Conflit foncier : Un terrain sur le Vge au cœur d'une arnaque, un ministre proche de Ouattara dans le dossier, la justice interpellée


20/11/2018
Conflit foncier : Un terrain sur le Vge au cœur d'une arnaque, un ministre proche de Ouattara dans le dossier, la justice interpellée

L'affaire pourrait faire grand bruit dans les jours à venir. Il s'agit d'un litige qui oppose un opérateur économique à d'autres acteurs parmi lesquels un ministre, très proche collaborateur du président de la République, Alassane Ouattara. Diabagaté Mory, l'opérateur économique dont il est question et ses avocats restent formels. L'homme est victime d'une arnaque.

Le concerné veut se faire entendre, quoique le dossier suit son cours au tribunal, pour ne pas subir ce qui passe pour être un abus. Pour ce faire, il a décidé de mettre l'affaire sur la place publique via les média. Ce qui explique sa rencontre avec la presse le lundi 19 novembre 2018, à son cabinet, sis à Koumassi.

Dans sa version des faits, M. Diabagaté son histoire qui remonte à 2016. Précisément le 14 février 2016, il est approché par les nommés Jean Philippe Touré et Charles Fiberssima. Ces deux interlocuteurs s'intéressent au terrain dont il est le propriétaire situé en bordure du boulevard Valérie Giscard d'Estaing (VGE), face au carrefour du camp commando de Koumassi. Ils lui proposent un partenariat pour la mise en valeur de cet espace non encore exploité. Pendant deux mois, les tractations vont durer jusqu'à la signature, le 14 avril 2016 d'un pacte d’associés dans lequel Mory Diabagaté détient 51% de l'affaire.

Dans le principe, les deux associés s'engagent à faire venir des partenaires français pour la mise en valeur du terrain dans les six mois suivant les actes signés. Mais, d’avril à novembre 2016, point de partenaires français. M. Diabagaté accorde six mois supplémentaires à ses associés dans l'espoir de voir le projet prendre forme. Toujours point de signe du respect de leur engagement de la part de Jean Philippe Touré et Charles Fiberssima. Le toute s'installe chez l'homme d'affaire qui soupçonne ses associés d'un jour d'ourdir une arnaque. Il décide de dénoncer le pacte signé et prendre langue avec un notaire. L'homme de droit est d'avis. Il y a anguille sous roche. Sans aucune autre forme de procédure, Mory Diabagaté prendre la décision de récupérer son terrain. L'espace, il le met en location en attendant d'entreprendre un autre projet pour sa mise en valeur.

De leur côté, les associés n'entendent pas les choses de cette oreille. Ils font même intervenir un ministre de la République. Un proche collaborateur du chef de l’État. «Le ministre m'a appelé. J'étais surpris mais je n'ai rien dit », soutient M. Diabagaté, qui se rend bien compte de la tournure que prend l'affaire. Selon l'un de ses avocats, il se trame « une volonté perfide » des associés de s'accaparer le terrain de l'homme d'affaire. Aussi, l'affaire est portée devant la justice. Les associés, sans en informer M. Diabagaté, ayant procédé à l'expulsion du locataire du terrain. « Nous sommes en attente de la décision de la justice. Nous faisons confiance au parquet pour que le droit soit dit ». Mais, dans des couloirs, les avocats de l'opérateur économique disent entendre beaucoup de chose. « C'est pourquoi nous prenons l'opinion nationale et internationale à témoins. Ce terrain appartient à M. Diabagaté et toute tentative de confiscation ou de spoliation ne passera pas ! », ont martelé les avocats.

Quant à Mory Diabagaté, il menace de dénoncer publiquement toutes les les manœuvres et les mains derrière le dossier. Notamment l'identité du membre du gouvernement intervenu dans l'affaire. « Je dévoilerai des noms. Je dirai tout. Le ministre qui m'a appelé, les commanditaires », a prévenu l'opérateur économique, qui déplore les agissements de certaines personnalités proches du pouvoir, le desservant plutôt que de le servir.

F.D.B

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome

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