Affaire ‘’un adolescent découvert mort dans le train d’atterrissage d’un avion’’ : Un père de famille interpelle le président Ouattara

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affaire-un-adolescent-decouvert-mort-dans-le-train-d-atterrissage-d-un-avion-un-pere-de-famille-interpelle-le-president-ouattara Le père de famille Jean-Yves Essis Esso souhaite que les obsèques du jeune Laurent Barthélémy soient prises en charge par l’État (Ph : DR)
Société

Jean-Yves Esso Essis fait partie de ces chefs de famille qui ont ressenti de la peine, à la suite de la mort tragique de l’adolescent Ani Guibahi Laurent Barthélémy, élève en classe de 4e dans un lycée de la commune de Yopougon. Ce lycéen de 14 ans a été découvert mort dans le puits du train d’atterrissage d’un avion de la compagnie Air France parti d’Abidjan, dans la nuit du mardi 07 janvier 2020 pour Paris, la capitale française.

Dans une lettre ouverte au président de la République Alassane Ouattara publiée hier lundi 23 janvier 2020 par le site d’information ivoirebusiness.net, M. Jean-Yves Esso Essis dénonce « la légèreté avec laquelle la sécurité aéroportuaire est gérée » et signifie sa « désespérance absolue face à cette totale défaillance » du système éducatif. Il explique en effet que dans le lycée Simone Gbagbo de Yopougon que fréquentait Laurent Barthélémy, 7000 élèves s'entassent dans des salles bondées où ils se retrouvent à 115 par classe avec trois ou quatre enfants assis sur des bancs de deux places.« Les réalités de notre éducation nationale sont celles là, Excellence Monsieur le président... », souligne-t-il au chef de l’État.

Jean-Yves Essis Esso poursuit en affirmant que comme dans plusieurs autres écoles, en raison du trop grand nombre d'élèves inscrits et du nombre beaucoup trop faible d'établissements scolaires, une moitié des élèves viennent le matin et l'autre moitié l'après-midi. « Laurent était en 4eme et faisait partie du groupe du matin. Ses camarades de 4eme de l'après-midi qui étaient en cours ne pouvaient pas s'imaginer que leur ami profiterait de cette "double vacation" forcée pour tenter une aventure suicidaire...passer de l'autre côté du miroir. Passer de l'autre côté de son horizon qu'il voyait trop sombre, si sombre », commente ce père de famille.

 

L'aéroport se trouvant à une trentaine de kilomètres de son quartier, Laurent décide de traverser la ville en direction de Port Bouët puis d'escalader le mur de l'espace aéroportuaire au niveau de la piste d'atterrissage de l'aéroport Félix Houphouët Boigny d'Abidjan. Il se cachera dans les espaces verts en attendant le décollage du vol Air France prévu pour 22h55. « Comment cela est-il possible en plein Abidjan en 2020 ? Il s'agrippe alors au train d'atterrissage de l'avion au moment du décollage de celui-ci, pour embarquer vers son Eldorado rêvé. Une fois en l'air il a très vite déchanté...Il n'imaginait pas que le froid et l'altitude le tueraient à coup sûr. Il est passé de manière tragique de l'autre côté du miroir », se désole-t-il.

Au-delà de cet événement bouleversant, M. Jean-Yves Essis Esso estime qu’il est inadmissible et incompréhensible de constater qu'en 2020, dans un pays comme la Côte d’Ivoire, en plein Abidjan, « de telles énormités au niveau des établissements scolaires », puissent exister. Par ailleurs, il a soulevé quelques interrogations. « Comment se fait-il qu'un enfant de 14 ans ait pu se retrouver dans le train d'atterrissage d'un avion stationné à l'intérieur du périmètre de l'aéroport international Fhb sans que personne ne s'en soit aperçu ? Et s'il s'était agi d'un terroriste muni d'une ceinture d'explosifs, où en serions-nous aujourd’hui ? », questionne Essis Esso. Il note que sous d'autres cieux, les responsables concernés vous auraient déjà présenté leurs démissions. « Je suis extrêmement peiné par ce drame inacceptable. Je ne trouve pas de mots assez forts pour exprimer mon désarroi face à cette tragédie. Rien ne pourra ramener le petit Laurent et je ne sais comment faire pour consoler cette famille endeuillée. J'ose croire que vous saurez faire le nécessaire pour prendre totalement en charge les obsèques de notre enfant parti trop tôt en quête de son rêve », conclut-il.

Franck SOUHONE