Gestion des inondations en Afrique de l’Ouest : Des experts en conclave pour la recherche de solutions innovantes

Société
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
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Phénomène récurrent en Afrique de l’ouest, les inondations occasionnent chaque année des pertes en vie humaines et la destruction de nombreux biens matériels. Pour prévenir ces catastrophes, des experts de l’eau de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Burkina-Faso, du Nigéria, et du Ghana réunis au sein du Global monitoring for environnement and Security and Africa (GMES Africa), échangent depuis ce mardi 09 février 2021 sur les bases de données en vue de lutter, de s’adapter et d’apporter des solutions aux problèmes liés aux inondations.

Plusieurs communications et partages d’expériences sont prévus pour meubler cet atelier qui prend fin le 13 février prochain.L’échange qui se fait par visio-conférence, en raison de la pandémie du coronavirus qui bat de plein fouet les pays de la sous-région, vise, à renforcer les capacités des responsables techniques, des partenaires et des organisations de gestion des catastrophes au sein du Consortium sur la surveillance des inondations et la modélisation de la prévision des inondations. En Côte d’Ivoire, les experts se sont réunis au Centre universitaire de recherche et d’application en télédétection (CURAT) d’Abidjan-Cocody, à l’effet de prendre part à la formation.

A ces derniers, il a été présenté la technique de modélisation de la surveillance et de la prévision des inondations utilisée dans le cadre du programme des Services de surveillance et d’évaluation des inondations à grande échelle pour l’Afrique de l’Ouest (Mifmass ndlr: sigle en anglais). Lequel programme, devrait leur permettre de mieux utiliser les données d’observation de la terre pour résoudre les problèmes de développement qui se posent en Afrique dont la récurrence des inondations dans la sous-région.

Dans les prochains jours, il s’agira pour les experts des cinq (05) pays membres du consortium Mifmass de produire des données fiables sur les zones inondables. L’objectif, étant de permettre aux autorités de prendre des mesures idoines pour éviter des pertes en vie humaines comme c’est le cas chaque année en saison de pluie. « Il s’agit de nous accorder sur une approche pour mieux comprendre le phénomène d’inondations dans notre région. Nous sommes là, pour définir des stratégies devant permettre au développement d’applications pour diffuser des informations sur les zones à risque. Le processus a déjà commencé avec l’utilisation des images satellitaires. Nous allons recueillir toutes ces images et créer une base de données en relation avec le phénomène d’inondation. Nous pourrons ainsi, identifier tous les zones sujettes à inondations et informer à temps réel les populations pour réduire les effets, les désastres liés à l’inondation. », précise Docteur Youan Ta Marc, coordonnateur national du projet Mifmass. Non sans manquer d’indiquer que le processus est déjà en cours en Côte d’Ivoire. Lequel processus, selon Docteur Danumah Jean, expert technique national dans le cadre du projet Mifmass, devrait permettre aux décideurs d’avoir des outils d’aide à la prise de décision.

« Sur le plan scientifique, nous allons mener nos études à partir de modèles hydrologiques et hydrauliques qui ont été utilisés dans le cadre de ce projet pour les phénomènes d’inondation. Ces différents modèles que nous allons développer nous permettront de faire ressortir des estimations des étendues, des ruissellements, des éboulements sur un bassin versant par exemple. A partir de ce moment, nous mettrons à disposition de nos différents décideurs des résultats scientifiques afin de pouvoir pallier ou atténuer la souffrance des populations durant les saisons de pluies. Et ce, par la prise de décision de réaménagement d’ouvrages et autres actions que peuvent mener nos différents décideurs. », a martelé le spécialiste en gestion de catastrophes naturelles et modélisation des inondations.

Faut-il, le rappeler, le programme de soutien à la surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité de l’Afrique (Gmes et Afrique) est une initiative conjointe de l’UA et de l’UE. La déclaration de Maputo d’octobre 2006 a servi de plateforme au partenariat Ue-Afrique pour confirmer l’engagement de mettre les infrastructures et les équipements européens, dans le cadre du programme Copernicus, à la disposition des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp). Cet engagement a conduit entre autres au lancement du programme Gmes.

 

Maxime KOUADIO