Abidjan

Koumassi : Ange Kessi surprend un policier en train d’arracher le permis de conduire à un chauffeur de taxi, ce qu’ils se sont dit

Société
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
koumassi-ange-kessi-surprend-un-policier-en-train-d-arracher-le-permis-de-conduire-a-un-chauffeur-de-taxi-ce-qu-ils-se-sont-dit Le Contre-Amiral Ange Kessi Kouamé (en blanc au centre) effectue régulièrement des visites surprises sur le terrain (Ph d'archives)

De retour de Grand Bassam, ce week-end, le Commissaire du gouvernement, Ange Kessi Kouamé, a surpris le sergent C.L., un agent de la police, s’éloigner avec les pièces d’un chauffeur de taxi, au carrefour Zoé Bruno. La suite est racontée par le Contre-Amiral qui mène une lutte contre le racket sous toutes ses formes…

Ange Kessi Kouamé mène une lutte contre le racket et en fait régulièrement le point sur la situation, qui réunit tous les 3 mois autour du commissaire du gouvernement l'ULCR, la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance et quelques structures impliquées dans la lutte contre ce fléau. Quelquefois, le commissaire du gouvernement descend sur le terrain pour effectuer des contrôles inopinés.

Revenant de Grand Bassam, dans l’après-midi du week-end écoulé, il est tombé, au hasard, sur une scène. Au grand carrefour de Zoé Bruno, il a aperçu un agent de police discuter avec un chauffeur de taxi communal à bord duquel se trouvaient 4 clients. Le reste est raconté par le Commissaire du gouvernement. « Je marque un arrêt en me rangeant sur le côté pour pouvoir observer ce qui se passe et ce qui va se passer. L'agent de police un sergent nommé C.L. prend les pièces du véhicule et s'éloigne du taxi. Je l'interpelle et lui décline mon identité. Je lui demande de m'expliquer ce qu'il vient de faire. Il me répond en disant que le taxi est de couleur verte donc un taxi de Koumassi qu'il n'a pas le droit de circuler dans la zone de Port-Bouët. En plus, le chauffeur aurait mal pris le virage. Il m'indique que les passagers viennent d'un enterrement », a-t-il planté le décor.

La suite est une série d’échanges entre le Contre-Amiral Ange Kessi et le sergent de police : « C'est bien. Il circule dans une zone non autorisée et il a mal conduit. En tant qu'agent de police qu’est-ce que vous devez faire ? », a-t-il questionné, avant de poursuivre : « Je m'attendais à ce qu'il se réfère à la procédure qu'on lui a apprise à l'école en pareil cas, c'est à dire verbaliser le taximètre ou lui tarifer une contravention de 1ère ou 2ème classe mais j'ai été surpris peut-être même séduit quand il me répond : " je vais le sensibiliser". C’est quoi exactement lui dis-je ».

Et Ange Kessi de poursuivre. « Le sergent me répond, je vais le conscientiser. Conscientiser ? Ça veut dire quoi ? »

« Lui donner des conseils me répond -il ».

« Ok monsieur l'agent, c’est bien pensé. Alors conscientisez-le. Ok c'est déjà pas mal, un policier qui va sensibiliser un chauffeur de taxi qui a commis une infraction au code de la route ? Mais c'est pas fréquent ça et cela me réjouit d'entendre que des policiers au lieu de réprimer systématiquement offre une seconde chance en donnant des conseils. Ok allez-y, sensibilisez-le, je suis là je vous regarde. Au bout d’une minute, il remet les pièces au chauffeur qui continue sa route ».

« Je me dis ceci : il y'a lieu que nous venions souvent à ce carrefour et à bien d'autres d'ailleurs pour voir comment travaillent les forces de l'ordre et comment ils traitent les automobilistes. Parce que je suis certain que si je n’étais pas arrivé au bon moment et au bon endroit comme le dirait l’autre je pense que l'issue de cette discussion aurait fini autrement que par un simple conseil donné au chauffeur de taxi. Mais bon tout, c’est bien passé pour le chauffeur de taxi de Koumassi qui lui aussi a pris bonne note des conseils.

Les conseils du Commissaire du gouvernement

« En donnant des conseils, tout le monde gagne et j'y invite tous les policiers et gendarmes. Si vous estimez que les fautes ne sont pas graves ; concentrez-vous sur d’autres aspects de votre mission et laissez circuler les usagers. Vous gagnez en confiance et en estime et je dirais même que c’est nous tous, forces de l’ordre qui gagnons. Je souhaite qu’un jour il n’aura plus de racketeur en Côte d’Ivoire »

 

Adolphe Angoua

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