Abengourou/ bettie

L’hévéa ne se vend plus, les producteurs dans le désarroi


23/01/2014
Les producteurs d’hévéa dans le désarroi
Ils sont environ 4000 producteurs d’hévéa, établis dans le département de Bettié (95 km au sud-est d’Abengourou) et ses environs. Depuis plusieurs semaines, ils ont du mal à écouler leur production de latex, évaluée mensuellement entre 4000 et 6000 tonnes.

La situation serait similaire dans toutes grandes zones de production du pays « Depuis un certain temps, notre caoutchouc est régulièrement refoulé à l’usine de la Saph (Société africaine de plantations d’hévéa). Depuis les années 1970 où cette usine est implantée à Bettié, nous avons toujours vendu notre production sans conditions. Mais ces dernières semaines, des conditions liées à la qualité, sont évoquées. On n’a jamais connu cela. Qu’à cela ne tienne. Nous essayons désormais de respecter toutes les indications pour satisfaire aux nouvelles exigences des industriels. Malheureusement, les responsables de la SAPH trouvent toujours de quoi à redire pour rejeter notre production. Que faisons-nous à présent de ce caoutchouc ? » s’est interrogé Béhibro Philippe, un planteur d’hévéa bien connu à Bettié. « En réalité, cette société ne peut plus acheter notre caoutchouc mais elle ne veut pas nous le dire clairement pour que nous nous tournions vers d’autres acheteurs. Ils feraient mieux de nous tenir un langage de vérité pour que nous mettions fin à la saignée de l’hévéa le cas échéant », a renchéri Tanoh Koffi, un autre planteur.

En attendant son dénouement, la conséquence immédiate de cette situation est l’accumulation du latex dans les plantations des producteurs. Toute situation qui a entrainé de vastes mouvements d’humeur à la mi-décembre 2013 dans la ville de Bettié. A cette occasion, les planteurs en question, après avoir érigé de nombreuses barricades et brulé des pneus sur les grandes artères de la ville, se sont rendus en définitive à la direction de la Saph et ont contraint les ouvriers à fermer l’usine. Pour la suite, des rencontres entre les responsables des deux parties, avaient abouti à un accord qui, selon les planteurs, n’a pas été respecté par les figures de proue de la Saph. Aussi, le 9 janvier 2014, sous la présidence de Wouadja Essay, le député de Bettié, plusieurs centaines de ces planteurs, se sont-ils retrouvés à la cour royale de la localité pour prendre des décisions visant à l’écoulement de leur production. En définitive, un comité permanent présidé par le nommé Essueky Niamien a été mis en place pour engager de nouvelles négociations avec les responsables de la Saph. En attendant, ces nombreux producteurs disent ne plus savoir à quel saint se vouer.

Ange Kouassi KOBLIKO

(A Abengourou)

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  • SOURCE: Soir info

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