Côte d'Ivoire

Sanctions du CNP contre des patrons de presse : une mesure à saluer


21/01/2014
Moussa Traoré, président de l'UNJCI, a été lourdement sanctionné par le CNP. Ph D.R
Le Conseil National de la Presse (CNP), dans sa décision du 20 janvier 2014, a été sans pitié pour des patrons de presse, Alafé Wakili de L'intelligent d'Abidjan et Traoré Moussa de L'Expression. Ce dernier est par ailleurs président de l'Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI).

Les deux ont écopé d'une suspension de 6 mois et du retrait de leur carte d'identité de journaliste professionnel, pour tentative de corruption. Du jamais vu dans l'histoire de la presse écrite ivoirienne. Certes des journalistes ont été sanctionnés, des quotidiens ont été frappés d'interdiction de paraître. Mais pas la suspension d'un président des journalistes.

Cette mesure qui ne s'est pas faite, certainement, de façon aisée - on peut imaginer toutes les tractations pour résoudre le problème à l'amiable étant entendu que les deux journalistes ont été auditionnés par le CNP – mérite d'être saluer. Car elle contient de quoi tempérer les ardeurs des journalistes véreux dans l'âme, qui utilisent comme une couverture leur titre pour commettre des délits dignes des gangsters, et partant assainir le milieu qui, malheureusement, est empesté de « faux types ».

Des journalistes gangsters et escrocs, qui ne vivent que de chantages et qui discréditent la corporation, la Côte d'Ivoire en a connu pleins, sans que des mesures d'envergure ne soient prises à leur encontre. Rendant la tâche difficile à ceux qui aiment le métier et qui veulent le faire avec tout le sérieux. Par sa courageuse décision, le CNP sous l'ère Raphael Lakpé démontre une fois de plus son sérieux dans le travail qui lui est confié et son engagement à oeuvrer pour le meilleur de la presse en Côte d'Ivoire.

L'an dernier, il a appelé les entreprises de presse à mettre en application la convention collective nationale de travail des journalistes, au risque de se voir fermer. Ces menaces ont conduit plusieurs patrons de presse à se conformer à ladite Convention. À cette époque, Alafé Wakili s'était illustré de la mauvaise manière en produisant des documents falsifiés. Face à l'interdiction de parution de quelques jours qu'a écopée L'Intelligent d'Abidjan, il a crié au loup, à un manque de solidarité de la part de ses pairs patrons de presse et menacé de quitter le Groupement des Éditeurs et Patrons de Presse de Côte d'Ivoire (GEPCI). Que fera t-il aujourd'hui ?

Sous le prétexte de la dépénalisation des délits de presse, des journalistes s'adonnent à des actes qui n'ont rien à voir avec la déontologie de la presse, des actes dignes de grand banditisme. Et pourtant, loin d'être des exemples, ces individus s'érigent en donneurs de leçon, en spécialistes de la politique nationale, se permettent de juger, de condamner, sans jamais se mettre en cause.

Le CNP ne doit pas s'arrêter en si bon chemin, surtout au moment où la Côte d'Ivoire célèbre la mémoire du journaliste et animateur émérite Roger Fulgence Kassy (RFK) afin d'encourager le professionnalisme dans la corporation. Il doit aller plus loin. Dans les sanctions des journaux par exemple. On a constaté plus de mesures sévères contre des journaux proches de l'opposition que ceux proches du pouvoir.

Pour des raisons où certains journaux comme Le Quotidien d'Abidjan qui a été sanctionné de non parution pendant 52 jours, de Le Jour Plus qui a été frappé d'une amende pécuniaire d'un million (1 000 000) et d'interdiction d'écriture du journaliste incriminé pendant un mois, des journaux très proches du pouvoir ne sont pas inquiétés. Plusieurs fois, Le Patriote a tenu des propos injurieux, diffamant mais le CNP a feint de ne pas voir. L'on a décrié deux poids de mesures.

Aujourd'hui, après ce signal qui est bien accueilli par l'ensemble des Ivoiriens, le CNP doit se sentir soutenu, tant par les journalistes que par le reste de la population pour aller encore plus loin. Bravo à l'équipe de M. Lakpé !

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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