoire

Ouattara demande un second mandat, l'ONU le critique


27/04/2013
Le Président sollicite un deuxième mandat pour redresser son pays où l'ONU a constaté beaucoup d'insuffisance . Ph D.R
Bonjour amis lecteurs de la revue de presse de linfodrome.com. Dans notre numéro de ce samedi 27 avril 2013, nous parlerons de l’interview du Président Ouattara, des élections locales et la situation sécuritaire. Bonne lecture à tous !

Alassane Ouattara fait des aveux

Le Président de la République a accordé une interview à paraître dans Jeune Afrique du lundi prochain. Déjà, les journaux font l’écho de cet entretien. Le Patriote titre que pour « la présidentielle de 2015, Ouattara sollicite un 2ème mandat ». En clair, le chef de l’État a indiqué que : « oui, vraisemblablement, je serai amené à solliciter un deuxième mandat ». La raison est que « quand on décide de s’engager en politique, c’est parce qu’on a des objectifs. Le mien était d’être président pour apporter ma contribution au redressement de mon pays (...) Et à priori, je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois à venir », a expliqué Alassane Ouattara. Notre Voie écrit alors que « Ouattara avoue devant la presse française : ‘‘j’ai échoué…’’, mais il veut être candidat malgré tout ». Il commente les propos du chef de l’État comme un aveu d’échec, qui montre implicitement qu’après deux ans de gestion du pays, il n’est pas l’homme de la situation pour la Côte d’Ivoire. Le journal a relevé que cette sortie du chef de l’État ressemble à la déclaration qu’il a faite en 1993, quand qu’il était Premier ministre. Alors qu’on attendait son bilan après cent jours d’exercice, il a demandé mille jours. Au terme des mille jours, il déclare que rien n’a fonctionné comme il l’espérait, qu’il avait une mauvaise nouvelle à livrer aux Ivoiriens : les fonctionnaires ne percevront pas leur salaire de décembre… Affirmant que Ouattara a accentué la fracture sociale et la misère des Ivoiriens, Notre Voie dit qu’il faut s’inquiéter d’une nouvelle candidature de Ouattara. Cette volonté du chef de l’État de briguer un second mandat est, en croire L’Intelligent d’Abidjan, une réponse sur son état de santé. « Ouattara met fin à tous les doutes sur sa santé », écrit-il. Il affirme qu’il ne peut pas vouloir diriger la Côte d ‘Ivoire, s’il se sentait physiquement diminué. Par ailleurs, Le Nouveau Réveil nous apprend que Ouattara a évoqué la question du transfèrement de Simone Gbagbo à La Haye en affirmant qu’il attend les recommandations de la justice ivoirienne qui « est en train d’examiner la question parce qu’un certain nombre de poursuites ont été engagées contre elle au plan national ».

Elections locales

Hier, Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Électorale Indépendante (CEI), a fait le bilan des élections locales. Après les élections de 2010, 2011 et 2013 qu’il a organisées pour boucler le cycle électoral, il dira : « le chemin a été long et parsemé d’embûches quelquefois », rapporte Fraternité Matin. Mais, selon Youssouf Bakayoko, les violences survenues au cours des dernières élections « n’ont pas altéré la transparence et la sincérité du vote ». Il a relevé que trois communes n’ont pas connu leurs résultats parce le scrutin ne s’est pas normalement déroulé. Quant aux plaintes de fraudes et violences, il a indiqué que « ce sont les comportements de mauvais perdants », nous dit L’Intelligent d’Abidjan. Devant ces violences post-électorales, Nord-Sud Quotidien écrit : « RDR-PDCI, arrêtez votre comédie ». Tous ces plaignants et fauteurs de troubles, il les qualifie de pseudo démocrates. Car, comme l’a dit Almamy Diaby, responsable d’une ONG qui a observé les élections, les candidats « étaient tous dans une posture guerrière. Ils ont tous tenu des propos guerriers durant la campagne, oubliant de dire à leurs partisans que dans une élection, il y a un gagnant et un perdant ». Et au vice-président de la CEI, Yacouba Doumbia, de livrer que « ce spectacle qui nous a été donné de voir est triste, désespérant, inacceptable et indigne de la démocratie et d’un État de droit », rapporte le journal.

Situation sécuritaire et judiciaire

A en croire L’inter, l’ONU a critiqué, dans son dernier rapport, l’appareil judiciaire et sécuritaire ivoirien. Par exemple, elle dira que « le système pénitentiaire national ne dispose ni d’une législation appropriée, ni d’une structure organisationnelle adaptée, ni d’infrastructures adaptées » et relèvera « l’insuffisance des capacités et le manque de formation des agents des services des enquêtes criminelles de la Police, de la Gendarmerie, l’insuffisance des ressources financières, la mauvaise gestion, le manque d’indépendance des Institutions, le sentiment d’impunité, etc… ». Des experts de l’ONU ont aussi accusé des chefs militaires de l’ex-rébellion, aujourd’hui dans l’armée régulière, de trafics illicites, révèle Le Nouveau Courrier. De Reuters, il rapporte que, selon les experts onusiens, « l’administration ivoirienne a progressivement intégré d’anciens commandants rebelles dans les forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités économiques et leurs méthodes de prédateurs te de chefs de guerre ». C’est pourquoi, à la Une, le journal a titré : « Wattao, Chérif, Vetcho, Fofié, Zakaria : tous des trafiquants ! ». Ce trafic concerne l’or, le diamant, le bois de teck et le cacao. « Pour la saison 2011-2012, la contrebande de cacao a atteint 152 mille tonnes, ce qui représente une perte de 76 millions de dollars », ont écrit les experts. Le Quotidien d’Abidjan révèle qu’au sujet de la nomination des ex-chefs de guerre, le juriste Zorro Bi Ballo, Directeur général de l’agence de la francophonie en Côte d’Ivoire, a déclaré que : « il n’est pas normal de nommer à des postes de responsabilités des gens soupçonnés de crimes de guerre ».

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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