Relance économique: Comment la cybercriminalité menace le secteur privé ivoirien

Voici les entreprises les plus touchées
06/08/2015
La cybercriminalité a pris de l'ampleur en Côte d'Ivoire (Ph:DR)
Si l'économie numérique constitue une opportunité pour la promotion de la croissance économique, le développement du e-commerce et l'expansion des Pme, c'est également une menace pour la Côte d'Ivoire dans son ambition d'atteindre l'émergence en 2020.

Dans une récente étude portant sur le thème : « Secteur privé et victimisation de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire » menée par Dr Assi J. C. Kimoi, chercheur à la Cellule d'analyse des politiques économiques du Cires (Capec), les résultats sont alarmants. L'auteur de l'étude a certes reconnu la percée des Technologies de l'information et de la communication (Tic) dans la vie des Ivoiriens, car s'appuyant sur des données de l'Union internationale des télécommunications (Uit) qui indiquent que la vitesse d'adoption des Tic est passée de 0,23% en 2000 à 3,08% en 2012. Toutefois, le chercheur fait remarquer que cette proportion évolue au même rythme que la montée de la cybercriminalité dont le coût est en forme croissance.

Selon Dr Assi Kimou, ces coûts sont liées aux mesures individuelles et organisationnelles, aux conséquences ainsi qu'aux coûts indirects. Selon des chiffres recueillis auprès de la Plate-forme de lutte contre la cybercriminalité(Plcc), 270 arnaques aux sentiments, 128 hameçonnages et 61 arnaques à l'héritage ont été enregistrées en 2012. Chez Microsoft, les pertes se situent dans l'ordre de 8 milliards de francs Cfa.

En analysant la victimisation à la cybercriminalité et son incidence sur l’innovation dans les entreprises, l'auteur de l'étude veut ainsi montrer les types d’entreprises et les secteurs les plus affectés par la cybercriminalité. Sur un échantillon de 160 entreprises du secteur formel, Dr Assi Kimou est parvenu à faire des constats. Selon ce dernier, la probabilité de victimisation est plus élevée pour les managers ayant des relations d’affaires via Internet. Ensuite, le chercheur indique que les entreprises du secteur bancaire et de service ont une probabilité plus grande de subir une attaque de leur système informatique. « Les entreprises utilisant Internet ou ayant un système Ede sont plus exposées à l’attaque de leur système informatique ; l’attaque du système informatique est positivement corrélée à l’innovation organisationnelle » ajoute-t-il.

Sur cette base, Dr Assi Kimou invite le secteur privé ivoirien à renforcer l’innovation organisationnelle comme rempart contre la cybercriminalité, à former le personnel sur les questions de sécurité dans le cyberespace et à renforcer la collaboration entre le secteur privé et les organes de lutte contre la cybercriminalité. Pour le chercheur de la Capec, il y a lieu d'inscrire ou de renforcer la sécurité des infrastructures dans la stratégie globale de développement.

Rappelons que cette étude a été présentée, le 28 juillet 2015 à Abidjan, dans le cadre d'un atelier de dissémination des résultats de recherche portant sur les stratégies à promouvoir pour amplifier les transformations structurelles de l’économie ivoirienne en vue de l’émergence de la Côte d’Ivoire. Quels rôles doivent jouer les secteurs public et privé pour impulser des transformations structurelles capables de soutenir durablement la croissance économique et l’inclusion sociale ? Comment le secteur public peut-il mobiliser davantage de ressources domestiques et orienter celles-ci pour une plus grande efficacité des actions gouvernementales ? Tels ont été les axes de réflexions qui ont entouré les travaux des chercheurs.

Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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