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Le DG de l'OIPR dit tout sur la forêt du banco

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le-dg-de-loipr-dit-tout-sur-la-foret-du-banco Le DG de l'OIPR, Todonsama Adama
Société

Le parc national du Banco est une zone à risque ou un site touristique ? C'est pour répondre à cette préoccupation fondamentale que nous avons rencontré le directeur général de l'Office ivoirien des parcs et réserves, Tondossama Adama, dans le cadre de notre Reportage intitulé : «Parcs et réserves : Ce que cache la forêt du Banco».

L'inter : M. le Directeur général, pourquoi le parc national du Banco qui regorge de tant de sites touristiques est-il méconnu des Ivoiriens qui pensent plutôt que cette forêt est un refuge de bandits ?

Tondossama Adama : Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez pour parler du Parc national du Banco. En effet, il faut dire que ce parc, de par sa position en pleine agglomération abidjanaise et ses immenses atouts naturels, est une opportunité pour la sensibilisation de la plus grande masse de population du pays à la préservation des aires protégées. C’est en cela que l’OIPR veut faire du parc national du Banco, la vitrine de conservation des aires protégées de Côte d’Ivoire. Par une insuffisance de promotion de ce site, certains de nos concitoyens pensent à tort que ce patrimoine national est un nid de bandits. Ces assertions ne sont pas fondées. La preuve, il existe à l’intérieur du parc national du Banco, la première école forestière de l’Afrique Occidentale Française créée en 1937; et une partie du personnel chargé de son animation, vit à l’intérieur du Parc. Cela dénote du climat de sécurité qui règne à l’intérieur. Par ailleurs, le Parc national du Banco est le parc le plus visité du réseau des aires protégées de Côte d’Ivoire car il accueille par an plus de 20.000 visiteurs, toutes catégories sociales confondues. Aussi, ce parc fait l’objet de patrouille de surveillance régulières des commandos forestiers de l’OIPR. De plus, il est bon de savoir que, dans le cadre du renforcement de ses actions de surveillance, l'OIPR vient de valider une stratégie.

Des rumeurs ont fait état de la vente de la forêt du banco à des investisseurs étrangers par des arnaqueurs. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je n’ai pas connaissance d’une telle information. En tout état de cause, je voudrais vous rassurer que cette transaction n’est pas possible. Toutefois, j'en appelle à la vigilance des populations pour dire que la seule structure habilitée à gérer le parc du Banco est l'OIPR. Depuis la loi de 2002 sur les parcs nationaux et réserves naturelles, le Parc national du Banco fait partie du domaine public inaliénable de l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, le déclassement d’une partie ou de tout ce patrimoine nécessite que l’Assemblée nationale légifère sur le sujet ; ce qui n’est pas une opération aisée vu l’importance qu’accorde le Gouvernement ivoirien à la conservation et la valorisation des parcs nationaux. Toutefois, je vous informe que dans le cadre de l’aménagement du parc national du Banco à des fins touristiques, le ministère de l’Environnement et du Développement Durable a engagé plusieurs initiatives dont une recherche de financement auprès du Fonds mondial pour l’Environnement (FEM). Les discussions sont en cours avec cet organisme international pour mobiliser des fonds nécessaires pour doter le parc d’infrastructures adéquates et cela permettra à la population abidjanaise de disposer d’un site pour la récréation et surtout pour l’éducation environnementale.

Est-ce que ce parc national a des chances de survie les années à venir vu la pression démographique qui s'exerce à Abidjan, sans oublier les parties de la périphérie qui sont grignotées chaque jour ?

Tout à fait. Avec les mesures de gestion actuellement en cours notamment la réalisation prochaine d’une clôture grâce à un appui financier du Japon, pour assurer l’intégrité de ce patrimoine national, mais aussi la réalisation d’un certain nombre d’ouvrages d’assainissement pour éviter que le parc national du Banco ne soit le lieu de déversement de toutes les eaux usées en provenance de la commune d’Abobo. Aussi, l’OIPR continue de mener un pan important de son programme d’actions qui porte sur la sensibilisation des populations riveraines sur l’importance de ce patrimoine. En effet, le parc joue un rôle fondamental dans le maintien d’une bonne qualité de vie dans la ville d’Abidjan. Il a plusieurs fonctions, entre autres la protection des espèces rares et des ressources en eau, la protection contre la pollution et les changements climatiques. Il exerce également une influence importante sur le maintien de la nappe aquifère qui alimente la ville en eau potable ainsi que sur l’équilibre du milieu lagunaire dans la baie voisine, en lui évitant les débordements.

Le parc national du Banco qui est en plein centre-ville n'est pas clôturé ; cela ne représente-t-il pas un danger pour les riverains ?

Cela ne représente aucun danger pour les riverains mais au contraire, le parc national du Banco procure d’énormes services environnementaux. Notamment il contribue à améliorer la qualité de l’air et joue vraisemblablement le rôle d’un filtre à poussière et de séquestration du carbone. A cet effet, je vous informe que le parc national du Banco fixe plus de 104 mille tonnes de poussière par an et rejette environ 68 mille tonnes d’oxygène dans l’air pour la respiration de la population abidjanaise; et ce sont les riverains qui en sont les premiers bénéficiaires.

M. le Directeur général, dans le parc il y a le ''site de rituel'' destiné, dit-on, aux populations pour exercer leurs rites. Ne pensez-vous pas que c'est la voie toute tracée aux crimes, surtout que l'OIPR ne connait pas la nature des rituels qui y sont pratiqués ?

Il faut noter que le parc national du Banco est principalement utilisé comme baptistères par certains groupes religieux qui utilisent l’eau de la rivière Banco, à cet effet. En tout état de cause, je vous signale que nos équipes de commandos forestiers veillent à la sécurité à l’intérieur et que le site du Banco est régulièrement utilisé par la gendarmerie et l’armée pour leur formation pratique ; ces actions combinées découragent plus d’une personne animée d’un esprit malveillant. Tout ce qui se fait est contrôlé, par conséquent aucun sacrifice humain ne peut se faire.

Quelles assurances pouvez-vous donner aux Ivoiriens, pour les amener à visiter ce parc national installé au cœur de la capitale économique ?

Je profite de cette interview pour dire que le parc national du Banco est un site sécurisé où la population abidjanaise

peut aller se recréer par le tourisme et le loisir. Ce parc qui a une fonction paysagère dans un environnement urbain

disposant de peu d’espace vert, constitue un site touristique mais aussi un outil extraordinaire d’éducation et

d’information. Sa visite est possible actuellement et on y accède facilement en passant par l’ancienne route de Dabou ou

par l’autoroute où un centre écotouristique est en cours de finition. Avec les aménagements qui seront effectués très

prochainement par le ministère de l’Environnement et du Développement Durable, le parc national du Banco offrira

davantage de services environnementaux notamment touristiques à la population abidjanaise.

Réalisée par :

G. DE GNAMIEN

degnamien@yahoo.fr

G de Gnamien
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