Aboisso

Pénurie d’attiéké sur le marché: Plusieurs "Garbadrome" ferment, les consommateurs déboussolés

Société
Publié le Source : L'inter
penurie-d-attieke-sur-le-marche-plusieurs-garbadrome-ferment-les-consommateurs-deboussoles (Photo d'archives)

L’attiéké, mets ivoirien obtenu à base de semoule de manioc, connaît une pénurie sans précédent dans les différents points de vente, dans la commune d’Aboisso. Ce qui n’est pas fait pour plaire aux nombreux consommateurs privés de leur nourriture prisée.

Selon des producteurs, les « pluies ont tardé à tomber ». Et c’est ce qui aurait causé une mauvaise récolte de manioc. « La conséquence a été que, lorsque le sol est dur, il est difficile de déterrer le féculent », explique Aka D. qui dit exercer dans le secteur depuis une dizaine d’années. De là, à évoquer le « changement climatique », il n’y a qu’un pas qu’il a vite fait de franchir.

Toujours à l’en croire, cette situation a des répercutions fâcheuses sur ses économies. D’ordinaire actifs dans leur carré, quelque soit la situation, les tenanciers de points de vente, appelés communément ‘’Garbadrome’’, ressentent cette fois-ci, durement la pénurie d’attiéké dans les endroits de livraison. Cela a pour corollaire, la fermeture « momentanée » de leurs locaux de vente. Au grand dam des consommateurs pour qui le’’ garba’’ est devenu une drogue. « Je suis obligé de fermer car, le prix du panier d’attiéké se prend au triple du prix d’antan. Plus grave, on n’en trouve pratiquement plus, alors que le poisson thon reste en grande quantité invendu », se désole un vendeur d’origine nigérienne.

Du côté des consommateurs assidus, l’heure est à la ‘’déperdition’’ car, leur habitude alimentaire se voit ainsi bouleversée. « Lorsque je prends mon plat le matin, je reste au bureau jusqu’au soir, sans rien manger. Avec la nouvelle donne, c’est difficile», soutient un travailleur du domaine du transport en commun. Pour expliquer la raréfaction du manioc, une source proche d’une coopérative et d’un syndicat de producteurs prend pour argument les « spéculations » en cours. « Nous avons créé la pénurie pour faire monter les prix. Nous avons imposé le fait que sur douze bâchées qui sortaient des villages par le passé, que désormais deux véhicules fassent le chargement. Le gain pour nous, est la montée du prix du chargement. Nous sommes actuellement à 270.000 F Cfa contre 30 à 40.000 F Cfa, il y a 6 mois », a justifié notre informateur sous le couvert de l’anonymat.

Par ailleurs, le constat est que les bâchées ont réduit leur rotation dans le Sanwi, naguère pressées de déverser leur contenu sur la capitale économique ivoirienne, et revenir dans les zones de production pour un autre achat de manioc. Les populations autochtones, elles ont recours au riz ou à la transformation du manioc avarié, en « placali, Koncondé ou attoukpou », d'autres menus faits à partir du manioc.

J.Bédel (Correspondant régional)

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