Après leur expulsion: Des ex-infiltrés du Mont Péko préparent un coup


17/08/2016
Le parc du Mont Péko est toujours convoité. (Photo d'archives)
Les ex-clandestins du Mont Péko ne démordent pas. Selon une source qui est entrée en contact avec nous dans la journée du dimanche 14 août 2016, les ex-exploitants de ce parc mondial préparent un coup.

Ils veulent retourner, si l'on s'en tient aux confidences qui nous ont été faites, dans la forêt du Mont Péko au risque de leur vie. Interrogé le lundi 8 août 2016 à Bagohouo, l’un des clandestins avait déjà donné le ton. « Nous avons été floués. Le gouvernement ivoirien nous avait promis des convois pour notre retour dans notre pays, mais on a été expulsé et versé dans des villages sans aucune mesure d’accompagnement. A cette allure, nous serons obligés de retourner dans le parc pour nous nourrir et nous soigner, en attendant la fin de nos récoltes», nous avait confié Y. Fidel, un ressortissant burkinabé, ex-exploitant de ce patrimoine.

Selon notre source, depuis leur retrait forcé, les ex-occupants tiennent des réunions, afin d’organiser un retour en masse dans le parc. Notre source indique que les ex-exploitants, pour la plupart des burkinabè, crient à la trahison. « Quand Ourémi a été arrêté, nous avons voulu quitter le parc et certains même sont partis, mais le gouvernement ivoirien nous a dit de rester sur place, et qu’on serait recensé afin de bénéficier des convois qui seront organisés pour notre départ. On nous a même promis des mesures compensatoires. Nous sommes restés et avons commencé à entretenir nos plantations sans toutefois faire de nouvelles friches. On en est là quand un l’ultimatum lancé en juin nous a demandé de partir. On va où et comment nous allons nous nourrir avant de partir définitivement ?», a indiqué notre source qui rapportait les propos d’un clandestin.

Toujours selon notre informateur, des accusations graves ont été portées contre certaines personnes qui tiraient profit des ex-clandestins. « A part des ministres qui nous disaient qu’on allait partir, ceux qui venaient à nous, nous disaient qu’on ne serait jamais expulsé. Ils nous faisaient cotiser pour qu’on reste. Mais depuis notre retrait, on ne voit plus ceux qui se disaient nos défenseurs », a déploré l’un des ex-clandestins. Pour éviter toute confrontation avec les forces de l’ordre, les ex-exploitants du parc demandent aux gouvernements ivoiriens et burkinabé, de tout mettre en œuvre pour les faire partir au plus vite. Car, selon l’un deux, un drame humanitaire se prépare. « Nous sommes reconnaissants des actions du gouvernement en notre faveur mais 200 sacs de riz pour 19 mille personnes, c’est insignifiant », a fait savoir l’un des frondeurs.

Une source administrative que nous avons rencontrée, il y a de cela quelques jours, a plutôt tourné en dérision les propos des ex-clandestins. « Qui leur a dit d’aller s’installer sur une aire protégée ? Quand ils sont venus, ils ont vu que les autochtones n’exploitaient pas cette terre. Pourquoi ne le faisaient-ils pas ? Parce qu’ils savent qu’on ne doit pas y cultiver. Ils (les ex-clandestins) récoltent aujourd’hui le fruit de leur entêtement. Nous veillerons à ce que personne n’entre dans cette forêt », a martelé notre interlocuteur.

Notons que ce sont plus de 19 000 personnes qui ont trouvé refuge dans les villages qui sont aux environs du parc du Mont Péko, après leur expulsion, le dimanche 31 juillet 2016, suite à un ultimatum lancé par le gouvernement ivoirien.

Le mercredi 8 août 2016, la ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes, Mariatou Koné avait invité les ex-exploitants à ne plus retourner dans le parc. Elle avait déclaré que le gouvernement ivoirien avait décidé de restaurer ses parcs et réserves détruits pendant la crise militaro-politique qui avait secoué la Côte d’Ivoire.

Ibrahim BAKOULE (Correspondant régional)

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  • SOURCE: Soir info

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