Rapprochement pouvoir – opposition :

Ouattara et Bédié préparent le grand ménage : Mabri, Blé Goudé, Affoussiata Bamba...réagissent ; Ce que les Ivoiriens demandent

Revue de presse
Publié le Source : Linfodrome
ouattara-et-bedie-preparent-le-grand-menage-mabri-ble-goude-affoussiata-bamba-reagissent-ce-que-les-ivoiriens-demandent Après la rencontre avec Ouattara, Bédié va-t-il enterrer son CNT? (Ph: DR)

La presse ivoirienne dans sa livraison de ce vendredi 13 novembre 2020 a mis un accent particulier sur le dialogue politique entre le pouvoir et l'opposition en vue de la consolidation de la paix en Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire vient de tourner une autre page noire de son histoire avec les violences enregistrées à l'issue de l'élection présidentielle du 31 octobre 2020. En effet, suite au rapprochement entre le pouvoir, incarné par le président Alassane Ouattara et l'opposition, incarnée par l'ex-président Henri Konan Bédié, un « grand vent de paix va souffler sur la Côte d'Ivoire », écris dans ses colonnes le quotidien Le Matin qui barre à sa Une : « Ouattara et Dédié préparent le grand ménage ». Ce confrère annonce d'importants engagements pris pour consolider la réconciliation nationale et évoque ce qui est envisagé pour le cas Gbagbo. Selon le quotidien Le Matin, « le patron du Pdci (Henri Konan Bédié, Ndlr), pourrait être autorisé à quitter sa résidence d'Abidjan pour se rendre à Daoukro, où il devrait lancer des appels à l'apaisement et inviter les communautés à tourner le dos résolument à la violence ». Le quotidien Le Matin poursuit que « le président Alassane Ouattara serait tout à fait disposé à ouvrir certains dossiers sensibles qui enrhument la réconciliation véritable. Il en va ainsi du cas Laurent Gbagbo. Selon des confidences dignes de foi, Alassane Ouattara serait favorable au retour de l'ancien président (Laurent Gbagbo, Ndlr) en Côte d'Ivoire. Il attendrait ainsi que le dossier soit bouclé au niveau de la Cpi (Cour pénale internationale) où l'affaire est en appel pour prendre certaines initiatives et mesures, afin de faciliter ce retour », écris le confrère.

Si la rencontre Ouattara – Bédié est saluée par plusieurs leaders politiques et plateformes, ce n'est pas le cas pour d'autres leaders de l'opposition à savoir : Mabri Toikeusse, Blé Goudé, Affoussiata-Bamba, Éric Kahé. Selon le quotidien L'inter, le président de l'Udpci, Mabri Toikeusse, depuis sa cachette, indique dans un communiqué que : « En prenant le temps d'une préparation consensuelle des rendez-vous politiques de ces dernières semaines, on aurait évité tant de sang coulé et redonner à la Côte d'Ivoire son âme de pays de la vraie fraternité, modèle d'espérance pour l'humanité ». Le président du conseil régional du Tonkpi pose 6 conditions « minimales » et « préalables » à un dialogue constructif. L'ancien leader des jeunes patriotes, Blé Goudé, réclame quant à Lui, lors du débat de fond, un dialogue national « inclusif » que le Cojep et Lui n'ont cessé d'appeler de tous leurs vœux. Il a aussi remis sur la table, la question du retour des exilés, avec à leur tête, l'ancien chef d'État, Laurent Gbagbo, l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro et l'ex-maire du Plateau, Noël Akossi Bendjo ; le refonte de la Commission électorale et du Conseil constitutionnel ainsi que l'audit de la liste électorale. De son côté, l'Aird d'Éric Kahé a indiqué qu'il n'y aura pas d'issue à la crise par la force, mais par le dialogue sous les auspices d'un facilitateur tel que l'Onu, certificatrice des élections de 2010 ayant porté Alassane Ouattara au pouvoir, et donc digne de sa confiance. Générations et peuples solidaires (Gps), mouvement présidé par Soro Guillaume, demande « le strict respect de la Constitution du 8 novembre 2016 en son article 55 ».

Suite à la rencontre Ouattara – Bédié, le quotidien Le Patriote barre à sa Une : « Les Ivoiriens saluent les retrouvailles ». Quant au quotidien Le Jour Plus, il souligne à sa Une : « Ce que les Ivoiriens demandent à Ouattara ». Le Patriote a donné la parole aux populations de Bouaké, du Tonkpi, de Daloa, d'Abengourou qui apprécient la démarche du pouvoir et de l'opposition. Avec le Jour Plus, les Ivoiriens ont également exprimé leurs attentes des deux hommes politiques, à savoir Ouattara et Bédié.

Après la rencontre avec Ouattara, « Bédié va-t-il enterrer son CNT (Conseil national de transition) ? », s'interroge le quotidien L'Expression. Selon ce confrère, la rencontre entre Ouattara et Bédié laisse croire que le leader de l'opposition a décidé de s'inscrire dans « l'ordre constitutionnel ».

Irène BATH