Fraude sur l'électricité: Situation alarmante dans la commune d'Abobo

3,2 milliards de francs Cfa de pertes enregistrées à Ndotré
5 trafiquants arrêtés et condamnés
26/03/2015
La directrice régionale d'Abobo, Mme Dey Kissy Aimée (Ph:DR)
La situation est alarmante dans la commune d'Abobo, en ce qui concerne la fraude sur l'électricité. Les pertes subies par la Compagnie ivoirienne d'électricité(Cie), liées à ce fléau pour la seule zone de N'dotré se chiffrent à 3,2 milliards de francs Cfa de 2012 à fin 2014.

Un autre fait, c'est que les énergies enregistrées au niveau des compteurs montrent que c’est à peine 50% de toute l’énergie livrée qui est enregistrée dans les compteurs pour la facturation. Ces chiffres ont été communiqués par la directrice régionale d'Abobo, Mme Dey Kissy Aimée. « Les différents contrôles terrain que nous avons effectués dans les zones nous ont montré l’existence de nombreux branchements directs sur le réseau électrique, sans compteur », explique-t-elle. « Plusieurs personnes se font alimenter par des installations parallèles illicites, réalisées par des trafiquants d’électricité. Ce phénomène s’amplifie la nuit et le week-end », ajoute-t-elle.

Des secteurs de la commune d'Abobo ont été identifiés par les responsables de la compagnie. Il s'agit des quartiers PK18 carrefour Diallo, derrière Pont, Céleste, Bocabo, Marley, Sagbé, Biabou… « Ce sont ces installations anarchiques, illicites et dangereuses qui provoquent la majeure partie des perturbations de la fourniture d’électricité par des interruptions de courant, plongeant ainsi la population dans le noir », fait elle savoir. Soulignant que ces perturbations peuvent s’observer à travers la surcharge du réseau électrique, les baisses de tension, l’avarie des transformateurs, les câbles brûlés, les court-circuits au poteau ainsi que par des connecteurs brûlés et des fusions de fusibles au poste. Mais la Cie n'est pas restée sans réaction. Selon Mme Dey Kissy, les populations ont toujours bénéficié de l'assistance de cette compagnie en cas de perturbation dans la fourniture d'électricité, notamment par les dépannages et les déconnexions des installations frauduleuses identifiées. A cela s'ajoutent des séances de sensibilisation sur les conséquences de ce phénomène qui prend de l'ampleur dans le district d'Abidjan. « Il s'agit pour nous de divulguer et d'expliquer le code de l'électricité à tout le personnel de la société », a-t-elle indiqué. D'ailleurs, cette législation autorise désormais l'entreprise à engager des poursuites à l'encontre des fraudeurs et autres trafiquants d'électricité.

Dans ce sens, 5 trafiquants ont été traduits devant les tribunaux et condamnés à des peines d'emprisonnement en début d'année 2015. Toutefois, des difficultés empêchent la bonne exécution des actions de lutte contre la fraude. La directrice régionale d'Abobo a expliqué que les trafiquants d’électricité sabotent le réseau en provoquant des pannes. « Ils incitent très souvent la population à manifester lorsque leurs intérêts sont menacés. Les populations qui veulent se mettre en règle en ayant leur compteur de façon régulière sont menacées de représailles et de mort par ces trafiquants d’électricité. Certains habitants manipulés par ces trafiquants d’électricité empêchent les agents d’accéder au quartier pour les interventions, ce qui rallonge les délais de réparation », a-t-elle soutenu. Ajoutant que les agents de la Cei sont souvent agressés verbalement et physiquement.

Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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