Litige foncier à Abadjin-Doumé : Yté Wongbé, le mis en cause parle et se fait recadrer par les propriétaires terriens


15/07/2020
Litige foncier à Abadjin-Doumé : Yté Wongbé, le mis en cause parle et se fait recadrer par les propriétaires terriens
Ph DR

Un autre rebondissement dans le conflit foncier qui oppose les villages d’Abadjin-doumé et Abadjin-Kouté à la direction générale du Centre national de recherche agronomique (CNRA) est intervenu le14 juillet 2020. Suite à une intervention du directeur général dudit centre agronomique dans les colonnes d’un journal de la place.

« Je m’inscris en faux dans tout ce qu’ils disent. Ce n’est pas vrai. Les 231 hectares sont réclamés par trois villages. A savoir Songon Abadjin-Doumé, Songon Abadjin-Kouté et Adiopodoumé. A partir de là, ce qu’ils disent est faux. Ce sont ces trois villages qui sont propriétaires et non deux. Nous avons une décision de 1946 d’un chef de village d’Adiopodoumé en 1946 », avait défendu Yté Wongbé, le mardi 14 juillet 2020 à un confrère.  

Une réaction qui a suscité un éclairage de Ballé Djoman Abel afin, selon lui, de rester fidèle à sa dynamique de rétablir la vérité sur cette affaire tranchée par la justice ivoirienne depuis mars 2019. « Nous n’avons jamais dénié la co-propriété de nos frères d’Adiopodoumé sur ces parcelles revendiquées bec et ongle par le CNRA. A preuve, nos parents d’Adiopodoumé ont cédé une partie de leurs parts de cette parcelle à l’Etat dans le cadre de la réalisation des logements sociaux qui fait partie des chantiers chers au président Alassane Ouattara. L’autre partie de ce qui revient à nos frères d’Adiopodoumé est bien là », a-t-il clarifié. Avant d’ajouter que : « Abadjin-Doumé et Abadjin-Kouté n’ont jamais nié le fait que Adiapodoumé est aussi propriétaire dans la même zone. A toute fin utile et pour la propre gouverne de Yté Wongbé, nous sommes 3 villages voisins et il n’y a pas d’animosité entre nous. Nous sommes frères. Je tiens à le préciser pour qu’il se mette à jour de ce fait ».

À en croire Ballé Djoman Abel, porte-parole des propriétaires terriens, cette intervention du sieur Yté Wongbé vient mettre fin au débat sur ce litige foncier dont le verdict a été déjà en Appel par la justice ivoirienne depuis mars 2019. « Au moins cette fois, Yté Wongbé reconnaît que cette parcelle appartient à 3 villages. Alors, c’est quoi Yté Wongbé revendique ? Qu’est-ce qu’il lutte ? Yté Wongbé est dans une impasse qui risque de le couler s’il n’y prend garde car je clame haut et fort qu’il loue des parcelles de nos terres à des structures privées. Dites-moi, à quel titre le statut de directeur du CNRA peut permettre à Yté Wongbé de louer ces terres à des entreprises privées ?», s’est interrogé Abel, visiblement excédé par cette affaire «qui n’a ni queue ni tête».

Pour lui, il est clair que le mis en cause ne détient aucun titre de propriété sur ces terres dont il veut les spolier à coup de force. « L’autorisation de 1946 que Yté Wongbé brandit aujourd’hui parle de quoi ? Ce n’est ni Abadjin-Kouté ni Abadjin-Doumé, encore moins Adiopodoumé qui a donné cette autorisation. Comment le CNRA qui a été créé en 1998 peut-il détenir une autorisation qui date de 1946 ? Brandissant aujourd’hui cet argument fallacieux dont il ne donne copie à aucune presse, pourquoi Yté Wongbé n’a pas présenté ce fameux document tout le temps que nous étions en procès ? Le DG du CNRA fait du faux et voici la preuve. Il y a d’autres preuves que nous détenons et s’il persiste, nous allons déballer sa tricherie et ses manigances», a-t-il accusé.

Déterminé à mettre fin à cette affaire dans laquelle le DG du CNRA s’entête à impliquer « des autorités respectées dans ce pays pour leur probité » qui lui permet « de se voir mettre arbitrairement à disposition des forces publiques à disposition pour tricher », Djoman Abel dit être prêt avec tous les propriétaires terriens à aller jusqu’au bout. « Nous nous permettons de donner des preuves de ce que nous avançons, mais pourquoi lui ne fait pas pareil pour prouver aux yeux des autorités le contraire de ce que nous disons ?». Les jours à venir, nous situerons sur cette affaire qui, malgré la décision de la justice ivoirienne en faveur de Ballé Djoman Abel et de tous les propriétaires terriens des villages sus-cités, n’arrête pas le CNRA.

Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome

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