Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, hier : Des milliers d’étudiants se soulèvent

Le ministre Bacongo séquestré
La Police charge
14/05/2013
Les étudiants ont violemment manifesté sur le campus, hier/Ph d’archives
L’ambiance était électrique, le lundi 13 mai 2013, sur le campus de l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody où le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Cissé Ibrahim Bacongo a été pris à partie par une horde d’étudiants en colère. On aurait frôlé le pire, n’eût été l’intervention des forces de l’ordre.

Lorsqu’à la fin de la cérémonie d’ouverture du colloque dédié à la Grande chancelière, le ministre Bacongo venait à la rencontre des milliers d’étudiants rassemblés devant la présidence de l’université de Cocody avec des pancartes hostiles, il était conscient qu’il n’était pas le bienvenu. Mais il était loin de s’imaginer qu’il allait passer un mauvais quart d’heure.

C’est donc sans escorte et en compagnie de quelques responsables de l’université que le ministre, en lunettes fumées et en complet noir, est accueilli, hué, avec des propos hostiles. Le ministre qui se fraie difficilement un passage revient avec un micro baladeur, afin de s’adresser aux milliers d’étudiants chauffés à blanc par les responsables d’associations.

A la vue du ministre, une véritable bronca est organisée. Finalement, le ministre dont les premiers mots sont inaudibles se résoud à quitter la présidence par une issue détournée. Des centaines d’étudiants, au pas de course, tentent de lui fermer le passage. En fin de compte, il se réfugie dans le bâtiment de Mathématique informatique avant que les portes ne soient fermées.

Des centaines d’étudiants accourent et encerclent le bâtiment avec les mêmes propos indécents à l’encontre du ministre de l’Enseignement supérieur. Peu après 11h 48mn, celui-ci est rejoint par un détachement de la Préfecture de police et un autre de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) 2. La foule devenant de plus en plus compacte et agressive, les éléments de la Police sur place se résolvent à exfiltrer le ministre. Ils font appel à une voiture d’escorte de type 4x4.

Les policiers qui réussissent à contenir un tant soit peu les étudiants, font sortir le ministre sous bonne escorte. Les cris fusent et les cailloux partent de tous les côtés. Précipitamment, le membre du gouvernement est installé à bord du 4x4 qui démarre en trombe. Mais le commissaire Allaly-commandant de l’ordre public et de la sécurité routière de la Préfecture de Police- qui s’est transformé en bouclier humain pour permettre au ministre Bacongo d’avoir accès à la voiture de secours a été malheureusement blessé par les jets de pierre.

Il a été évacué à l’infirmerie de l’école de Police pour subir quatre points de suture à la tempe. Les policiers qui sont ainsi pris en tenaille, dégoupillent les premières canettes de lacrymogènes. A 12h22mn, les lacrymogènes pleuvent sur le campus afin de disperser les étudiants. D’ailleurs, une course poursuite est engagée pour empêcher le rassemblement d’étudiants.

Revendications

Tôt le matin du lundi 13 mai 2013, les manifestants avaient rassemblé sur des pancartes la plupart de leurs revendications. « Il n’y a ni micro, ni amphithéâtre encore moins de chaises. Plus grave, il n’y a pas de salle de travaux dirigés. Trop, c’est trop », martèle Dosso Moussa, étudiant en Philosophie.

Quant à l’un de ses condisciples en Chimie Biologie et Géologie (Cbg), il dénonce l’absence de microscope. En Histoire, Ekanza déplore l’absence de cours depuis près de deux mois. Aka J. qui dit être étudiant en Espagnol crie son ras-le-bol. « On nous impose des cours en Informatique sans ordinateur », s’emporte-t-il. Julienne en Anglais, affirme faire cours une seule fois dans la semaine. « Il n’y a ni bibliothèque ni de salle. On empêche les jeunes filles qui vendent de l’eau d’avoir accès au campus, alors qu’il n’y a pas de borne fontaine » nous fait-elle savoir. En tout cas, pendant 2 heures et demie, les étudiants ont fait savoir leur difficile condition de vie sur le campus de Cocody avec des chansons populaires locales, ponctuées de l’hymne national repris plusieurs fois.

M’BRA Konan

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M'Bra Konan

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  • SOURCE: Soir info

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