Prise en charge de l’hépatite : Yoman Yao Boniface (Sos hépatite) et le Cepref plaident pour une subvention

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prise-en-charge-de-l-hepatite-yoman-yao-boniface-sos-hepatite-et-le-cepref-plaident-pour-une-subvention Yoman Yao Boniface, président de Sos hépatite (PhDr).
Santé

Le président de l’ONG SOS Hépatite Côte d’Ivoire, Yoman Yao Boniface a, au cours d’un entretien, exposé les difficultés et l’évolution de cette maladie dans notre pays.

Le coût excessif de la prise en charge de l’hépatite virale donne lieu à un fort taux d’abandon. Un taux d’abandon de 57%. Dans cet entretien, le président de l’Ong, Yoman Yao Boniface met en évidence la réalité de cette maladie en Côte d’Ivoire. Il travaille en collaboration avec le centre de prise en charge, de recherche et de formation (Cepref).

Vous êtes installés aujourd’hui à la PMI de Yopougon, au sein de CEPREF. Alors, pouvez-vous nous en dire plus en ce qui concerne votre collaboration ?

Il faut dire que SOS Hépatite Côte d'Ivoire est une ONG qui est engagée dans la lutte contre les hépatites virales. C’est donc une ONG de santé, la collaboration avec le CEPREF est effective depuis le 26 janvier 2021, pour la prise en charge de l’hépatite virale au niveau du CEPREF qui est spécialisé dans la prise en charge du VIH/SIDA.

Pour ce qui est de la prise en charge des patients, quel bilan faites-vous aujourd’hui ?

En ce qui concerne l’hépatite B nous sommes à 278 patients et en ce qui concerne l’hépatite C nous sommes à 15 patients.

Il faut dire qu’il y a des patients qui viennent pour des examens et qui vont chez les médecins suivre un traitement ailleurs.

Parlant de votre ONG, quel est son fonctionnement ?

La caractéristique principale de notre ONG c’est d’avoir réussi à mettre en place un processus de prise en charge total des patients, c’est-à-dire : la consultation, les examens, les médicaments à moindre coût, c’est-à-dire au profil des patients.

la technique que nous avons mise en place a été de mettre sur pied une prise en charge intégrée

L’hépatite virale, la prise en charge est très chère, il y a un taux d’abandon qui tourne autour de 57% dont les patients n’arrivent pas à se traiter. Donc la technique que nous avons mise en place a été de mettre sur pied une prise en charge intégrée pour que les patients puissent dans tous les cas se soigner.

« Les coûts des médicaments et de la charge virale sont les suivants :

⁕ Hépatite B : – 1 – Tenovir 300 mg tablet : 3500 F CFA, au CePReF, au lieu de 4175 F CFA en pharmacie ; – 2 – Teno –alfa 25 mg tablet : 11 500 F CFA, au CePReF, au lieu de 13 815 FCFA en pharmacie. - 3 - Examen de la charge virale (PCR VHB quantitatif) 20 000 F CFA, au CePReF, au lieu de plus de 25 000 F CFA dans les laboratoires publics, parapublics ou privés.

⁕ Hépatite C – Sofo –Vel 400 mg / 100 mg tablet : 115 000 F CFA, au lieu de 163 520 F CFA en pharmacie. Tous les patients, où qu’ils se trouvent et sans exception, sont concernés par cette mesure. 

De quoi dispose le centre ?

Le CEPREF est un centre mondialement connu dans la prise en charge du VIH/SIDA. Il y a par exemple un médicament qu’on appelle cotrimosazole, c’est au niveau du CEPREF que l’expérience a été faite et a été validé par l’OMS, c’est un centre de référence et au niveau de SOS l’Hépatite Côte d’Ivoire, nous avons la formation des médecins.

Au CEPREF nous avons une pharmacie et un laboratoire qui dispensent les médicaments et les examens à des coûts vraiment réduits.

Est-ce que vous êtes satisfait du taux de fréquentation du centre ?

Non, car la prévalence de l’hépatite B est entre 12% et 13%, pour l’hépatite C, il est de 3%. Le Centre est ouvert à tous les patients.

Le virus de l’hépatite B est 100% plus infectieux que celui du VIH. Or ici au CEPREF, les patients atteints du VIH sont totalement pris en charge, des examens aux médicaments.

Existe-t-il un vaccin contre l’hépatite ?

Oui, le vaccin de l’hépatite se fait en trois doses sans rappel. Mais il faut d’abord se faire dépister.

Quel appel lancez-vous aux autorités publiques et privées ?

La première des choses, nous souhaitons une subvention pour la prise en charge gratuite et totale des patients atteints de l’hépatite B et C. Nous avons besoin de plus d’appareils pour les analyses biologiques.

À l’endroit de la population, j’insiste sur ce fait :  il faut se faire dépister. Car, très vite dépisté, mieux vous vous mettez à l’abri de toute contamination et surtout d’être traité à moindre coût au CEPREF.