Réhabilitation de formations sanitaires

Santé/ Soumahoro Adama ( DG de MedAfrique) : «  C’est la première fois que nous avons un scanner installé dans un hôpital général »

Santé
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
sante-soumahoro-adama-dg-de-medafrique-c-est-la-premiere-fois-que-nous-avons-un-scanner-installe-dans-un-hopital-general Soumahoro Adama a souligné la qualité des équipements.

Soumahoro Adama est le Directeur général (Dg) de MedAfrique, entreprise filiale du Groupe Snedai qui s’occupe de la réhabilitation, la rénovation et l’extension avec équipement de huit (8) formations sanitaires en Côte d’Ivoire. Dans cet entretien réalisé le vendredi 23 juillet 2021, au siège du groupe Snedai, à la Cocody évoque, entre autres la qualité du plateau technique installé dans les hôpitaux généraux rénovés.

Comment s’est fait l’attribution du marché à MedAfrique par l’État ivoirien ?

MedAfrique au départ, est une société de projets parce que suite à un appel d’offres qui a été lancé par l’État de Côte d’Ivoire pour la réhabilitation, la rénovation et l’extension avec équipement de huit (8) formations sanitaires en Côte d’Ivoire (à savoir, les hôpitaux généraux de Grand-Bassam, d’Abobo Nord, d’Abobo Sud, d’Adjamé et de Yopougon et les Centres hospitaliers régionaux (Chr) de Yamoussoukro, de Korhogo et de Daloa,) Marylis Btp a été déclaré adjudicatrice. C’était un appel d’offres restreint entre Marylis Btp dont le partenaire technique était SIEMENS et ELSMED et le groupe Bouygues dont le partenaire technique était Général Electric, une société américaine. Marylis Btp a gagné l’appel d’offres et le contrat qui devrait être signé demandait à l’entreprise adjudicatrice de créer une société projet dédiée exclusivement à la réalisation des travaux. C’est ainsi donc que MedAfrique qui a été créée est une société filiale du groupe Snedai au même titre que Marylis Btp pour signer le contrat avec l’État pour ce projet et réaliser les travaux avec pour partenaire technique, en terme d’infrastructures, Marylis Btp, pour l’activité principale et pour les équipements SIEMENS et ELSMED.


Quel bilan faites-vous de la première phase des travaux de réhabilitation et de rénovation des hôpitaux publics ?

Il faut préciser que dans un premier temps, le contrat initialement signé n’était pas prévu en phasage. Donc, c’était huit (8) hôpitaux qu’il fallait réhabiliter en huit (8) mois. Et lorsque le contrat a été signé que nous nous sommes rendus sur le terrain, nous nous sommes rendus compte que fermer huit (8) hôpitaux dans le tableau sanitaire en Côte d’Ivoire allait créer un déséquilibre. Il fallait donc concevoir un plan de continuité de service. Ce qui a nécessité de réaliser le projet en plusieurs phases. Et secundo, il n’avait pas été pris en compte le volet mis aux normes et l’amélioration du circuit du bassin. Donc le projet a été suspendu pendant 6 à 8 mois avant de prendre en compte tous ces aspects pour qu’on puisse le relancer avec un site pilote qui était celui d’Abobo-Nord. Cet hôpital a été entièrement fermé et les 7 autres hôpitaux concernés par le projet ont été mis en phasage, sachant qu’une phase, au bas mot, c’est huit mois. Donc, du coup, nous avons réalisé le projet en deux phases. Mais, comme pour le site pilote Abobo nord qui était en une seule phase.

Aujourd’hui, il faut dire que le site Abobo nord est entièrement achevé, une seule phase, la totalité de l’Hôpital et cinq autres hôpitaux comme Daloa, c’est la première fois que nous avons un scanner installé dans un hôpital général, fait l’objet d’achèvement de première phase. Il s’agit de Grand Bassam, de Korhogo, de Yamoussoukro, d’Adjamé et de Daloa.

Il va rester Abobo Sud qui va être traité en une seule phase comme Abobo nord.

En réalité, le site d’Abobo n’est pas une rénovation mais une construction d’un hôpital neuf. Donc l’hôpital a été rasé à 90 % avant d’être complètement reconstruite.


En quoi a consisté la première phase ?

En réalité, les phases en terme de contenu sont identiques. Sauf que sur les hôpitaux, on sélectionne des bâtiments qui peuvent être traités sans suspendre l’activité de l’hôpital. Avec la collaboration des directeurs des hôpitaux, on choisi les bâtiments qu’on traite. Les premières phases ont consisté à traiter un certain nombre de bâtiments. Il s’agissait de faire une réhabilitation en profondeur, c’est à dire décoiffer, enlever les plafonds, réorganiser le fonctionnement de ces bâtiments et les adapter aux équipements ultra-modernes acquis dans le cadre de ce projet parce que ces équipements ne pouvaient pas s’installer dans l’environnement qui existait auparavant. Donc, le travail a consisté au corps d’état technique architecturaux et corps d’état technique spécifique (électricité et climatisation), l’informatisation et la lutte contre les incendies.


Relativement au plateau technique, en faisant une étude comparative de ce qui existait et ce qui a été aujourd’hui fait, dans le cadre de la rénovation de ces structures sanitaires, quels commentaires faites-vous?

Les meilleurs éléments en terme de plateau technique dans les formations sanitaires sont des éléments de diagnostique. Je veux parler des laboratoires, des imageries. Je prends simplement l’exemple d’Abobo nord où la radio fonctionnait difficilement à l’hôpital général.

A ce jour, non seulement l’hôpital dispose d’une radio numérique, mais aussi un scanner. J’allais dire, si je ne m’abuse, que c’est la première fois que nous avons un scanner installé dans un hôpital général. Je parle aussi de tout ce qui est soins de la tête, il a été installé une radio panoramique à Abobo nord et à Grand-Bassam, tous les fauteuils dentaires qui ont été installés sont accompagnés de radios dentaires, et tout l’exploration fonctionnelle en terme de gastro-entérologie.

Les hôpitaux qui ont été traités disposent de colonnes d’endoscopie supérieurs et inférieures. Il y a aussi les spécialités cardiaques qui ont été installées.

Il faut dire qu’aujourd’hui ce sont des hôpitaux qui peuvent traiter des cas qui étaient à un moment donné de la Côte d’Ivoire réservés au Centre hospitalier universitaires (Chu).

Avec tous ces équipements acquis dans le cadre de ce projet, un plan de suivi a-t-il été prévu ?

Je pense que c’est l’une des innovations de ce projet et c’est aussi l’un des éléments en terme d’offres techniques que MedAfrique apporte. Ce projet demande à MedAfrique une formation à l’utilisation et à la maintenance, un renouvellement des équipements et un suivi de la maintenance sur sept (7) ans.

Cette durée permettra d’avoir des hôpitaux qui auront un fonctionnement continu mais aussi aider au changement des comportements des utilisateurs. Sur une période de sept (7) ans, on insuffle la rigueur, une certaine formation à la maintenance de ces équipements, des hôpitaux à un fonctionnement continu, suspendre les pannes récurrents sur les équipements, les insuffisances de consommables, etc., je pense que cela peut apporter un changement de comportement qui permettra au système sanitaire de Côte d’Ivoire d’avoir un nouveau souffle, et de n’avoir rien à envier au niveau mondial.


Combien cela va-t-il coûter aux patients?

Le projet a été lancé pour renforcer et mettre en place la Couverture maladie universelle (Cmu) de telle sorte qu’en terme de coût, il coûtera moins cher que ce qui existe auparavant. En d’autres termes, c’est que l’hôpital a été lancé et le déploiement de la Cmu va suivre. Dès l’instant où ce déploiement sera fait, ça sera encore plus aisé de se soigner en bénéficiant d’une assurance.


Quel est le montant total alloué par l’État ivoirien dans la réhabilitation de ces hôpitaux et combien avez vous déjà investi pour cette première phase ?

Je voudrais préciser que le mode de financement établi dit que la société lève les fonds pour réaliser les travaux, et un plan de remboursement est établi avec l’État de Côte d’Ivoire. Et c’est un programme qui s’inscrit dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, et son gouvernement, dont l’objectif est de renforcer le système sanitaire en Côte d’Ivoire.

Le projet global était estimé, il y a deux ans, à 800 milliards de F Cfa. Mais la section que nous avons concernant les huit hôpitaux, tournerait autour de 60 milliards de F Cfa. Mais, au fur et à mesure que les problèmes se posent et que les difficultés sont sur le terrain, ce sont des coûts qui sont sujets à révision. Donc aujourd’hui, avec précision, c’est ce que je peux dire.

Mais, je pense que d’autres précisions pourraient être apportées au fur à mesure de l’avancement des travaux. Parce qu’en terme de rénovation, les surprises sont légions. On arrive par exemple sur des bâtiments qui sont prévues pour en simple rénovation et lorsqu’on les retouche, on se rend compte qu’en réalité, aucune conception n’avait été faite au départ. Il arrivait même que certains bâtiments se sont écroulés, donc les coûts sont révisés en fonction.


A quand la 2e phase des travaux après la fin de cette première phase et cette seconde phase sera-t-elle identique à la première ?


La 2e phase n’est pas identique à la première. Il y a des exceptions de similarité parce que dans le projet initial, il y a des bâtiments qui n’avaient pas encore été touchés, pour permettre la continuité des services médicaux. Mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, le projet a été révisé parce que le circuit du patient et les volets rénovation ont été pris en compte. Pour cela, il a fallu intégrer un concept créer par MedAfrique ‘’le concept des noyaux chauds’’. Il consiste, sur chaque hôpital, à réaliser des blocs qui comprennent un service d’urgence, un service d’exploration d’imagerie médical, un laboratoire et une chirurgie pour permettre, dans un premier temps, de prendre en charge le patient qui arrive et le diriger sans qu’il ait à se promener, dans l’hôpital à la recherche des services qui sont nécessaires à sa prise en charge.

A la 2e phase, il s’agira de compléter le contrat initial en réhabilitant les bâtiments qui n’ont pas être touchés lors de la 1re phase et dans certains des hôpitaux, de réaliser les noyaux chauds nécessaires pour que la prise en charge de la composante mis aux normes et amélioration du circuit du patient puisse être prise en charge. Ce noyau chaud concerne principalement Grand-Bassam, Adjamé, Yopougon et Daloa.

A Yamoussoukro et à Korhogo, ce sont des Chr qui sont suffisamment fournis en terme de bâtiments, et suffisamment structurés pour que ce process soit implémenté.


Quels sont le services concernés par cette seconde phase ?

Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas systématiquement identique dans chacun des hôpitaux. Ce sont les contraintes de chaque hôpital qui permettait de mettre à disposition ou non certains bâtiments. Dans la plupart des hôpitaux, nous allons insister sur le volet mère-enfant que nous avons réhabilité dans un premier temps. Et ensuite, ce sera tous les services qui n’ont pas été touchés à l’instar de la chirurgie, médecine générale, hospitalisation…

Sinon, pour les hôpitaux déjà mis en service, principalement les services mère-enfant, avec toute la chirurgie qui va avec et les spécialités telles la cardiologie, dermatologie, les soins de la tête, les fauteuils dentaires.


Réhabilitation et gestion durant 7 ans, mode de financement privée, s’agit -il d’une privatisation des hôpitaux publics de Côte d’Ivoire ?

Non, ce n’est pas une privatisation. C’est un marché dont le financement a été levé par MedAfrique mais ce n’est pas une privatisation. Les remboursements se font sur le budget de l’État, non pas sur les recettes de l’hôpital. Les hôpitaux restent public et j’allais vous dire qu’à l’issue des rénovations qui sont tellement souvent bien faites, les populations ont souvent peur d’aller se faire soigner là bas parce que c’est trop propre. A telle enseigne que nous avons du mal à faire la sensibilisation. Nous avons vécu ce cas à Abobo nord. Il a fallu faire des efforts pour inciter les populations à fréquenter leur centre de santé qui reste le même hôpital avec un plateau technique et des infrastructures améliorés.

Ce projet a permis à MedAfrique de s’orienter vers une expertise qui est reconnue aujourd’hui sur le plan international parce que nous avons gagné aussi un appel d’offres au Mali que nous sommes en train de faire. Et aujourd’hui aussi nous avons gagné un appel d’offres en Guinée sur financement de la coopération italienne avec un avis de non objection. Ce qui fait qu’aujourd’hui, l’expertise de MedAfrique est reconnue sur le plan national et sur le plan international. C’est le lieu pour moi de remercier tous les partenaires qui accompagnent MedAfrique et particulièrement le groupe ResMed et Seamen’S et l’État de Côte d’Ivoire qui nous a permis d’avoir cette expertise.


Propos recueillis par Jonas BAIKEH