Interview/ Me Golé Marcelin, maire de N’douci, parle des hippopotames agresseurs

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interview-me-gole-marcelin-maire-de-n-douci-parle-des-hippopotames-agresseurs Le maire de N’douci, Golé Marcelin, appelle les populations à la prudence et lance un cri du coeur à l’Etat.
Société

Le maire de la commune de N’douci, Me Golé Marcelin, est cadre et fils de Kanga-Nianzé, localité dont les environs regorgent d’hippopotames. Dans cette interview, il exprime ses inquiétudes et lance un cri du cœur à l’État pour la recherche de solution durable à ce problème qui pourrait impacter les activités économiques dans cette localité du pays.  

Monsieur le maire, depuis quand avez-vous constaté la prolifération des hippopotames dans votre zone?

Depuis un certain temps, nous avons constaté la prolifération des hippopotames dans la zone de Kanga-Nianzé. Ils ont infesté les fleuves N’zi et Bandama qui traversent le village. Ce qui était chose rare par le passé.

 

Comment expliquez-vous cette situation ?

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les hippopotames ont été chassés d’où ils étaient à cause des activités d’orpaillage et de chasse. De Grand-Lahou, région des Grands ponts, ils sont donc remontés vers nous, c’est-à-dire dans les villages de Bacanda, Nianda et Kanga-Nianzé, région de l’Agnéby-Tiassa. Ces localités irriguées par les fleuves Bandama et N’zi et leurs affluents, les rivières et marécages sont désormais le nouveau refuge de ces animaux, fuyant les zones bruyantes dans la région des Grands ponts. Ces animaux n’aiment pas le bruit. Nous les subissons. Aujourd’hui, ils sont partout visibles. Ils détruisent les cultures, menacent les populations. J’ai un neveu qui a été mortellement blessé le 20 mai 2020 et c’est six (06) jours après qu’on a retrouvé son corps au large du village de Nianda à 800 mètres du village de Kanga-Nianzé. Il y a des amputés, des morts. Le village de Kanga-Nianzé seul a enregistré deux (02) cas graves d’agression.

 

Y a-t-il d’autres zones de peuplement de ces animaux ?

Ces animaux sont nombreux aussi à Tabatchin, un village de la commune de Tiassalé qui se trouve derrière le lycée moderne de Tiassalé et qui fait frontière, au niveau fluvial, avec le village de Kanga-Nianzé. A partir de ce village, on peut bien les observer à quelques mètres. Ils sont également dans l’embouchure des fleuves N’zi et Bandama, dans la zone de N’zianouan, pas loin de la Société de culture bananière (Scb) dans les encablures de Kanga-Nianzé. Nous sommes préoccupés parce que ces animaux détruisent les plantations situées sur les rives. Il est difficile de pêcher dans ces eaux à cause des agressions.
Ce sont des animaux qui n’aiment pas être enfermés dans un espace. Des personnes vont cultiver dans leur cadre de vie. Les hippopotames, quand c’est le cas, deviennent agressifs.

 

Faut-il craindre une menace sur la sécurité alimentaire ?

Effectivement. La population consomme le poisson. Même les pêcheurs traditionnels bozo et les revendeurs de poisson connaissent une baisse de leurs activités à cause de cette réalité. Les cultures comme le maïs, la banane, l’aubergine etc, sont détruites par les hippopotames. Oui, c’est une réelle menace pour la consommation alimentaire.

 

Quelles sont les solutions envisagées face à cette menace ?

Les hippopotames, en même temps qu’ils constituent un atout touristique, sont également un danger pour les populations. Ce que la commune peut faire, c’est d’interpeller les autorités et toutes les compétences en la matière pour nous aider à trouver une solution. A savoir les canaliser, les identifier et trouver la cause de ces agressions à répétition. Nous avons saisi les autorités, les agents des Eaux et Forêts qui ont fait leur enquête. Mais, c’est une action qui nécessite de gros moyens. Je demande aussi à l’Etat de nous venir en aide. En attendant, je voudrais demander à la population des villages d’être prudente.

Réalisée par Marcelle AKA