Côte d'Ivoire

Agboville : Après les affrontements, la vie reprend timidement, la ville sous surveillance des forces de l'ordre

Les écoles fermées
30/01/2020
Agboville : Après les affrontements, la vie reprend timidement, la ville sous surveillance des forces de l'ordre

24h après la terreur qu'ont vécue agbovillois et agbovilloises, la cité s'est réveillée dans la tranquillité. La nuit, sous un couvre-feu non déclaré, les rues et les maquis sont restés déserts donnant l'allure d'une ville morte.

Heureusement, ce mercredi 29, les belligérants n'ont pu remettre le couvert du fait de la forte présence des hommes en arme qui quadrillent le territoire communal. Ils sont visibles à tous les coins stratégiques. Aux abords des établissements, du marché municipal, de la police et bien d'autres lieux, gendarmes et policiers venus en renfort sont les seuls maîtres des lieux.

Cependant, la psychose de résurgence des velléités continue de hanter la population. Si bien que la quasi-totalité des seize établissements secondaires ainsi que les écoles primaires n'ont pas ouvert. Les portes sont restées fermées. Une situation évidente qui apporte assez d'eau au moulin des lanceurs de grève. Car, diront-ils, la grève a été suivie à 100% dans la cité de l'Agneby.

Du côté du marché, la reprise est timide. Quelques commerçantes jouissant de la présence musclée des forces de sécurité ont repris du service. Les gares de transport qui d'ordinaire grouillent de monde ont du mal à se lancer sur le tronçon Abidjan Agboville faute de clients. Rappelons qu'en période de paix, ce sont plus de deux milles passagers qui sont transportés quotidiennement d'Agboville à la capitale économique de la Côte d’Ivoire par la multitude de sociétés de transport.

Quant à l'administration générale, tous les services ont pointé présents. Dans les quartiers abritant les communautés du Nord où nous nous sommes rendus en fin de matinée, la vie n'a point connu de coup de frein. Marchés, garages et woro woro sont au service de la population, laissant croire que rien ne s'est passé. Même les grins fourmillent de leurs adeptes. En tout, certains allogènes croisés sur notre chemin s'en remettaient à Dieu pour éviter une crise sanguinaire sur les rives du fleuve ''agbo''.

Il faut noter qu'après cette chaude journée du 28 janvier 2020, que nous pouvons qualifier de ''mardi noir'', à Agboville, la cité paisible, les autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières multiplient les rencontres et les efforts pour éteindre le feu en vue d'une reprise totale de la vie dans la cohésion, la paix et la fraternité.

Célestin KOUAME

(Correspondant Régional de l'Agnéby-Tiassa et de la Mé)

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