Industrie du livre : Les grosses inquiétudes des éditeurs ivoiriens


28/05/2020
Industrie du livre : Les grosses inquiétudes des éditeurs ivoiriens
Ph DR

Président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi) et Commissaire général du Salon international du livre d’Abidjan (Sila), Anges Félix N’Dakpri s’inquiète de l’avenir de l’industrie du livre et de ses acteurs avec la crise sanitaire mondiale due à la maladie à coronavirus. Cette industrie qu’il dit être sinistrée du fait de cette situation de crise a selon lui besoin d’une attention particulière. 

L’industrie du livre en Côte d’Ivoire à l’instar des pays d’Afrique subsaharienne est sinistrée du fait de la pandémie du coronavirus. Et la fermeture des écoles pendant deux mois a encore fragilisé cette situation. Laquelle situation est dépeinte par Anges Félix N’Dakpri, président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire.

Le président de l’Assedi dont le Salon international du livre d’Abidjan a été annulé du fait de la pandémie a dressé à nos confrères de Le Monde Afrique le sombre tableau de l’industrie du livre en Côte d’Ivoire. Déplorant la baisse d’activités des points de vente de livres qui a considérablement impacté le secteur des éditeurs indépendants en cette période de crise, le président de l’Assedi est convaincu que la fermeture des écoles leur a causé de grands dommages. « Le livre scolaire représente 70 % du marché de l’édition, qui pèse 20 milliards de francs CFA. La chaîne du livre en Côte d’Ivoire est sinistrée », a-t-il déploré. 

Aussi, pour éviter d’autres pertes conséquentes de profits, les éditeurs ont dû reporter des sorties d’ouvrages quant d’autres ont dû fermer leurs entreprises faute de moyens. Certes, en tant que PME, les entreprises d’édition peuvent bénéficier des aides du gouvernement ivoirien, toutefois, le président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire plaide pour une aide spécifique à leur secteur. 

Dans le cadre d’une audience avec la ministre de la Culture et de la Francophonie, Raymonde Goudou Coffie, Anges Félix N’Dakpri s’est fait la voix de la vingtaine de maisons d’édition affiliées à son association. Entre plaidoyer, proposition de plan de sauvegarde économique pour le secteur et la mise en place d’un fonds d’aide pérenne pour l’édition, l’Assedi a eu une oreille attentive auprès de la tutelle. 

« Le Sénégal dispose d’un tel fonds depuis longtemps, et prévoit de l’augmenter pour faire face à la crise. Nous pensons que c’est le moment pour le gouvernement de faire des efforts pour créer la même chose ici, en Côte d’Ivoire. Comme je l’ai expliqué à Madame la ministre, le livre n’est pas un bien comme les autres, c’est un bien culturel et social qui contribue à l’essor de toute une nation. La santé et l’éducation sont les secteurs les plus ébranlés par la crise. Cela doit nous exhorter à revoir nos modèles économiques et sociaux », a-t-il confié à Le Monde Afrique.

Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome

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