Prostitution et trafic humain : Plusieurs proxénètes arrêtées à Abengourou

Société
Publié le Source : Soir info
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Abidjan n’est pas la seule plaque tournante de la prostitution en Côte d’Ivoire. Abengourou, ville située à l’est du pays, est en train de lui ravir cette triste réputation.

La Brigade mondaine qui a pris le pari de mettre les pendules à l’heure, en nettoyant l’écurie, a mis la main sur plusieurs proxénètes et prostituées à Eliassou, village situé dans le département d’Abengourou. Les proxénètes et leurs victimes ont été, le jeudi 20 septembre 2018, présentées et remises par la suite au Commissaire Divisionnaire de police, Dosso Siaka, préfet de la préfecture de police d’Abidjan. Dans la grande salle de conférence de cette institution de la police nationale, le préfet de police d’Abidjan a félicité le commandant de la Brigade mondaine et les 11 éléments pour avoir mené, avec succès, l’opération à Eliassou. Bien avant, le commissaire Eugène Blai, commandant de la brigade, a expliqué le déroulé de cette opération qui a permis de mettre la main sur plusieurs proxénètes.

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A l’en croire, c’est l’une des victimes qui s’est échappée de l’étau de sa ‘’Madam’’ qui a donné l’alerte à l’un des agents de l’ambassade du Nigeria en Côte d’Ivoire. L’ambassadeur, Ibrahim Issa, qui a pris l’affaire à bras le corps, a adressé une correspondance à la Brigade mondaine, afin qu’une enquête soit menée. Déterminé à traquer les trafiquants d’êtres humains, le commissaire Eugène Blai met en scelle ses hommes. Le jeudi 19 septembre 2018, à 3h du matin, ils quittent Abidjan pour le petit village d’Eliassou, où l’activité d’orpaillage bat son plein. Malgré un long voyage harassant dû au mauvais état de la route, la moisson fut bonne. 26 proxénètes et prostituées tombent dans les filets du lieutenant Vibi Rodrigue, le chef des opérations et son équipe au rang duquel figurent deux (2) femmes, les sergents chefs Sery Nomel et Béatrice Kouassi. En présence du préfet de la préfecture de police, Ono Tinya, l’une des victimes, a expliqué que sa ‘’Madam’’ lui a fait croire qu’elle venait à Abidjan pour terminer ses études universitaires, après avoir obtenu le Bac en 2017.

A son arrivée en Côte d’Ivoire, elle a été placée dans un ghetto à Eliassou pour s’adonner à la prostitution. Elle et ses camarades sont depuis près de 10 mois, les objets sexuels des nombreux orpailleurs qui pilulent ce village. Mme Ejim, consul à l’ambassade du Nigeria, représentant l’ambassadeur s’est félicitée de l’action de la Brigade mondaine. « Sans cette réaction prompte, les filles allaient être maintenues dans les liens de la prostitution», a-t-elle dit avant d’exhorter toutes les forces à lutter contre la prostitution, cette immoralité à la peau dure. Le préfet de police d’Abidjan, Dosso Siaka, a, pour sa part, remercié l’ambassade du Nigeria pour la confiance. « Vous pouvez nous saisir à tout moment pour mettre un terme à cette pratique qui déshonore les pays », a indiqué le préfet avant de donner des consignes fermes afin que la procédure aboutisse et que les responsabilisés soient situées.

Elysée YAO