Construction de centres de transferts de déchets à N'dotré : 3000 riverains protestent contre la réalisation des travaux

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Société

"On veut pas poubelle. Pour la santé de ma famille, je dis non aux déchets". C'était là, les propos que scandaient les riverains des cités Ado, Bel air du Banco, Abri 2000 et Sipim.

Ces riverains regroupés au sein d'un collectif ont manifesté bruyamment, le samedi 12 mai 2018, afin d'exprimer leur mécontentement à la construction de deux (2) centres de transfert de déchets à N'dotré. Ces dépôts d'ordures ménagères dont les travaux de construction se déroulent à quelques mètres de leurs logements, sont mal vus par les habitants de ces différentes cités. Pour dire non et refuser le spectre de la décharge d'Akouédo, les riverains des quatre (4) cités ont tenu un sit-in sur le site desdits centres. Ils ont profité de la manifestation pour fermer le tronçon reliant la zone industrielle à N'Dotré. Un acte qui a énormément perturbé la circulation. A en croire Coulibaly Mamadou, le président du collectif, la protestation des riverains visait à exprimer leur cri du cœur et à informer, à la fois, les autorités des problèmes que vont engendrer ces deux (2) centres, près de leurs habitations.

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«Ce sont près 25 camions qui viendront, chaque jour, au terme des travaux, déverser leurs ordures sur le site. Ne parlons pas des odeurs, des liquides cancérigènes… que ces centres de transferts de déchets émettront. Il sera aussi question de la dégradation de notre environnement et surtout de notre santé. Nous n'avons pas acquis nos maisons à des prix d'or pour venir acheter gratuitement des maladies telles que le cancer, le paludisme, la fièvre typhoïde... », a dénoncé le président du collectif.

Pour Coulibaly Mamadou, les acquéreurs ont choisi cette zone du district autonome d'Abidjan à cause de la forêt qui jouxte les cités. La réalisation de ces centres de groupage d'ordures les empêchera de respirer l'air pur et les bruits sonores pour lesquels ils ont acheté leurs maisons. En plus de leur santé, de leur cadre de vie et de leur environnement pour lesquels ils craignent, le président du collectif a fait cas des menaces environnementales qui planent sur les usines de Chocolat, de lait, de fromage, de bière, etc. implantées dans la zone. Selon Coulibaly Mamadou, la construction des centres de groupage d'ordures ménagères impactera, à coup sûr, tous les produits alimentaires fabriqués. « L'Etat veut nous tuer, à travers ce projet, mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous allons mener le combat jusqu'à notre dernière énergie. Le développement que prône le Chef de l'État, doit être bénéfique à tous et non pas à un groupuscule de personnes. Comment peut-on réaliser un projet de ce genre sans panneaux signalétiques. Nous protestons et exigeons l'arrêt des travaux puis la délocalisation des deux (2) centres», a-t-il martelé.

Ouattara Lanzéni, directeur général de la salubrité, au ministère de la Salubrité, de l'environnement et du développement durable, a souhaité, pour sa part, rencontrer le collectif le lundi 14 mai 2018 pour des échanges avec le collectif afin que leurs préoccupations soient prises en compte.

Elysée YAO