L'Oms craint une résurgence de la Covid-19 dans de nombreux pays africains et appelle à la solidarité

Santé
Publié le Source : Linfodrome
l-oms-craint-une-resurgence-de-la-covid-19-dans-de-nombreux-pays-africains-et-appelle-a-la-solidarite L'Afrique redoute une 3ème vague de Covid-19. (Ph : DR)

L'Organisation mondiale de la santé (Oms), dans un communiqué dont Linfodrome a reçu copie, jeudi 3 juin 2021, évoque le risque d'une forte hausse des cas de Covid-19 dans les pays africains du fait « d'arrêt presque total des livraisons de vaccins au continent ». L'Oms appelle de ce fait les pays africains à stimuler en urgence leurs capacités de soins intensifs pour éviter que les structures sanitaires ne soient débordées.

L'Oms note qu'au cours des deux dernières semaines, l’Afrique a enregistré une hausse de 20 % des nouveaux cas de Covid-19, en comparaison avec la quinzaine précédente. La pandémie progresse dans 14 pays et, au cours de la seule semaine précédente, huit pays ont observé une augmentation subite de plus de 30 % du nombre de nouveaux cas. L’Afrique du Sud enregistre une hausse soutenue et l’Ouganda a vu le nombre de cas Covid-19 bondir de 131 % d’une semaine sur l’autre avec des foyers d’infections dans les écoles, une hausse de cas parmi le personnel de santé et des centres d’isolement et des unités de soins intensifs qui se remplissent. L’Angola et la Namibie observent également une résurgence du nombre de cas.

Cette augmentation des cas, selon la même source, survient alors que les expéditions de vaccins contre la Covid-19 continuent de se raréfier. Le Burkina Faso a reçu cette semaine 115 000 doses fournies par le Mécanisme Covax. De leur côté, le Rwanda et le Togo ont chacun reçu environ 100 000 doses du vaccin Pfizer. Près de 20 pays africains ont utilisé jusqu’aux deux tiers de leurs doses. Le Mécanisme Covax mène des discussions avec plusieurs fabricants, ainsi qu’avec des pays qui ont déjà vacciné leurs groupes à haut risque afin qu’ils partagent des doses.

Tout cela fait peser, selon Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms, la menace d’une troisième de Covid-19. Face à cette situation, Dr Moeti a indiqué que la priorité est de vacciner les Africains les plus exposés au risque de tomber gravement malade et de mourir de la Covid-19. « Alors que de nombreux pays en-dehors de l’Afrique ont désormais vacciné leurs groupes à haut risque et sont même en mesure d’envisager de vacciner leurs enfants, les pays africains ne peuvent pas administrer les deuxièmes doses à leurs groupes à haut risque. J’appelle les pays qui ont atteint une couverture vaccinale significative à rendre des doses disponibles et à faire en sorte que les Africains vulnérables n’aient pas besoin de soins intensifs », a plaidé Dr Matshidiso Moeti.

Au total, 48,6 millions de doses ont été reçues et 31,4 millions de doses ont été administrées dans 50 pays. En Afrique, environ 2 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19, alors que 24 % de la population mondiale a été vaccinée.

Une enquête de l’Oms menée en mai montre que dans beaucoup de pays africains, les équipements et le personnel de santé essentiels requis pour prendre en charge les patients gravement malades de la Covid-19 sont largement insuffisants pour répondre aux besoins.

Dr Moeti s’est exprimée lors d’une conférence de presse virtuelle animée par Apo Group. Elle a été rejointe par le professeur Daye Ka, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, membre du groupe de gestion de la Covid-19, pilier traitement, du Sénégal ; ainsi que le Dr Norbert Ndjeka, Directeur de la Section Tuberculose résistante aux médicaments, Tuberculose & VIH, au ministère de la Santé de l’Afrique du Sud. Étaient également présents pour répondre aux questions des journalistes, Dr Richard Mihigo, coordonnateur du programme Vaccination et mise au point des vaccins au Bureau régional de l’Oms pour l’Afrique, ainsi que Dr Thierno Balde, chef de l’équipe de partenariats opérationnels au Bureau régional de l’Oms pour l’Afrique.

Un respect très limité des mesures préventives, une augmentation des déplacements et des interactions sociales, de même que l’arrivée de l’hiver en Afrique australe, ont accru, faut-il le noter, le risque d’une résurgence de la Covid-19 dans de nombreux pays.

Irène BATH