Nouveau rebondissement dans l’affaire Abadjin-Doumé-CNRA : Tous les antagonistes convoqués à la Brigade de Songon, ce qui s'est passé


09/07/2020
Nouveau rebondissement dans l’affaire Abadjin-Doumé-CNRA : Tous les antagonistes convoqués à la Brigade de Songon, ce qui s'est passé
Ph DR

Le conflit foncier qui oppose le Centre national de recherche agronomique (CNRA) aux villages d’Abadjin-Doumé et d’Abadjin-Kouté n’a pas encore atteint son épilogue. Le mercredi 08 juillet, les chefs des deux villages se sont rendus à la Brigade de Gendarmerie de Songon sur convocation des différentes parties en conflit pour trouver des dénouements à cette crise qui dure quelques jours. Le commandant de la Brigade de la gendarmerie de Songon dont dépend la zone conflictuelle n’a malheureusement pas pu écouter l’autre partie mise en cause dans le litige.

Selon Ballé Djoman Abel qui nous donne l’information, la rencontre qui s’est tenue le mercredi 08 juillet à la Brigade de Songon fait suite à une récente descente musclée de quelques éléments de l’escadron de gendarmerie de Yopougon sur la parcelle litigieuse. Ce jour-là, à en croire le porte-parole des propriétaires terriens, Ballé Djoman Abel, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de quelques ouvriers du site qu’ils ont conduit à la Brigade de Songon. C’est ainsi que le Commandant de cette brigade, après avoir remis en liberté ces ouvriers, a convoqué la direction générale du CNRA ainsi que les chefs des deux villages pour en savoir davantage sur cette affaire déjà tranchée par la justice ivoirienne depuis un an environ. « Aujourd’hui encore, ils ont brillé par leur absence à cette rencontre voulue par le Commandant de brigade. Je vous apprends qu’ils ont eu la même attitude quand le sous-préfet d’alors leur avait adressé un courrier pour avoir leur avis quand on était à l’étape de l’enquête de commodo et d’incommodo. Ils n’ont jamais répondu au courrier du sous-préfet jusqu’à la fin de l’enquête qui a abouti à l’approbation de notre parcelle. Cela parce qu’ils n’avaient aucun document pour se prévaloir de ces terres puisqu’aucun chef ne leur a jamais délivré de document à cet effet », a accusé Ballé Abel.

Poursuivant, il ajoute que les deux chefs se sont résolus, à confirmer au commandant de brigade que leurs villages sont bel et bien propriétaires des 231 hectares et que détenant en plus de leurs affirmations une décision de justice, c’est eux qui ont commis des ouvriers à la mise en valeur de leur bien foncier. « C’est une structure étatique qui dépend d’un ministère et si depuis leur ministère de tutelle ne se mêle pas de cette affaire, ça ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il y a anguille sous roche. C’est que c’est le directeur général qui a des problèmes avec les propriétaires terriens et non la structure. La preuve, depuis les procès jusqu’à présent, c’est lui qui se débat. Le directeur général a même demandé un ACD global sur notre patrimoine, mais heureusement pour nous sa demande a été rejetée. Nous avons une décision de justice et nul n’est au-dessus de la loi. Que M. Yté Wongbé arrête d’utiliser les forces publiques contre nous. Pire, Gnahoua Guy Modeste qui est le directeur de leur patrimoine est même venu sur notre site et a porté des coups et blessures à un ouvrier. Suite à son attitude, il a été mis aux arrêts à la brigade de gendarmerie de Songon et a été relaxé la même nuit après l’intervention du sous-préfet auprès de qui M. Yté Wongbé a plaidé. On a été en procès et nous avons été rétablis dans nos droits. Qu’il s’en réfère et qu’il respecte les décisions de la justice ivoirienne », a-t-il confié.

Aux dernières nouvelles, ce jeudi 09 juillet 2020, des échauffourés se sont signalés dans le village où d’importants dégâts ont été enregistrés. Les jeunes d’Abadjin-Doumé ont même fini par repousser cette délégation de quatre individus et deux forces de l’ordre qui avaient réussi à détruire des bornes.

Alors que le village d’Abadjin-Doumé dit être en possession d’une décision de justice lui confirmant détenir une parcelle de plus de 231 hectares, l’autre partie dit être également propriétaire de ladite parcelle bien qu’ayant été déboutée en Appel. Toute chose qui fait que la structure étatique tente d’empêcher les communautés villageoises d’Abadjin-Doumé et d’Abadjin-Kouté d’exploiter leur patrimoine foncier. Et ce, selon les propriétaires terriens, en dépit d’une décision de justice qui confirme le droit de propriété des deux villages.

Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome

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