Frontière maritime Côte d'Ivoire-Ghana

Le gouvernement ghanéen attaque l'Etat ivoirien en justice

Pourquoi c'était prévisible
25/09/2014
Le ministre du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara(Photo d'archives)
Le Ghana a décidé d'engager des poursuites contre la Côte d'Ivoire à la suite de l'échec des négociations relatives à la délimitation de la frontière maritime entre les deux pays.

C'est ce que rapporte le quotidien ghanéen Daily Graphic dans son édition du mardi 23 septembre dernier. Selon ce journal, la décision des autorités ghanéennes fait suite à la persistance des lettres de menace de la part de la Côte d'Ivoire à travers les compagnies pétrolières opérant dans la zone en litige. Le Ghana a déposé sa plainte en se basant sur l’article 287 de l’annexe VII de la Convention de 1982, de UNCLOS.

"Le Ghana a entrepris une procédure d'arbitrage dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit maritime, afin d'établir sa frontière maritime avec la Côte d'Ivoire d'une manière équitable, juste pour les deux parties, et définitive, ainsi juridiquement contraignante pour les deux parties conformément au droit international", a déclaré mardi soir aux médias à Accra, la ministre ghanéenne de la Justice et le procureur général ghanéen, Marietta Brew Appiah-Oppong, qui a affiché un certain optimisme quant à l'issue de la procédure judiciaire en faveur de son pays. «Nous sommes très confiants. Je ne pense pas que nous allons perdre. De nombreuses lois soutiennent notre position , donc je suis confiante … », a-t-elle indiqué. Avant d'ajouter : « La ligne de démarcation entre le Ghana et la Côte d'Ivoire a été reconnue depuis les années 1950, et la Côte d'Ivoire ne l'a contesté que depuis 2008, aussi le Ghana n'est pas prêt à changer sa position".

C'était prévisible

Cette nouvelle tournure dans la gestion du différend pétrolier entre la Côte d'Ivoire et le Ghana était prévisible. En effet, après 10 réunions de la commission mixte ivoiro-ghanéenne, les deux parties ne sont pas parvenues à dégager une position commune, au-delà de l'ambiance empreinte de cordialité qui a prévalu aux échanges entre les deux délégations.

À Abidjan où s'est achevée la dernière réunion le 27 mai dernier, la Côte d'Ivoire et la Ghana s'étaient séparés dos-à-dos, chaque camp s'accrochant sur sa solution. Les autorités ivoiriennes militaient pour la méthode de la bissectrice, quand celles du Ghana proposaient la méthode de l’équidistance.

Au finish, ces deux méthodes devraient être soumises et tranchées par les présidents ghanéen et ivoirien. «La délimitation se fera en ayant à l’esprit l’histoire et l’héritage communs », avait souligné le chef de la délégation ghanéenne, par ailleurs vice-ministre des Terres et des Ressources naturelles, Mme Barbara Serwaa Asamoah. Le ministre du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara, s'était pour sa part contenté de déclarer qu'une ''étape importante a été franchie''.


Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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