Ouest ivoirien/ Vive tension entre deux villages : Un envoyé du sous-préfet tabassé et des blessés graves

Société
Publié le Source : Soir info
ouest-ivoirien-vive-tension-entre-deux-villages-un-envoye-du-sous-prefet-tabasse-et-des-blesses-graves Le préfet de Bangolo, Chérif Ibrahim est interpellé sur les affrontements à Diaplean.

La tension entre Beoué-Zibiao et Deamplean, deux villages voisins du département de Bangolo, dans l'ouest ivoirien continue de faire des blessés.

Pour la genèse de ce conflit fratricide, il faut remonter au mois de novembre. La mort d'une jeune fille dans le village de Diaplean met la jeunesse et les parents de la défunte en émoi. Lors d'une séance d'exorcisme organisée pour retrouver le ou les présumés responsables de ce brusque décès, à la grande surprise de tous, le Chef du village, chef Taha Simon est percuté par le cercueil contenant le corps de la jeune fille.

La jeunesse, avec à sa tête Gui Monsseha Louis, a donc demandé la démission pure et simple du chef Simon, parce que suspecté d'appartenir à une confrérie. Elle a proposé même la mise en place d'un comité provisoire, en attendant l'organisation de nouvelles élections. Cette prise de position divise le village en deux groupes opposés : d'un côté, les partisans du chef qui militent pour son maintien et de l'autre côté, ceux qui demandent sa destitution. Le chef est fortement menacé et très affaibli par des critiques acerbes et injures à son encontre. Les jeunes ne s'arrêtent pas là. Le 9 décembre 2019, ils organisent une expédition sur la ville de Bangolo et transmettent leurs préoccupations et exigences au préfet Cherif Ibrahim. Une copie de leurs récriminations est déposée à la brigade de gendarmerie.

Malgré leur mouvement de protestation, les choses n'évoluent pas. Le chef renforce même son pouvoir en organisant une réunion. Toute chose qui "met de l'huile sur le feu". Le chef est à nouveau pris à partie par sa jeunesse. La tension se faisant très forte, il quitte son village et se réfugie dans le village de Béoué-Zibiao, situé à seulement 2 kilomètres de Diaplean.

Le sous-préfet de Béoué-Zibiao, Gouety-Bi Léger, agacé par les interminables conflits à Diaplean, envoie son garde, Bohouo Thomas auprès des jeunes de Diaplean afin que ceux-ci se rendent à nouveau à Bangolo. Thomas est pris à partie et tabassé.

De retour à Béoué-Zibiao, il informe ses parents de ce qui lui est arrivé à Diaplean. Les jeunes de ce village, à leur tour, organisent une expédition sur Diaplean. Une bagarre éclate entre les jeunes des deux villages. On dénombre plusieurs blessés.

Le commandant de brigade et quelques uns de ses agents se rendent à Diaplean pour essayer de calmer les esprits. Alors qu'on pense que le calme est revenu, le dimanche 15 décembre, un jeune de Diaplean tente de traverser Béoué-Zibiao pour se rendre à Bangolo, le chef-lieu de département. Il est freiné par des jeunes qui lui confisquent même sa moto.

Lorsqu'il retourne dans son village de Diaplean où il raconte son calvaire, ses proches se déportent à nouveau à Béoué-Zibiao. " Depuis le dimanche, nous n'avons plus le sommeil, dans les deux villages. Il y a même eu des coups de feu, dans la nuit du lundi et mardi", nous a témoigné Esmel Tahi, un jeune de Diaplean. Les blessés graves de ces barbaries ont été conduits à l'hôpital de Bangolo. Le mercredi 18 décembre 2019, le sous-préfet de Béoué-Zibiao et le commandant de brigade de gendarmerie de Bangolo sont à nouveau descendus dans ces deux villages pour apporter le calme. En attendant, des habitants ont déserté les deux villages. Les commerces et les écoles sont fermés. Pourtant les deux villages ne sont, au fond, que des parents.

Ibrahim BAKOULE, Correspondant régional du Guémon.