Abidjan : Violents affrontements entre policiers, élèves et étudiants

Société
Publié le Source : Linfodrome
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Des chaussures et des morceaux d’étoffe ou d’habits jonchaient encore les ruelles desservant la cité universitaire de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, tout comme la voie principale ceinturant le village d’Anono.

 

Ces endroits étaient immaculés de sang. C’est ce spectacle qu’offraient ces lieux, traduisait l’intensité des affrontements intervenus plus tôt, le mardi 21 février 2017, entre une horde d’élèves et étudiants, et des détachements de policiers avec des moyens conséquents de maintien d’ordre. Tout est parti du collège moderne de Cocody où un groupe d’élèves et d’étudiants, réussit à déloger, peu après 8h, les élèves dudit établissement. La police qui se présente, peine à contenir ces émeutiers dont certains courent se réfugier dans la cité universitaire non loin de là. Ils sont pris en chasse par la Police qui retrouve certains suspects dans cette cité. Un violent affrontement oppose les forces de l’ordre et ces « retranchés ». Presqu’au même moment, un autre groupe plus compact entonne des chants guerriers du côté du village d’Anono. La Police se signale par des tirs nourris de lacrymogène, avant de passer véritablement à la phase « offensive », avec l’appui des éléments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo). De ce corps à corps, depuis le collège moderne jusqu’à Anono, on note au moins dix blessés. Et surtout plusieurs arrestations dans les rangs des élèves et étudiants, au nombre desquels des blessés. Tous ont été conduits à la Préfecture de Police d’Abidjan au Plateau. Aussitôt, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) qui avait appelé, le samedi 18 février 2017, à manifester, a produit un communiqué.

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« Depuis 2014, nous avons mené des actions de sensibilisation pour un climat apaisé dans les Lycées et Collèges tout en réclamant les meilleures conditions d’études et de vie pour l’ensemble des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Nous avons fait une campagne pour l’acceptation des calendriers réaménagés, proposés par Madame la Ministre, relativement à la grève des fonctionnaires, afin de contribuer à consolider la paix dans les écoles secondaires. Voyant la pertinence des démarches et des revendications de notre organisation, dans le sens de réclamer plus de liberté d’expression, la bourse pour un grand nombre d’élèves, la suppression des cotisations du Coges, la restauration des sessions de remplacement pour le Bac et le Bepc, la Ministre de l’Education a procédé aux renvois des élèves se réclamant de la Fesci sous prétexte qu’ils organisent des activités syndicales dans leurs établissements, et a fait notifier aux directeurs régionaux (Drenet), une circulaire interdisant la Fesci, selon elle », a dénoncé Assi Fulgence Assi (Afa), secrétaire national de la Fesci.

Au regard de ce qui suit, Afa a demandé « La réintégration sans condition des camarades radiés, plus de liberté d’expression et d’association dans les établissements secondaires et universitaires, la libération des camarades incarcérés, la fin aux agressions policières sous toutes ses formes dans les résidences universitaires de Daloa et d’Abidjan”.

 

M’BRA Konan

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