Patrimoine forestier ivoirien/ Le ministre Babaud Darret : «Nous n'aurons plus de forêt en 2040 si...»

«Ce qui se passe dans la forêt du Mont Péko»
La stratégie du ministère pour contrer la désertification
27/02/2015
Selon Babaud Darret, il y a urgence à sauver la forêt ivoirienne (Photo Diom Célest)
Invité de la 16e édition des «Rendez-vous du gouvernement», tribune du Centre d'information et de la communication gouvernementale (Cicg), le ministre des Eaux et Forêts Mathieu Babaud Darret, a dressé un sombre tableau de l'état de la forêt ivoirienne.

La situation dans laquelle se trouve la forêt ivoirienne est critique. Ce constat, le ministre des eaux et forêts, Mathieu Babaud Darret, a tenu à le partager avec l'opinion.

Le collaborateur d'Alassane Ouattara s'exprimait, dans le cadre des «Rendez-vous du gouvernement», le jeudi 26 février 2015 au 20e étage de l'immeuble Sciam au Plateau, sur le thème «Le nouveau code forestier: enjeux et perspectives pour une gestion durable du patrimoine forestier ivoirien». Plus que faire connaître le nouveau code qui régit l'exploitation et la gestion de la forêt, promulgué par le président de la république en 2014, il était question pour le ministre d'exposer sur l'urgence à trouver des solutions pour préserver le plan forestier de la Côte d'Ivoire, sérieusement dévasté, et de faire connaître la stratégie mise en place pour faire face à la déforestation galopante.

Mathieu Babaud Darret a présenté, à cet effet, le nouveau code forestier comme étant un outil dont l'application devrait permettre à la Côte d'Ivoire d'avoir les arguments et les moyens idoines pour préserver sa flore et sa faune. « La forêt ivoirienne se meurt. Il faut dire que si nous conservons notre rythme de reboisement qui est de 10 mille à 11 mille ha par an, nous n'aurons plus de forêt en 2040 », a averti le ministre. Il a salué la promulgation du nouveau code forestier de 2014, soulignant qu'il opère une rupture qualitative avec celui de 1965, devenu caduc. « Si au niveau écologique le nouveau code foncier maintient l'équilibre climatique et donne les moyens de lutte contre la déforestation, sur le plan économique, il contribuera à relancer l'industrie forestière et réaffirmera la vocation de la forêt à être une source d'énergies renouvelables », s'est convaincu Babaud Darret.

Bien avant, le ministre a fait un tour d'horizon des conflits nés de l'occupation illicite des forêts classées, expliquant les difficultés que rencontre le gouvernement pour récupérer ces espaces. Il a insisté sur le cas de la forêt du Mont Péko qui a défrayé la chronique, récemment. « L'occupation de la forêt du Mont Péko cause du tort à la Côte d'Ivoire car elle regorge d'essences rares et d'espèces animales en voie de disparition. Donc l'évacuation de la forêt du Mont Péko est décidée, nous sommes en train de voir avec les occupants, les endroits où ils souhaiteraient être convoyés car il nous faut prendre en compte le volet humanitaire», a déclaré le ministre.

Le sujet relatif au bois de vène a meublé aussi l'intervention de Mathieu Babaud Darret. Il a indiqué, en effet, qu'après avoir constaté l'incapacité des opérateurs du secteur à remplir leur part de contrat qui consiste à reboiser un nombre d'hectares de cette espèce, le gouvernement a décidé d'interdire son exploitation. Par ailleurs, le ministre a présenté le reboisement comme la principale arme dont dispose l'État ivoirien pour lutter contre la désertification. « C'est par ce moyen que nous arriverons à inverser les tendances », a-t-il insisté.

Au demeurant, l'ancien ministre des ex-combattants et des victimes de guerre a salué les partenaires qu'il a invités aux états généraux de la forêt qui seront lancés, ce vendredi 27 février, au jardin botanique de Bingerville.

Serge YAVO

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  • SOURCE: Soir info

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