48 heures après le lancement du péage autoroutier : Comment les opérations se déroulent sur le terrain

Société
Publié le Source : Soir info
48-heures-apres-le-lancement-du-peage-autoroutier-comment-les-operations-se-deroulent-sur-le-terrain La station de péage d'Attinguié gère avec célérité le passage des véhicules.

Les changements, même les plus souhaités, ont leur dose de mélancolie, dit-on. 48 heures après la mise en route du service à péage de l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro, comment les Ivoiriens vivent cette première expérience ? Bouclez votre ceinture et en route pour le poste à péage d'Attinguié...

Il nous a manqué une fleur à notre chapeau, puisqu'à la bouche, nous avions un air de « dent de Man », un groupe artistique folklorique des 18 montages. Ce qu'il nous fallait pour effectuer un voyage agréable sur la station à péage d'Attinguié, à environ 30 km d'Abidjan. Il est 9h 30, ce samedi 17 mai 2014, quand nous traversons l'ex-corridor de la Gesco. L'ambiance contraste d'avec le spectacle de grand cafouillis orchestré par des vendeurs ambulants qui vous pressent de toutes parts avec des articles aussi divers que variés.

Les touffes d'herbes qui ont conquis une importante superficie dans ce périmètre, achèvent de convaincre de l'effectivité de la décision du gouvernement de supprimer les corridors et autres barrages militaires à Abidjan, notamment. Une minute de route à peine, qu'un portique nous renseigne que nous abordons « l'autoroute du Nord ». A la vitesse moyenne de 100 km/h, nous apprécions le paysage coloré et diversifié. Des plantations d'hévéa qui laissent par intermittence la possibilité au voyageur de voir se dresser fièrement des pieds de manioc ou de maïs, en cette saison de l'année. En tout cas, il fait bon d'emprunter cette route. La conduite est de même aisée.

Soudain, un véhicule de type 4x4 nous dépasse, à vive allure. On le voit disparaître progressivement sous nos yeux, comme sur un coussin d'air. Ce tronçon routier est impécable. À 9H 40, nous sommes au poste d'Attinguié. Les quatre pistes sont fonctionnelles et des véhicules légers, des cars et des poids lourds, font la queue aussi bien dans le sens Abidjan-Yamoussoukro que dans le sens opposé. Ici, la fluidité est remarquable. Des usagers y passent entre 17 et 60 secondes (une minute). De sorte que la demi douzaine de véhicules que nous avons dénombrée à notre arrivée, a franchi le barrage en 5 minutes. La célérité dans les opérations, tel semble être la consigne pour les travailleurs du Fonds d'entretien routier (Fer) que nous avons observés à la tâche pendant une heure environ. Des opérations se déroulent dans la discipline. Un agent aiguillonne des véhicules sur les différentes pistes, en fonction de l'affluence.

Des usagers sensibilisés, ne font aucune objection à s’acquitter des droits de passage. « Tout le monde paie !», lance un des agents du Fer, devant notre curiosité à l'approche d'un véhicule de l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). Les occupants de cette Jeep militaire ne font pas fait de difficultés. Le conducteur tend un billet de 5.000 francs Cfa, attend 30 seconde à peu près pour recevoir sa monnaie. Aussitôt après, la barrière est levée et les éléments de l'Onuci poursuivent leur route. Il n'en est pas de même quand quelques instants après, arrive (presqu'en trombe) un cargo des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). Le bouton poussoir est vite actionné pour laisser passer ces soldats.
La monnaie, un souci

« Tout monde paie, à l'exception bien sûr, des officiels, des forces de l'ordre en intervention, des pompiers et des ambulances », nuance un corp habillé. Les automobilistes que nous interrogent, donne des avis mitigés sur la célérité des opérations mais, de manière unanime, dénoncent un tarif trop élevé. « Il nous ont imposé, on est obligé de payer, sinon à vrai dire, c'est trop cher. Partout où nous sommes passés dans la sous région, on n'a pas vu cela », déplore A. Bamba, un conducteur de poids lourds. Sans s'opposer au principe du péage, il estime cher le coût du passage par poste. Un autre interlocuteur propose que les tickets de passage couvrent une durée raisonnable. «On peut, au moins, tolérer une ou deux heures d'utilisation de la route. Mais, tu paies 1250 francs même si tu dois faire demi tour ici, tu paies encore 1250 francs Cfa. Je travaille à 200 mètres du poste à péage d'Attinguié. A chaque passage, je dois payer 1250 francs. Même le ticket du bus, il y a un temps. Il faut une tolérance d'heure », suggère t-il.

Adèle O., une automobilistes en partance pour Yamoussoukro, espère, quant à elle, que des efforts de maintenance seront faits pour éviter les désagréments aux usagers. « Pour la fluidité, il n'y a pas de problème. C'est un début, tout est « clean ». Attendons de voir dans quelques mois. Ce sont des ordinateurs, on espère que la maintenance va suivre. On espère que les machines ne vont pas se planter et qu'on ne nous demandera pas d'attendre 30 ou 45 minutes. Techniquement, ça va pour le moment. Notre souci, c'est le tarif qui est trop élevé, et puis, le paiement par passage », fait-elle remarquer.

L'autre préoccupation des automobilistes, la question de la monnaie. « Ils (les agents du Fer, ndlr) n'ont jamais de monnaie. J'ai déjà laissé ma monnaie ici, à plusieurs reprises. Ils bloquent les 50 francs et parfois 100 francs des gens», se plaint ce transporteur. Il suggère que dans de tels cas, on leur fasse des avoirs. Côté sécurité, nous observons la présence d'un impressionnant détachement d’éléments de la Police nationale. « Nous venons en appui. Sinon, ce poste à péage est sécurisé par la Gendarmerie nationale », a précise un officier de police. À 10H 30 quand nous levons le camp, la station d'Attinguié fonctionne à plein régime, et le tour de passage est cadencé et régulier. Le péage autoroutier est bien en marche

Jonas BAIKEH

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