Insalubrité à Koumassi : 6 mois après le lancement des travaux de voiries, la situation inquiète

Société
Publié le Source : Linfodrome
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Certains quartiers de la commune de Koumassi donnent l'impression que l'on se trouve dans un gros favelas ou bidonville. Tant l'insalubrité est criante.

La situation a provoqué la colère de la population contre la mairie qu'elle accuse de ne rien faire à la dégradation de la situation. Pour démontrer le contraire, le 4 novembre 2015, N'dohi Yapi Raymond, le maire de la commune, a organisé une rencontre avec ses administrés pour leur dire que tous ces problèmes de voiries et de canalisations dont souffre Koumassi vont prendre.

Il a annoncé des travaux d'envergure financés par le gouvernement pour redonner fière allure à la commune. Ce sont 40,795 km de route dont 11 nouvelles voies de 7,07 km à bitumer et 33,727 km de voirie revêtue à réhabiliter, pour un coût de près de 4 milliards de Fcfa et des travaux d'assainissement. La première phase des travaux, qui ont démarré le 3 novembre 2015, devrait se terminer dans les six mois. Soit en mai 2016.

Seulement force est de constater que la situation n'a vraiment pas changé. Ce qui a fait réagir violemment un administré, en la personne de Colombo Dozonito Kigbafory qui ne cache son appartenance politique. En fait un partisan de Cissé Bacongo, adversaire du maire N'dohi Raymond. Mais en tant que «natif» de Koumassi il s'est arrogé de droit de dénoncer l'insalubrité qui y règne en publiant des photos qui traduisent grandement ces dénonciations. Pour lui, les populations en particulier le maire sont responsables de la situation.

Les premiers par le fait qu'elles relient les fosses sceptiques aux canalisations conçues pour le drainage des eaux usées et de ruissellement. Ou qu'elle déversent les eaux usées sur les voies à défaut de fosses. Il note aussi l'incivisme de certains qui déversent ordures et autres déchets solides dans ces canaux. Sur ce point le maire N'dohi a attiré l'attention de la population tout en avouant tacitement son impuissance.

«Quand les voies sont gâtées, on insulte le maire. Et quand on veut faire des travaux, on empêche des gens de travailler. Ce 4 novembre, il a accusé les populations d'être les responsables de la dégradation de la voirie et des inondations des quartiers à cause du fait qu'elles connectent les puits perdus aux canaux d'évacuation, déversent des ordures dans les égouts et modifient de façon anarchique leurs maisons sans tenir compte du plan d'assainissement. Ses dires ont été soutenus par in agent des services d'assainissement de la Sodeci qui a donné des exemples du comportement peu citoyen des populations de Koumassi.

Mais pour Colombo Dozonito Kigbafory, le maire N'dohi est le principal responsable. «Le maire n'est il pas le premier magistrat dans sa circonscription? N'est-ce pas celui qui doit faire l'état des lieux dans sa localité? À qui d'autre voulez-vous que j'impute la responsabilité de la situation insalubre de Koumassi autre que son premier magistrat?, a-t-il interrogé.

Il accuse le maire N'dohi qui, depuis son avènement en 2001, se serait lancé dans une opération de remblayage de certaines zones marécageuses de Koumassi. «Le Conseil municipal dirigé par monsieur N'Dohi Yapi Raymond, s' est attelé à un vaste programme d'extension des limites communales. Koumassi ne disposant pas de couvert forestier comme la plupart des communes d'Abidjan, et presque ceinturé de tous ses côtés par la lagune Ebrié, le maire et son conseil municipal se sont lancés un remblayage sauvage de la lagune sans vraiment tenir compte des dispositions préétabliees pour palier aux inondations vu que Koumassi est une presqu'île. Ne dit-on pas le désordre entraîne le désordre ?»

César DJEDJE MEL
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