Bonoua/ La ville paralysée: Des blessés dont un officier de police

Publié le
bonoua-la-ville-paralysee-des-blesses-dont-un-officier-de-police C'était encore chaud à Bonoua, hier (Photo DR)
Société

Les atermoiements entre la Coalition nationale de la jeunesse pour le changement (Cnjc) et leurs responsables fédéraux présageaient d’une journée tranquille à Aboisso, le chef-lieu de région, le jeudi 10 septembre 2015.

Raison pour laquelle, selon des sources recoupées, une trentaine de flics de la Préfecture de police ont été mobilisés pour renforcer les effectifs de la localité de Bonoua, réputée la zone la plus chaude. Là-bas, la situation a été quasiment un remake des événements du mois de juin dernier. Plusieurs jeunes proches de l'opposition, au visage badigeonné de kaolin et de charbon, ont entamé pacifiquement une marche à travers les rues de ladite cité. Munis pour certains de gourdins, ils ont paralysé la voie principale ainsi que les routes secondaires. Tout se passait bien jusqu’à la gare routière. Là, ils se verront contrecarrer, dit-on, par d’autres jeunes se réclamant de la coalition au pouvoir. Les échauffourées qui ont éclaté, ont provoqué des troubles occasionnant le jet de bombes lacrymogènes de la part des forces de l’ordre. Une intervention énergique des forces de sécurité qui a vite mis fin à ce qui prenait l’allure d’un conflit inter-ethnique. Dans la foulée, on a appris qu’un officier a été blessé au crâne par un projectile. La situation était si tendue que des renforts en provenance d'Abidjan sont venus prêter main forte aux policiers issus de tous les commissariats du sud-est ivoirien, déjà à la tâche, sur le terrain. Des témoins, au moment où nous mettions sous presse en début d’après-midi, indiquaient qu'un calme précaire régnait dans la ville. « C’est vrai que ce n’est plus chaud, mais nous jouons à cache-cache avec les policiers », a raconté un manifestant. Pour le bilan, il est fait état de plusieurs commerces attaqués, des populations terrées chez elles, plusieurs manifestants libérés après leur interpellation. La circulation, sérieusement perturbée durant des heures, a repris timidement peu après.

Un tour effectué dans la commune d’Aboisso nous aura permis de voir que plusieurs policiers armés de matraques, de casques de protection, de boucliers et de caisses de grenades lacrymogènes, veillaient au grain au carrefour du Palais de justice, dans les environs de la Préfecture, au carrefour d’Ayamé. Faute d’avoir à se frotter aux manifestants qui ont manqué à l’appel, certains flics veillaient sur les travaux de réfection de la voie internationale. D’autres étaient aux côtés des agents municipaux chargés de démolir systématiquement tous les abris en bordure de la voie, en prélude à la visite du chef de l’Etat, en début de semaine prochaine. Beaucoup plus discrets, les gendarmes effectuaient des patrouilles motorisées. L’atmosphère paisible a été aussi constatée à Grand-Bassam et à Adiaké, à en croire des sources, sur place, jointes par téléphone.

J. Bédel (Correspondant régional)

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites