Côte d’Ivoire : Les résultats d'une étude sur la santé maternelle et reproductive, presentés

Publié le Modifié le
cote-d-ivoire-les-resultats-d-une-etude-sur-la-sante-maternelle-et-reproductive-presentes docteur Charity Binka, directrice exécutive de Women, média and Change (WOMEC)
Santé

Les résultats de l’étude sur la santé maternelle et reproductive en Côte d’Ivoire ont été rendus publics, jeudi 16 juin dernier, lors d’un ateliers de formation organisé à l’attention des journalistes.

A l’initiative de ce projet, la plate-forme des femmes, des médias et du changement (WOMEC), une organisation basée au Ghana dont le combat vise à amener les décideurs à prendre des décisions en vue de l’amélioration de la qualité des soins donnés aux femmes, nouveau-nés, adolescents etc. dans les structures sanitaires de la sous-région ouest-africaine.  

Un tableau peu reluisant

L’étude menée s’inscrit dans le cadre du projet « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents (WNCAW) en Afrique de l'Ouest». L’enquête menée par l’Alliance pour les Droits de Santé reproductifs, au travers de l’Association Ivoirienne de Santé Publique (AISP) a permis d’ évaluer la qualité des soins de santé dans certaines communautés en exploitant les expériences des patientes dans les centres de santé, notamment dans les district sanitaire de Cocody-Bingerville et Adjamé-Plateau-Attécoubé en Côte d’Ivoire.  L’ analyse des résultats met en exergue un tableau peu reluisant tant au niveau de l’accessibilité aux soins, l’abordabilité que de la qualité des services dans plusieurs centres de santé.

Ces résultats ont montré que dans des villages, il y a un manque criard de matériels d’intervention et  la gratuité des soins recommandée par le gouvernement n’est pas respecté.  En plus du manque de courtoisie et du coût élevé des médicaments, l'étude révèle une rupture fréquente de stock et  une lenteur au niveau des prestations de service.  L’ étude réalisée faut-il le rappeler a été  réalisée en septembre 2021 par l’Association ivoirienne de la Santé publique et dirigée par le docteur Auguste Didier Blibolo. Elle a été menée sur une population de femmes d’âge compris entre 15 et 19 ans et une autre dont l’âge est compris entre 35 et 49 ans.  

Aucune excuse ne saurait justifier le décès d’une femme à l’accouchement

En Côte d’Ivoire 614 décès sont enregistrés à l’accouchement sur 100.000 naissances soit le plus élevé  en Afrique subsaharienne. Évoquant cette situation alarmante, docteur Charity Binka, directrice exécutive de Women, média and Change, venue du Ghana, s’est indignée en ces termes : « Aucune excuse ne saurait justifier le décès d’une femme à l’accouchement, d’un enfant simplement parce que le système de santé ne répond pas au besoin des soins ».

Grâce au réseau de journalistes formés, le projet mobilisera les décideurs politiques et les tiendra responsables des engagements de la WNCAW

Pour le médecin Ghanéen, « Aucune excuse ne saurait justifier le décès d’une femme à l’accouchement ou  d’un enfant simplement parce que le système de santé ne répond pas au besoin des soins. Elle entend donc faire du bien-être de la femme, des enfants et des adolescents dans la zone subsaharienne son combat. « Notre combat vise à permettre aux décideurs d’améliorer la qualité des soins donnés aux femmes, nouveau-nés, adolescents etc. dans les structures sanitaires de la sous-région ouest-africaine», a-t-elle fait savoir.

Aussi, souhaite-elle que les journalistes fassent le leur ce combat à travers leurs productions. « Grâce au réseau de journalistes formés, le projet mobilisera les décideurs politiques et les tiendra responsables des engagements de la WNCAW et des conclusions de l’ASC dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sanitaires. Les journalistes formés sont censés écrire et diffuser des articles, des histoires en ligne, dans la presse écrite, à la télévision / radio, etc. ». Le projet WNCAW qui s’étend sur trois (3) ans est mis en œuvre au Ghana, en Sierra Leone, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Cependant, l’étude n’a pas encore été réalisée au Burkina Faso, en raison de la situation sécuritaire du pays.