Enquête express

Fin d'année 2013 – Début d'année 2014 : Ces commerçants qui ont abusé de la population


03/01/2014
Le prix de la nourriture a augmenté pendant les fêtes
Les fêtes de fin d'année 2013 et de nouvelle année 2014 constituent une occasion pour de nombreux commerçants de faire assez de profits. Les supermarchés, les transporteurs et les vendeurs de viande, de bétail, de volailles etc. sont en première ligne.

5000 francs Cfa ou rien. C'est le montant que les chauffeurs de taxis compteurs et autres transporteurs personnels ont imposé du 24 décembre 2013 au 2 janvier 2014 à de nombreuses personnes pour le trajet Cocody Riviera Palmeraie – Koumassi. Aucun autre arrangement n'est possible. En tout cas, les 3000 francs Cfa que les clients proposaient autrefois sont devenus insignifiants à leurs yeux. « Si vous voulez trop discuter, ils démarrent leurs véhicules et s'en vont en trombe comme si vous étiez un pestiféré», a confié le mardi 31 décembre 2013, Yéo.

A, à la Palmeraie. « Si vous avez un peu de chance, ils vous demandent s'ils peuvent mettre le compteur en marche tout en sachant qu'avec les embouteillages, aucun client normal ne va s’amuser à accepter que le compteur fonctionne. Les chauffeurs de taxis font partie des commerçants qui gagnent beaucoup pendant les fêtes. Ils s'en foutent parce que pendant que tu cherches à trop négocier, il y a quelqu'un, à côté, qui veut le prendre », a renchéri Rachel S.

Les clients de la Palmeraie ne sont pas les seuls à souffrir de ce comportement de fin d'année des transporteurs. Dans plusieurs communes d'Abidjan, il y a un effet de contagion. Ce ne sont pas les chauffeurs des taxis communaux qui diront le contraire. Surtout ceux de Cocody-Angré qui ont triplé le coût du trajet. Selon Ibrahim K, chauffeur de taxi, les transporteurs n'ont pas le choix. «C'est pendant les périodes de fêtes que nous faisons de bonnes recettes. Nous donnons l'argent de nos patrons et nous mêmes nous avons pour nous », a-t-il confié. La communauté des transporteurs n'est pas la seule à abuser de la population. Il y a aussi les vendeurs de viande, de bétail, de poulets, etc. Avec ceux-ci, vous avez la possibilité de négocier. De façon ironique, le commerçant peut sembler accepter votre prix. Mais, vous constatez que même s'il accepte votre prix, c'est pour un animal dont le poids et l'état laissent à désirer. Les prix des montons, des cabris, chèvres, etc. ont pris l’ascenseur. « Madame, il n'y a pas de mouton 50 000 francs », nous a presque éconduit un vendeur le 31 décembre 2013 à Port-Bouët. «Je peux vous donner un petit cabri à 50 000 francs », a proposé ce vendeur par la suite. Le prix avait l'air intéressant mais la vérité est que le cabri avant les fêtes n'était pas vendu à un prix excessif. Un cabri adulte était vendu à moins de 50 000 francs Cfa avant les fêtes. « Vous voulez poulet 2500 francs ? Il y en a. Il faut voir », lance Moussa en pleine opération marketing le mardi dernier à l'abattoir de Port-Bouët. Le poulet qu'il nous présente est tellement maigrichon qu'il donne l'impression d'avoir contracté une maladie des os. C'est en réalité un poussin en pleine croissance que le vendeur nous a présenté.

A peine si l'animal pouvait tenir sur ses pattes. « Vous le voyez comme ça, mais il est formé». Moussa tente de nous encourager parce que l'expression de notre visage en disait long sur notre étonnement.

La traite

L'autre poulet présenté plus tard est certes convenable avec un poids de 500 g mais il coûte 3500 francs. Prix d'une pondeuse en temps normal. La pondeuse, elle, le commerçant nous a appris que nous ne pouvions l'avoir qu'à 4500 francs. « Moi-même j'ai 200 francs seulement de bénéfice. Le transport est cher », s'est-il justifié.

Moussa n'est pas le seul à vendre le poulet à un prix élevé. Au Forum d'Adjamé, les jeunes vendeurs ambulants ont décidé de livrer leurs poulets (poulet de chair de moins de 900 grammes) qu'au prix de 3300 francs chacun. 300 francs étant leur bénéfice, selon eux.

Dans ces conditions, de nombreux braiseurs de poulets, ont préféré acheté leurs poulets chez un professionnel de volailles, à des prix variant entre 1800 francs et 4000 francs. Cependant, à cause de la fête, à la fin de leur processus culinaire, les braiseurs revendent le poulet à un prix triplé ou quadruplé, selon le quartier et la commune. Les fêtes de fin d'année 2013 et de début d'année 2014 ont vu les supermarchés (Cdci, Top Budget II-Plateaux, Sococé) bondés de monde à Abidjan. Dans le supermarché Top Budget des 2 Plateaux spécialisé dans l'alimentation et la vente de gros et demi gros, les clients ont jeté leur dévolu sur les vins. Pour la plupart, les personnes interrogées disent avoir fait le déplacement pour prendre la température de la ville. Dans leurs paniers, beaucoup de bouteilles de jus, de vin, etc.

Hermance K-N

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Code photo : viande - poulet / Photo : archives

Hermance K-N

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  • SOURCE: Soir info

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