Bangolo : Des dozos, en plein rite dans une forêt sacrée, désarmés

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bangolo-des-dozos-en-plein-rite-dans-une-foret-sacree-desarmes Des dozo surpris en pleine méditation.
Société

Les populations de la ville de Bangolo ont découvert, dans la journée du lundi 16 mars 2020, un groupe de chasseurs traditionnels appelés communément dozo, dans une forêt sacrée non loin de Segaï, une chaîne de montagnes située entre les départements de Bangolo et la sous-préfecture de Logoualé. 

Cette découverte a provoqué colère et panique au sein des populations autochtones. " C'est aux environs de 6 h que des jeunes m'ont signalé la présence d'un groupe de dozos dans cette forêt qui abrite la rivière sacrée "Nan Douè". Nous avons informé le sous-préfet qui a déployé des gendarmes sur les lieux, et ils ont chassé ces dozos qui étaient tous armés", a expliqué Dao Temebla François, le chef du village de Wongbaé, mais aussi dépositaire de la tradition." Depuis cette découverte, nous avons peur parce qu’ils s’agissent de la désacralisation de nos us et coutumes. Ce lieu protège notre village, les étrangers n'ont pas droit d'y aller, sans notre consentement.   Chaque fois que ce site est profané, nous subissons la colère des anciens.

Nous subissons soit des inondations, soit des grands vents ou encore la guerre", a-t-il poursuivi non sans ajouter que le département de Bangolo ne veut plus de troubles." Nous sommes à une période sensible de notre nation. Depuis la fin de la crise de 2011, le président de la République, Alassane Ouattara, continue de souder les morceaux pour une cohésion sociale, en vue d'une paix durable. Les allogènes vivent en bonne intelligence avec nous. Si ceux-ci ont besoin d'un sacrifice, on peut leur donner des directives en ce sens. Si le président de la République a réhabilité les sites sacrés, c'est qu'il connaît leurs valeurs. Alors, par des actes isolés, nous ne voulons pas mettre en difficulté cette cohabitation", s'est prononcé le chef Temebla François.

En attendant le règlement de cette affaire, le sous-préfet de Bangolo, Yao Kouakou Firmin, a demandé aux uns et aux autres de garder le calme. Une réunion d'urgence a été convoquée entre la chefferie et les dozos pour trouver un point d'accord la question. Aux dernières nouvelles, ces dozos ont été désarmés avant de partir.

Ibrahim BAKOULE (Correspondant régional)