Côte d'Ivoire

Konaté Diakalidia (DG de l’ONI) : « Chaque individu aura un identifiant unique »

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Société

Dans le cadre du projet du registre national des personnes physiques (RNPP), le Directeur général de l’Office national d’identification (ONI), Konaté Diakalidia, a procédé au lancement des travaux des groupes thématiques, le mardi 10 janvier 2017, au Plateau.

Combien de groupes thématiques ont-ils été constitués ?

8 groupes thématiques. Nous avons fait des propositions aux membres du comité technique national. Ils ont demandé à ce que nous leur envoyons les documents par voie de mail. Ils allaient faire leurs propositions, en terme de personnes ressources et en terme de nombre de sous groupes qui doivent animer ce processus d’évaluation du système d’état civil.

Quel agenda a-t-il été proposé aux participants ?

L’agenda qui a été proposé aux participants, c’est un agenda qui commençait aujourd’hui (ndlr : mardi 10 janvier 2017), et dans la première semaine du mois de mars, nous devrions pouvoir avoir les livrables de cette étude diagnostique, c'est-à-dire le plan d’action budgétisé et un rapport exhaustif sur les améliorations du système d’état civil ivoirien. Au passage, je dis que le système d’état civil doit constituer la base de la grande réforme du système d’identification en Côte d’Ivoire qui doit permettre d’avoir un identifiant unique pour chaque personne vivant sur le territoire.

Qu’est-ce le CRVS ?

Le CRVS est un terme anglophone qui veut dire l’amélioration du système d’enregistrement des faits d’état civil et également l’amélioration des statistiques vitales, c'est-à-dire les statistiques issues de la collecte des données d’état civil, à savoir les naissances, les décès, les mariages, les divorces. Cela permet de voir une certaine dynamique au niveau des différentes communautés, ce sont des statistiques qui permettent de faire des projections en termes de prévision, d’école, de santé et même des causes de mortalité pour voir quelles sont les pandémies qui peuvent survenir à un certain moment, les précautions à prendre au niveau du système sanitaire. C’est un peu cela le CRVS.

A partir de quel constat avez-vous décidé de faire ces travaux ?

C’est le gouvernement qui l’a décidé. Le registre national est inscrit dans le programme national de développement (PND) et ce registre là est important parce que nous avons constaté que des individus avaient deux ou trois identités, et cela était une faiblesse pour un pays qui tend vers l’émergence. C’est pour apporter une amélioration aux transactions financières, à la sécurité intérieure du pays, à la vie des individus. C’est pour cela que l’Etat a décidé de mettre en place ce registre national où chaque individu aura un identifiant unique et l’identifiant permettra aux individus et aux administrations d’avoir des informations en temps réel, de faciliter les transactions, de faire des authentifications, d’avoir des documents rapidement. C’est l’individu, désormais qui vient vers le service public, ce n’est pas le service public qui va vers l’individu pour avoir l’information sur sa personne. C’est donc une révolution dans les habitudes des Ivoiriens.

Quand allez-vous rendre les résultats de ces travaux au gouvernement ?

Pour le processus CRVS, en principe, la mise en place du registre commence par le diagnostic du système d’état civil dont les travaux, en principe, sous réserve des amendements qui vont être faits à l’agenda, au début du mois de mars, nous devons rendre public le rapport sur le diagnostic du système d’état civil, et également fournir un plan d’action budgétisé et à partir de ce moment-là, nous pourrons facilement dérouler les autres phases qui consistent à faire une enrôlement massif de personnes en prenant leur biométrie et coller tout ça à la donnée d’état civil.

Qu’en est-il de la phase pilote qui est prévue dans le sud-ouest du pays ?

La phase pilote est une phase importante parce que la zone de l’ouest a été identifiée comme la zone qui a le pourcentage le plus bas en terme de déclaration des événements d’état civil. Donc avec les partenaires au développement, nous avons décidé de mettre en place un système de collecte, de promotion des événements d’état civil, et nous voulons adosser à cela la saisie de l’antériorité, c'est-à-dire toutes les données qui sont dans les registres seront saisies et nous aurons une base commune. Et les bases seront au niveau de chaque région. Dès que les informations partent des centres d’état civil, elles viennent dans les régions, et des régions, elles viennent au niveau de l’office national d’identification qui centralise. Nous voudrions profiter pour prendre la biométrie de l’ensemble des personnes qui sont dans cette base de données pour consolider, pour unifier l’identité des personnes.

Quelles sont les régions concernées par cette phase pilote ?

C’est la région du Gbôklè, la région de la Nawa et la région de San Pedro.

Ce grand projet prendra fin quand ?

En principe, fin 2018, début 2019, tous les Ivoiriens devraient pouvoir être enregistrés parce que cela dépend de la mobilisation. La Mauritanie par exemple a pris 3 à 4 ans pour être à 95% d’enrôlements, le Rwanda a pris 2 jours pour enrôler ses 12 millions de personnes. Cela dépend de la dynamique au niveau de chaque Etat.

Il y aura de nouvelles cartes d’identité ?

Chacun aura sa carte avec un numéro d’identifiant unique pour toutes les transactions. Quand vous allez dans une banque, vous n’avez plus besoin de sortir votre carte d’identité. Vous pouvez donner votre numéro. Si vous allez dans une société de téléphonie pour demander une puce, vous donnez votre numéro qui sera obligatoire pour l’accomplissement de tous les actes de la vie civile.

Combien coûtera la carte ?

Nous n’avons aucune idée. Le gouvernement nous dira si c’est la reconduction des 5 000 francs ou bien cela doit passer à 10 000 francs parce que les formats ont changé. Nous nous inscrivons dans le cadre des instruments sous-régionaux de la CEDEAO où il y a une carte biométrique qui est en circulation depuis un bon moment. Le gouvernement décidera au moment venu (…). L’ensemble des cartes émises en 2009, leur date d’échéance, c’est en 2019. Donc en 2019, le gouvernement prendra toutes les dispositions pour que les Ivoiriens aient leur carte d’identité.

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Adolphe Angoua

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