Formation professionnelle: Le Secrétaire général parle des actions qui ont contribué au repositionnement du Fdfp

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Publié le Source : Linfodrome
formation-professionnelle-le-secretaire-general-parle-des-actions-qui-ont-contribue-au-repositionnement-du-fdfp M. Barry-Battesti envisage de renforcer la collaboration avec les cabinets

En toute chose, il faut une vision. Ange Léonid Barry-Battesti, secrétaire général (Sg) du Fonds de développement de la formation professionnelle (Fdfp), l’a si bien compris, qu’il s’est lancé à fond dans le positionnement du Fonds. Et les fruits sont visibles. L’institution à capitaux publics se porte plus que bien aujourd’hui. Mais pour arriver à ce stade, que de travail et d’efforts fournis !


En 2019, quand Léonid Barry-Battesti est nommé au poste de secrétaire général du Fdfp, le chantier est immense et le fonds croule sous le poids des arriérés de paiement. En plus de cette faiblesse, il hérite d’une équipe démobilisée, avec en toile de fond, un outil de travail confronté à des difficultés.
Mais tous ces signaux au rouge ne lui font pas peur. Sous l’impulsion du président du comité de gestion, l’ex-ministre Joël N’guessan, il retrousse les manches et se met au travail. Mettant les ressources humaines au cœur de ses actions, il remobilise le personnel et remet les différentes équipes au travail. La crise sanitaire de la Covid-19 ne frêne en rien sa détermination de repositionner le fonds.

Avec la bénédiction du comité de gestion, l’homme fait appel à des personnes extérieures et à des cabinets. Ces ressources extérieures permettent au Fdfp d’accroître sa capacité de travail. La mayonnaise prend et permet aux 154 agents, de conduire aisément les activités de l’organisation sur l’ensemble du territoire.

M. Barry-Battesti, qui n’entend pas se contenter de ce premier résultat satisfaisant, fait preuve d’imagination et sollicite deux (2) structures de référence, pour accompagner le fonds dans le contrôle des actions de formation. Et ce, afin de fluidifier le paiement aux entreprises et cabinets de formation. Cette stratégie montre son efficacité et permet au fonds d’amplifier ses actions et d’atteindre des chiffres record. Les 20 agents recrutés et formés avec l’accord du comité de gestion participe à l’embellissement des actions de la structure au niveau national.

Après avoir maîtrisé ce volet pour un meilleur fonctionnement du Fdfp, le secrétaire général s’est attaqué durement au paiement des prestations, afin de redorer l’image ternie du fonds. « (...). Pour être plus large sur les chiffres, nous avons prévu pour l’année 2020, en termes de prestations aux usagers, de payer pour 22 milliards de F Cfa. Nous avons, sur l’ensemble des prestations au titre de l’année 2020, payé la somme de 18,143 milliards de F Cfa. 9,7 milliards représentent les prestations directes sur les plans de formation. Nous avons également décidé d’accompagner les entreprises dans la stratégie de sortie de crise liée à la Covid-19. Sous la supervision de la Confédération générale des entreprises de Côte d’ivoire (Cgeci), nous avons lancé un avis à manifestation d’intérêt, pour accompagner les entreprises. Pour ce faire, nous avons engagé 2, 884 milliards de F Cfa. Mieux, nous sommes sur le point de payer 1,153 milliard de F Cfa. Toutes ces actions en faveur des prestations visent à nous focaliser sur notre mission première : renforcer les capacités et l’adéquation formation-emploi », a-t-il expliqué.

Où le Secrétaire général tire-t-il tout cet argent pour redorer le blason du Fdfp ? Il répond pour dire que les ressources du fonds proviennent essentiellement des cotisations des entreprises. Pour plus d’efficacité, Ange Léonid Barry-Battesti a mis en place une stratégie pour glaner des ressources additionnelles auprès de partenaires techniques qui font confiance à la structure. Il a tenu, cependant, à préciser que pendant des années, des budgets n’ont pas été totalement consommés. Ces réserves, a-t-il souligné, ont pesé dans la balance et permis au fonds de fonctionner, quand dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le gouvernement a pris la résolution de suspendre de trois (3) mois la collecte des taxes, y compris les cotisations du Fdfp.

En tout cas, le fonds ambitionne de prendre toute sa place dans le développement de la Côte d’Ivoire tout en restant fixé sur ses missions. Le Fdfp prend donc à bras le corps, la problématique de l’employabilité des jeunes. Organisme de développement de la formation professionnelle, cela est visible par le renforcement des capacités des jeunes par une formation, en réponse aux évolutions du milieu professionnel. Il ne faut pas non plus oublier que le fonds est l’organisme chargé de définir, d’orienter et d’impulser la stratégie de formation professionnelle et d’apprentissage de l’Etat ivoirien. Malgré ce gros travail abattu en matière d’impulsion de la stratégie de la formation professionnelle et apprentissage de l’Etat, le Fdfp semble être mal connu du grand public. Cette faiblesse, M. Barry-Battesti et son équipe s’attellent à la corriger.

Des antennes fermées rouvertes

Pour ce faire, l’homme a mis en place un mécanisme dont l’essence va reposer sur le financement de projets collectifs à destination des publics non cotisants. En outre, le Fdfp a pris l’engagement de rapprocher ses services des populations, en vue de rendre visibles ses activités et autres actions. A ce niveau de rapprochement, des antennes fermées ont été rouvertes. C’est le cas de celle de Man. Fermée depuis des années, l’antenne a repris ses activités après une cérémonie solennelle qui avait été présidée par feu le premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Il est prévu de nombreuses actions dans le cadre de l’implantation du fonds sur l’ensemble du territoire national.

« Sur recommandation du Comité de gestion, nous envisageons d’ouvrir d’autres bureaux qui vont permettre de renforcer notre proximité avec nos clients sur le terrain. Nous sommes présents à Korhogo, Abengourou, Bouaké, San Pedro et à Daloa. Avec ces six antennes et les autres qui sortiront de terre, nous prévoyons de positionner durablement le Fdfp sur l’orbite du développement en Côte d’Ivoire en matière de formation, de renforcement de capacités et d’apprentissage », a confié le secrétaire général du Fdfp. De fait, pour assurer durablement la politique du gouvernement en matière de formation et d’apprentissage, le fonds entend s’appuyer sur les cabinets. Mais rien ne se fera comme par le passé.

A en croire Ange Léonid Barry-Battesti, le choix de ces cabinets ne se fera plus par des promoteurs, encore moins de gré à gré. « (...). Nous fonctionnerons de moins en moins en mode de gré à gré, pour une question de transparence et de bonne gouvernance. Nous entendons des gens parler de copinage. Mais ceux qui s’expriment ainsi ne connaissent pas les procédures du Fdfp. C’est d’ailleurs pour éviter ces interprétations malveillantes que nous avons introduit dans nos procédures, les consultations restreintes », a-t-il tranché. Toutes ces réformes, entreprises depuis l’installation du nouveau Comité de gestion, ont permis au Fdfp de se repositionner comme une institution de référence. Et c’est avec un brin de joie que le secrétaire général du fonds parle des résultats obtenus en un an et demi de gestion.

« Après un an et demi, le Fdfp a renoué avec l’essentiel de ses partenaires, sa fluidité de ses relations avec sa tutelle et toutes les structures du champ de relation formation-emploi. En 2019, nous avons réalisé 83% des objectifs annuels que nous nous sommes fixés. En 2020, malgré la crise sanitaire de la Covid-19, nous avons atteint 74% de nos objectifs. Ces résultats sont satisfaisants et démontrent que le fonds a repris sa place en tant que structure du dispositif emploi-formation de l’Etat de Côte d’Ivoire », a rassuré M. Barry-Battesti, avant d’insister pour dire qu’en 2019, le fonds a remboursé 9 milliards de F Cfa aux entreprises et aux cabinets.

En 2020, malgré la Covid-19, le Fdfp a payé 9,7 milliards de F Cfa aux entreprises et aux cabinets. Pour le secrétaire général, c’est le résultat d’un engagement personnel. Ces résultats accrus, il les met également au compte de son équipe qui a épousé sa vision : celle de faire du Fdfp une institution de référence en matière de financement de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Cependant, M. Barry-Battesti n’entend pas dormir sur ses lauriers et reconnaît que beaucoup reste à faire. C’est pourquoi, au titre de l’exercice 2021, il envisage de renforcer la relation Fdfp avec sa tutelle, le patronat et les travailleurs, pour une meilleure prise en compte des partenaires sociaux en matière de développement de la formation professionnelle. Renforcer la collaboration avec les cabinets de formation dans une logique de qualité de l’offre et rechercher des ressources additionnelles pour accroître le champ d’intervention du Fdfp sont quelques unes de ses ambitions.

 

Elysée YAO