Crise post-électorale

La Côte d'Ivoire à l'heure du repenti et du pardon


06/07/2013
Bonjour chers amis de linfodrome.com. Soyez les bienvenus sur votre site préféré d’informations. Ce samedi 6 juillet 2013, la revue de presse vous propose les coulisses de la visite du chef de l’État au nord et le mea-culpa de l’artiste Meiway. Bonne lecture à tous !

Visite de Ouattara au nord

La tournée du Président Alassane Ouattara a franchi l’étape de Kong, hier. A Kong, il était chez lui selon Le Patriote qui titre : « sur ses terres à Kong, le petit-fils de Sékou Ouattara comme un empereur ». L’entrée de Ouattara à Kong dans ses habits de Président de Côte d’Ivoire fut un moment historique et pathétique. Et les populations n’ont pas boudé leur plaisir. Quand à 12h, le chef de l’État est annoncé, « l’hystérie s’empare de l’immense foule réunie au stade de la ville. Les cris de joie, des pleurs et des larmes fusent. L’émotion est à son comble quand le chef de l’État descend de son véhicule de commandement pour prendre un bain de foule… », narre le journal. Et L’Expression d’ajouter que « 2 ans après son accession au pouvoir, Kong fait des révélations sur le destin de Ouattara ». En effet, lors de son adresse, le député Diomandé Abdoulaye, porte-parole de la population a révélé que « la destruction de Kong de même que sa renaissance avaient été prédites. Avec à la clé, l’avènement d’un fils dont la renommée dépassera les frontières de l’Afrique avait été prédit par nos ancêtres. L’homme providentiel longtemps annoncé est bel et bien vous, monsieur le Président de la République », a-t-il dit. La présence du chef de l’État au nord est bien plus qu’une visite d’État. Il est en campagne pour la présidentielle 2015, fait savoir Le Mandat, qui affirme que pour cette présidentielle, « Ouattara a déjà verrouillé le nord ». Grâce à la construction d’infrastructures économiques (routes, électricité, eau courante) et, en face, les soins gratuits, la distribution de vivres et non vivres, de médicaments que fait son épouse, Dominique Ouattara, qui ont séduit les populations. Mieux, pour ramener le cœur de tous à lui, Alassane Ouattara a recommandé aux élus RDR et chefs traditionnels de partager, car « la politique, c’est le partage », leur a-t-il dit.

Coulisses de la visite

A la Une de L’inter et d’autres quotidiens on lit : « les parents de Gbagbo chez Ouattara à Kong, hier ». Mais que sont-ils allés faire ? Ils renseignent que le chef central de Gagnoa, ville natale de Laurent Gbagbo, celui de Guibéroua d’où est originaire la mère de l’ex-président, ainsi que d’autres chefs et roi tel que celui de Bolé, la ville natale du Président ghanéen John Dramani, étaient présents à Kong, à l’invitation du roi de ce royaume. Très touché par ce fait, le chef de l’État n’a pu dire autre chose que « merci », fait savoir le journal. Devant ce parterre d’invités, Kong a délivré un message de réconciliation, informe Fraternité Matin. « Nous populations de Kong, très solennellement, demandons pardon à tous et les invitons à la table des nouveaux défis, ceux de la fraternité, de la cohésion, de paix et du développement », a déclaré leur porte-parole. A en croire Nord-Sud Quotidien, le chef de l’État a appuyé les propos du député en demandant à la population de Kong de pardonner. « C’est le lieu de demander à chacun de vous, malgré les souffrances qui ont été les vôtres de pardonner », et d’ajouter « je viens vous dire que notre pays a besoin de paix ; le pardon contribue à la paix ; la justice contribue à la paix. C’est important que nous soyons réconciliés et que nous puissions nous donner la main à chacun afin que le pays aille de l’avant… ». Malheureusement, Soir Info relève que des morts et des blessés graves, ont été annoncés dans la sécurité de Ouattara. Il s’agit des éléments de la Force Spéciale, le Groupe de Sécurité Présidentielle (GSPR), suite à un accident de la circulation à Korhogo, dans lequel deux d’entre eux ont trouvé la mort.

Activités autour de Gbagbo et arrestation de Koua Justin

Les pro-Gbagbo ne démordent dans leur objectif de voir leur président libéré. Dans leur offensive, ils ont été reçus au Sénat américain. C’était le mercredi 3 juillet dernier. La délégation du Cri- Panafricain conduite par son président Abel Naki a échangé avec le directeur de cabinet du Sénateur de l’Oklahoma. ils ont discuté sur la stratégie à adopter pour une collaboration en vue de l’élaboration d’un plan commun pour la libération de Laurent Gbagbo, rapporte Le Temps. De son côté, Notre Voie fait savoir que Meiway, l’artiste-chanteur ivoirien, mondialement connu, demande que Gbagbo soit libéré. Présent à La Haye pour soutenir la mobilisation des pro-Gbagbo, il a confié à une radio hollandaise que « les pro-Gbagbo me détestent. On a tous perdu des parents. J’ai des oncles et des neveux qui sont morts. Mais je ne suis pas le seul… Il fallait réagir (…) J’ai pris position, c’est un devoir de citoyen. Maintenant l’artiste peut le regretter. Parce que l’artiste dans ce cas divise son fan club. Si j’ai heurté des sensibilités, je le regrette. On est dans une période de réconciliation, il faut penser à la paix… », t-il avoué. Puis de continuer « Aujourd’hui, tous les interlocuteurs sont en prison, on ne peut pas se réconcilier. On peut penser à la paix. Mais penser à la réconciliation pour le moment, c’est difficile tant que Gbagbo Laurent est à La Haye ». Et de conclure « donc, que certains paient et que d’autres soient en liberté, c’est toujours une injustice sur terre ». Concernant le leader de la jeunesse du parti de Gbagbo, incarcéré, un agent de la DST confesse : « Nous avons torturé Koua Justin », lit-on à la Une de le Courrier d’Abidjan. Selon cet agent, « l’arrestation était plus une volonté personnelle que politique, comme on tente de faire croire ». Il a accusé le ministre de l’Intérieur d’en être l’instigateur. Comme torture, il a révélé que Koua a passé ses trois jours de détention dans un conteneur à température hivernale, sans vêtements, n’a ni mangé ni bu pendant ces trois jours, est passé à la chaise électrique. Tout ceci pour pouvoir lui soutirer des aveux.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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