Prévention du diabète : Les populations de Port-Bouët se font dépister, les chiffres interpellent

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Santé

Un laboratoire pharmaceutique, leader des médicaments génériques en France, a réalisé une campagne de dépistage des maladies cardio-métaboliques telles que l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité pour marquer ses 4 ans de présence en Côte d’Ivoire.

C’était le samedi 21 janvier 2023 dans l’enceinte du centre pilote. Cette campagne de dépistage, organisée en partenariat avec le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles du ministère de la Santé, a pour objectif de sensibiliser les patients à l’importance de la prévention des maladies cardio-métaboliques telles que l’hypertension et le diabète et à la gravité des maladies chroniques, en particulier quand ces dernières ne sont pas diagnostiquées.

Encourager  les patients à se faire depister

« Pour traiter au plus tôt le diabète et l’hypertension en Côte d’Ivoire, il est crucial d’encourager les patients à se faire dépister. Nous sommes heureux de pouvoir contribuer à développer cette pratique dans le pays, aux côtés des professionnels de santé, des instances communautaires de proximité et des autorités ivoiriennes. Nous remercions d’ailleurs ces dernières pour leur soutien durant ces quatre années, qui nous a permis de déployer une offre de soin large et accessible, au profit des patients de Côte d’Ivoire » a indiqué d’emblée le Directeur des Opérations Internationales Emmanuel Le Doeuff.

Des chiffres qui font peur

Pour sa part, le médecin diabétologue Dr Koutou Olivier a donné quelques pourcentages qui concernent spécifiquement les populations de Port-Bouët. Des chiffres qui interpellent. « Au bout de 10 consultations, nous avons déjà détecté 3 cas d’hypertension et 2 cas de diabète. La plupart des patients présentent des symptômes perceptibles qu’ils négligent et qui peuvent conduire à des complications sans traitement. Dans la commune de Port-Bouët, on estime que sur 100 personnes dépistées environ 60% sont hypertendues. Ces résultats sont un signal d’alerte sur l’importance de dépister ces maladies régulièrement afin de pouvoir les traiter le plus tôt possible.

Je souhaiterais exhorter les populations à se rendre à l’hôpital pour des examens réguliers

En cela, nous sommes ravis de prendre part à cette campagne de dépistage et de sensibilisation et remercions notamment le laboratoire Biogaran pour cette initiative salutaire. Pour terminer, je souhaiterais exhorter les populations à se rendre à l’hôpital pour des examens réguliers qui permettront de détecter ou de prévenir ces maladies » a-t-il prévenu. Le changement de comportement Devant de tels chiffres, un changement de comportement s’impose. C’est ce qui a fait savoir le médecin-cardiologue Dr Kuete.

« Je suis présent aujourd’hui pour le dépistage des maladies cardio-métaboliques, notamment l’hypertension et le diabète, qui sont des maladies assez fréquentes au sein de nos populations. Je tiens à préciser que ces maladies ne sont pas une fatalité, elles se traitent à l’aide d’un traitement médicamenteux qui doit être assorti de changements dans les habitudes alimentaires et le mode de vie. L’alcool et le tabac sont des facteurs principaux de maladies cardiovasculaires, je conseille donc fortement à la jeunesse de fuir ces comportements afin d’éviter de développer ce type de problèmes de santé » a-t-il souligné.

Des chiffres qui interpellent

Le diabète, par exemple, aurait tué plus de 415 000 personnes en Afrique en 2021. Un chiffre en croissance continue puisque, selon les projections de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de la Fédération Internationale du Diabète (FID), 55 millions de personnes seront diabétiques en 2045 en Afrique – soit une hausse de 129% par rapport à 2021. Pour ce qui est de l’hypertension artérielle, sa prévalence serait la plus élevée sur le continent africain avec un taux de 27% en 2021 selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Or, une grande partie des diabétiques ne seraient pas diagnostiqués et vivraient avec cette maladie à leur insu. On estime que 54% des diabétiques vivant en Afrique ne seraient pas diagnostiqués, la proportion la plus élevée du monde. Une situation dangereuse qui peut conduire à de nombreuses complications et à des décès prématurés.