Samedi dernier, à Yacolidabouo: Douloureuse était la séparation avec le Pr Zadi Zaourou !

Son frère en sanglots, ses disciples inquiets
23/04/2012
Douloureuse était la séparation avec le Pr Zadi Zaourou
Le Pr Zadi Zaourou a été porté sous la terre de ses ancêtres, à Yacolidabouo, département de Soubré, le samedi 22 avril 2012. Un moment fort chargé d’émotions au cours duquel la famille éplorée conduite par le président du Conseil économique et social (Ces), Zadi Kessy est restée digne dans la douleur.

Retour sur les derniers instants des obsèques de cet illustre homme de lettres. Ce samedi 22 avril 2012, le réveil des habitants de ce village moderne a été difficile. La raison, une grande veillée a maintenu tout le village en éveil jusqu’au petit matin. A 9h, l’église Saints Martyrs de l’Ouganda de Yacolidabouo n’affichait pas encore complet. Mais au fil des minutes, elle enregistrait l’arrivée de personnalités et de retardataires, ayant eu du mal à se libérer des bras de Morphée. A partir de 10h, le temple de Dieu devient noir de monde. Fait émouvant : au détour d’un rappel de profonds souvenirs touchant à la vie de la famille, Eugène Zadi, frère du défunt, a éclaté en sanglots.

Aussitôt, un silence de cimetière se substitue à la parole. L’assistance est prise d’émotion. Certains, étreints par la douleur, ont les yeux embués de larmes. D’autres se lamentent face l’avancée de l’heure de la séparation. « Mon frère bien-aimé, sous peu, ce sera la séparation. Au moment où nous avons le plus besoin de toi, tu t’en vas. Ces derniers instants sont douloureux pour toute ta famille», laisse-t-il entendre, très affligé, avant de rappeler : « N’est-ce pas toi qui voulait revoir pour une dernière fois toute la famille réunie ? Tu n’auras pas cette chance. Mais saches que la famille se porte bien sous la tutelle de Marcel (Le président du Ces :Ndlr) qui a su bâtir une famille basée sur des valeurs cardinales. Dis à Marcel de ne pas perdre espoir ». A peine l’intervention d’Eugène Zadi achevée, le président du Comité d’organisation des obsèques de Zadi Zaourou, Maurice Guikahué rappelle des consignes données par le frère ainé du défunt. « Le président Zadi Kessi a demandé aux parents de rester dignes dans la douleur pour éviter des débordements », insiste-t-il. Tiburce Koffi, l’un des disciples les plus aboutis du Pr Zadi Zaourou, quoique profondément affecté par la disparition de son Maître puise en son for intérieur les ressources nécessaires pour livrer un poignant témoignage à l’assistance. « L’homme qui est couché là, devant nous, n’a jamais connu de repos. Son corps n’a connu aucun repos. La Côte d’Ivoire lui doit beaucoup. Il a consacré son temps à former des générations de promotions», souligne dans son témoignage le Directeur général de l’Insaac, non sans reconnaitre «le Professeur n’est pas mort. Il vit et vivra toujours en chacun de nous ».

La messe de requiem à l’église du village a été un autre temps fort de ces obsèques. « Le jour nous quittons notre maison de la terre, nous allons habiter chez Dieu notre père », déclare l’Evêque célébrant, Jean-Jacques Koffi, dans son homélie. Des rites particuliers tels que celui de la croix, de l’eau bénite, du cierge allumé et du chapelet ont permis aux uns et aux autres de se rappeler que ‘’l’amour de Dieu est plus fort que la mort’’. La célébration de l’eucharistie et l’homélie inspirée de la liturgie de la Parole qui s’en suivent, sont auréolées de chants émouvants d’une chorale bété. La prière après communion annonce l’approche de l’heure fatidique. Quelques instants après, sonne le chant du dernier adieu. Le cortège s’ébranle aussitôt en direction du cimetière au terme de la bénédiction finale. Amertume et inquiétudes, c’est ce que laissaient transparaitre les visages aussi bien des parents du défunt que des disciples de Zadi Zaourou. « Seigneur donne à Bernard de reposer en paix dans ce tombeau jusqu’au jour où tu le réveilleras pour qu’il voie de ses yeux la lumière sans déclin, pour les siècles et des siècles », implore le serviteur de Dieu, au moment où est ensevelie la dépouille du ‘’Maître’’, dans une tombe à l’écriteau marqué : ‘’Ici repose le merveilleux trésor que Dieu nous a donné’’. Les disciples du défunt, notamment Clémentine Papouet encore moins Tiburce Koffi, n’admettent pas l’implacable réalité. « Grand Maître ! Grand Maître ! Grand Maître ! », ne cessait de clamer Cléclé dans un chorus de pleurs et de lamentations. A 74 ans, le Pr Zadi Zaourou quitte définitivement les siens pour l’ultime voyage dans le ventre de la nuit.

DIARRA Tiémoko (Envoyé spécial à Yacolidabouo)

Coulibaly Vamara

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  • SOURCE: Soir info

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