Yopougon / Siporex, Gabriel gare et Sable: Les sites déguerpis à nouveau recolonisés par des commerçants


11/01/2020
Yopougon / Siporex, Gabriel gare et Sable: Les sites déguerpis à nouveau recolonisés par des commerçants
Des commerçants déguerpis sont revenus sur les sites de la Siporex et de ‘’Sable’’

A la veille des fêtes de fin d’année 2019, le maire de la commune de Yopougon, Gilbert Koné Kafana, a fait démolir les commerces et autres installations anarchiques sur les espaces Sable, Gabriel gare et à la Siporex.

Cette opération de démolition, selon les services de la mairie de Yopougon, a été engagée pour dégager tous les commerçants installés sous des lignes électriques de haute tension. Toutefois, aucune disposition n’a été prévue pour recaser ces milliers de commerçants, artisans et autres acteurs des transports. C’est pourquoi, à peine les caterpillars et autres engins déployés par les services techniques de la mairie retirés, les commerçants déguerpis ont repris possession des sites , pour poursuivre leurs activités. « Nous ne savons où partir. C’est pour ne pas rester les bras croisés, à ne rien faire que je suis revenue, poursuivre mes activités », explique Touré Laetitia, une vendeuse de pagnes, rencontrée le samedi 5 janvier 2020, non loin de l'espace Gabriel gare. Pour elle, la démolition de ce site n’est pas du tout appréciée par les commerçants. « Je vends ici, depuis 1995. Je n’ai jamais été inquiétée. J’exerce ici, comme beaucoup de commerçants, pour m’occuper de la scolarité de mes enfants et soutenir aussi mon mari », laisse-t-elle entendre sur un air de désespoir. Ahmed Fadiga, propriétaire d’une quincaillerie, ne dira pas le contraire. « Ça ne marche plus. Depuis plusieurs jours, je vends sous ce hangar.

Je ne sais quoi faire. C’est sous le soleil et quelque fois sous la pluie, que nous vendons tous ici. On n’a plus d’abri », confie le commerçant avoisinant la cinquantaine. Même décor chez des compagnies de transports dont les gares ont été démolies. C’est le cas de cette société assurant la ligne Abidjan-Adzopé. La gare ayant été réduite en gravats, ses responsables ont dressé des bâches pour continuer de recevoir la clientèle. «La direction a décidé en attendant de trouver un nouveau site, de maintenir la clientèle ici », souffle T.A, le chef de gare. Poursuivant, il indique que depuis cette opération de démolition, la compagnie de transport a perdu une bonne partie de sa clientèle qui préfère aller à Adjamé. La désolation est la même chez certains vendeurs de pièces détachées qui ont trouvé refuge chez leurs voisins. « J’ai décidé d’entreposer mon stock de marchandises chez mon voisin, le temps de trouver un magasin à l’effet de poursuivre mes activités », révèleun commerçant en regardant le ciel.

L.BEUGRE (stg)

 

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